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Etude médico-légale sur le secret médical / par L. Crevoisier
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dissement, le docteur Gaffe *) proposa des conclusions identiques,ajoutant « quil était désirable qu'une déclaration pareille fut adoptéepar toutes les sociétés médicales, afin que les médecins trouvassenttout à la fois dans cette unanimité les motifs dune règle invariablede conduite et un appui contre toute suggestion contraire. »

Mais la divulgation du secret, au profit de la sécurité des fa-milles, a aussi ses partisans chaleureux et convaincus, ou, ce quiest plus significatif encore, des adhérents tranquilles, considérantl'intervention du médecin dans les mariages comme une fonctionnaturelle du sacerdoce, et exempts de scrupules dont ils nimaginentpas le motif.

A. Latour 2 ), dans un article plein de chaleur, sexprime ainsi :« Oui, le secret médical, en général, est une obligation professionnelle,morale et sociale; honte à qui la transgresse. Que dans un intérêtpurement industriel, une compagnie dassurances sur la vie viennedemander au médecin la divulgation de lexistence pathologique delun de ses clients, le médecin agit bien en se retranchant dans lesilence. Que, dans un intérêt politique, on interroge un médecin surle nom dun blessé confié à ses soins, ce médecin serait coupable decéder à des questions de police. Que témoin, comme médecin, dunduel, le médecin refuse de désigner les combattants, il remplit undevoir professionnel. Quassistant dans ses couches une fille ou unefemme dont la grossesse est une faute aux yeux de la morale, ilrefuse de divulguer le nom de cette mère malheureuse et coupable,il a raison, lhumanité et la conscience publique labsolvent. Nouspourrions multiplier les exemples et, sur tous les points, nous noustrouverions d'accord avec nos honorables confrères, avec limmensemajorité du corps médical qui, en tout temps et en tous lieux, afait du secret sa religion professionnelle.

« Mais la question du mariage se présente avec des caractèresparticuliers et se place dans un ordre didées bien supérieur auxexemples que noms venons de citer.

« Le mariage est par-dessus tout et au premier chef une ques-tion sociale. Or, dans nos convictions et aux yeux de tous ceux qui

1 ) Caffe (Gazette des Hôpitaux, février 1863).i ) A. Latour (Union médicale , 1862, n° 151).