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d’entrer dans ses vues : Sc cette politique fut celle de la Hollande. Le premier vaisseauqui aborda à Pétersbourg fut un vaisseau Hollandois. Pierre accorda au capitaine Sc àses defcendans une exemption de tous droits, ôc le privilège exclusif de vendre à bord ,soit en gros, soit ën détail, toutes les cargaisons que ce même vaisseau apporteroit àPétersbourg. On assure que ce bâtiment subsiste encore, Sc qu’il fait chaque année letrajet de la Baltique .
La nécessité Sc futilité d’un Tiers-Etat qui d’un côté tînt au peuple, Sc de f autreâ la petite Noblesse, navoient point échappé â Pierre /; mais il s’y prit mal, endonnant une Ordonnance par laquelle il déclaroit, que tout serf possédant une sommede joo roubles, pôurroit.demander la liberté â son maître, sous la condition de payerla capitation Sc les redevances à la Couronne. II étoit aisé de prévoir les inconvéniensde ce privilège : des sujets ignorans, naturellement paresseux Sc débauchés, ne pouvoientmanquer de recourir aux moyens les plus illicites, pour se procurer le prix de la liberté.La somme acquise’, f esclave devenoit bourgeois , même malgré son maître ; Sc cebourgeois devenoit marchand ou revendeur , c'est-à-dire, un trompeur public. Commeil conservoit dans le Tiers-Etat les vices qu’il avoit sucés avec le lait, il les transmettoità sa postérité, Sc ainsi de génération en génération.
Une loi de ce Prince porte : qu on n’aura point de prise sur les biens d'un Russe tant que le père vivra, Sc qu'on ne confiera à aucun de ses sujets plus de cinq roubles.L'effet nécessaire de cette loi est de décourager le commerce avec les enfans du vivantde leurs pères : cette loi paroît donc ausiì mal-adroite qu’injuste : un père octogénairepeut avoir un fils âgé de soixante ans, Sc toujours emmailloté quand il s'agit de fairevaloir f industrie. Mais ce n'est pas tout encore : le crédit borné à cinq roubles, annoncele peu de cas que faisoit ce Législateur de la probité de ses sujets. C'étoit flétrir d'avancele peuple à qui il vouloir inspirer f émulation Sc les sentimens de fhonneur.
L’Impératrice Elisabeth , convaincue de futilité d’un port dans la partie la plusseptentrionale de ses Etats, rendit en 1751 au port d’Arkangel tous les droits dont sonpère f avoit privé. Depuis cette époque, cette ville est au rang des places de commerce.Les Hollandois, les Anglois, les villes Anséatiques y envoient annuellement un grandnombre de vaisseaux. On en exporte des suifs, de la chandelle, de la cire jaune, desnattes, de la graine de lin, de f huile, de la colle de poisson, du beurre fondu, destoiles, des cordages , des fourrures de Sibérie , du savon , des viandes , des poissonssalés, Scc. Ce dernier article se tire en abondance de Kola, dont le port est situé surla mer Septentrionale.
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