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années de fa vie fussent encore utiles à ses concitoyens. II avoit formé le projet de faireélever à ses dépens, des jeunes gens fans fortune , Sc qui annonceroient d’heureusesdispositions : il vouloit les instruire lui-même dans la politique , Sc former ainsi unepépinière de sujets qui auroient pu se rendre utiles à l’Etat dans la même carrière. Ceprojet patriotique étoit digne de son cœur : mais. peu de tems après son retour à Metz ,il mourut à la suite d une opération cruelle , en 1778.
M. Durand pendant sa vie avoit ébauché son portrait moral : sa Famille qui l'a
trouvé dans ses papiers a bien voulu me le communiquer ; le voici mot pour mot.v ✓
» J E fuis né paresseux &: timide, Sc avec plus de sensibilité au mépris que de vanité,a, Mes défauts ont émoussé en moi le goût des plaisirs, mais non celui de vivre dans» Findépendance de ceux qui régissent nos Provinces, Sc de me soustraire à leur dédain ,« à leurs caprices. Ce désir a été le contre-poids qui m'a tiré de Fétat dans lequel je-- semblois devoir être confiné : il m'a fait surmonter le penchant que j’avois à ne rien« faire, Sc souvent il m'a fait mépriser le danger , ensorte que j*ai montré plus d’activité« que la nature ne m'en avoit donnée. Mais jamais je n ai reculé lorsque j’ai soupçonné« que je ne pouvois le faire fans être taxé de pusillanimité. Plus jaloux de F estime que-> de la faveur, j’ai moins cherché à parvenir qu à mériter de la considération «.
Je dois mettre fous les yeux du Lecteur la preuve des faits qui constatent la justicede ma réclamation. Non-seulement j’ai remis à M. le Comte de Vergennes le zj Août177J , mon Mémoire fur le commerce de Russie , mais MM. Turgot Sc Taboureau yqui se sont succédés au Contrôle général, en ont eu des copies dans le tems ; M. Turgot par l’intermède de M. le Comte d 'Angiviller , comme le prouvent la lettre qu’il m’écrività ce sujet le z9 Décembre 177/ , Sc celle de M. de Lijle qui m’accuse la réceptionde cet Ouvrage adressé à M. Taboureau. Cette dernière est du zy Juin 1777. VoiciF extrait de celle que M. le Comte de Vergennes m’écrivit à ce sujet le 13 Juin dela même année. '
,,.M. le Contrôleur-général ne m’a pas encore communiqué ses réflexions
a> fur votre Mémoire concernant le commerce de la Russe : je le relirai avec tout-, Fintérêt que j'apporterai toujours à ce qui vient de votre part. Ce commerce est unea, mine riche que nous avons trop négligé de fouiller. II faut espérer que le tems viendraa, ou au lieu de nous laisser diriger par des négocians peu instruits, nous les éclairerons-, en les encourageant, Lcc «.
Si les lettres que je viens de citer, font des preuves fans réplique de la justice dema réclamation, celle qui fuit, prouvera les difficultés presque insurmontables qu il mafallu vaincre pour me procurer les renseignemens que désiroit M. le Duc d Aiguillon.
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