76 TABLEAU DES RICHESSES
embarrassent la circulation intérieure du Royaume ; chaque voyageur sauroit parcouru,sans déclaration, fans visite ; la Monarchie n’auroit plus ressemblé à un Etat composé detrente-six Souverainetés différentes qui feroient contribuer tout ce qui passe chez elles ;il n y auroit point eu de commis, ni de préposés de la Ferme dans sintérieur de l’Etat ;les barrières Ôc les gardes dévoient être transférés fur les frontières : malheureusementle règne des Princes amis des hommes, &: le ministère des hommes d'Etat citoyens, onttoujours été trop courts pour la félicité des peuples, Ôc ceux des autres, toujours longspour perpétuer leurs calamités ! Mais un pressentiment secret me dit, SIRE, qu unprojet si noble, si avantageux sera mis en exécution sous le règne de Votre Majesté.C’est le vœu général de la Nation ; ôc ces sortes de vœux portent toujours fur ungrand avantage clairement apperçu par le grand nombre. II n y a pas de loix plus augustesque celle qui secourt shumanité : cette loi est gravée dans votre cœur & dans celuide vos Ministres. Ainsi , la loi conservatrice de lagriculture, de sindustrie ôc ducommerce, sera souvrage de votre bienfaisance & de leur patriotisme.
L’Auteur de s Administration de nos finances dit à ce sujet : » Les Gouvernemens» ont besoin de lumières générales , ôc les Ministres ont toujours paru les redouter ;« c’est que l'ignorance est souvent pour les Ministres, ce qu est l'étiquette pour les Princes,-, un moyen d 5 éloigner les observateurs «.
Ce moyen inutile n'est point applicable au Conseil Royal des Finances de VotreMajesté ; il recherche avec empressement, il accueille avec bonté les plans, les écrits,les travaux. des citoyens éclairés ; il fait très-bien que les droits locaux , les privilègesdifférens des provinces d un même Etat, font contraires au droit naturel de toutes ;que la séparation du lien politique &c des loix du commerce qui doivent unir toutesles parties du Royaume, est absolument contraire àux. intérêts de FEtat, ôc peut-être àces provinces mêmes ; que les revenus des douanes ne font point la mesure de la prospéritéd’une nation , ôc que plus sindustrie s'y accroît ôc se perfectionne , plus il devient essentield’y faciliter les mouvemens du commerce. Mais la connoissance d'un mal politique estbien plus facile que la découverte d'un remède sage ôc praticable. ' /
«Le même Auteur dit : » Que tous les droits de traite, les frais non déduits, avec,, les derniers fous ,pour livre , vont environ à vingt-deux millions.
-, Que le recouvrement dont il faut changer le système, se borne à environ dix-sept-, millions.
» Que tous les droits prélevés fur la généralité des marchandises qui se transportent» d’une province à l'autre, montent à environ cinq millions.
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