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était dans l’air. Les troupes helvétiques reçurent l’ordred’étouffer toutes tentatives de rébellion ; mais elles nepurent venir à bout des Unterwaldiens, et le bombar-dement de Zurich par le général Andermatt n’eut aucunrésultat.
A Berne, dans l’Oberland surtout, les partisans du passés’agitaient. Les Argoviens se soulevèrent ; Louis de May doSchoftland marcha contre Aarau, Rodolphe-Louis d’Erlachcontre Berne. Les gens de ce dernier n’étaient armés quede bâtons ; de là le nom de « guerre des bâtons » (Steckli-krieg) donné à cette campagne. A la nouvelle qu’Ander-matt approchait, d’Erlach se replia sur Bâtterkinden ; sonavant-garde avait attaqué la ville, par la porte du bas, oùle lieutenant Sigismond-Rodolphe de Werdt fut tué. Ilfallait agir sans délai. Le vaillant Emmanuel de Watte-ville, qui avait apporté à Schauenbourg la capitulation deBerne en 1798, entra en ville en qualité de parlementaire^
Le gouvernement helvétique, pris de peur au milieu de con-trées insurgées, sans nouvelles d’Andermatt, capitula le
18 Septembre 1802 et se réfugia dans le Pays de Vaud.
Le lendemain, quand de nombreuses troupes fidèles àl’ancien régime furent arrivées à Berne, les membres dugouvernement dépossédé se réunirent sous la présidence del’ancien avoyer Albert de Mulinen et nommèrent une Com-mission (Standeskommission) chargée de préparer la réorgani-sation de l’Etat ; elle était présidée par l’ex-banneret Em-manuel-Frédéric Fischer, grand-père du futur avoyer.
Tandis que le gouvernement «helvétique» était recueillidans le Pays de Yaud. dans le canton du «Léman», dontun ami de La Harpe, Henri Monod, dirigeait la politique,une Diète «fédérale», favorable aux idées d’autrefois, serassemblait à Schwyz. Le général baron Nicolas Bachmanncommandait la petite armée dont cette Diète disposait. Le