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COMMERCE
provinces septentrionales, &: principalement de Pé-king, Nam-kin , Sand-chouen Scdes autres grandes villes. Ils n amènent point avec eux leurs épouses ni leurs familles,Sc l'on ne trouve jamais une femme à Maïmatcliin : c’est un effet de la politique duGouvernement Chinois , qui interdit au sexe la plus légère communication avec lesétrangers.
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Les négocians Ruffes qui font le commerce de la Chine ont tous un affocié, Sc ilsse relayent mutuellement à Kiakta . Leur-séjour ordinaire est d’une année. Lorsque l’undes associés amène une nouvelle pacotille, f autre s’en retourne - en emportant avec luides marchandises Chinoises .
La plupart des négocians Chinois entendent la langue Moungale, qui est la langued’usage dans les affaires de commerce : quelques-uns même savent un peu de Russe ;mais leur prononciation est si délicate Sc si molle, qu’il est difficile de les comprendre. Ilsne peuvent pas prononcer R ; ils en font une L; Le lorsque deux consonnes se rencontrent,ils les divisent en interposant une voyelle.
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Le commerce entre les Russes & les Chinois ne se fait que par échange. II est défendu^ aux Russes d’exporter de l’argent de leur pays ; cette prohibition est absolument inutile ;les Chinois ne reçoivent point d’argent monnoyé ; il h’y a dans le commerce que deslingots. Pour en déterminer la pesanteur, les marchands portent toujours leur balance.Comme l’or est très-rare parmi eux, l’argent est la mesure la plus commune du commerce.On a dit que les Russes tiroient beaucoup d’argent de la Chine , Sc l’on a fait unerègle générale d’un fait particulier. Pendant la guerre des Chinois avec les Kalmouks,les premiers achetèrent à Kiakta des provisions , des chevaux , des chameaux qu’ilspayèrent en argent , Sc cela répandit en Sibérie une si grande quantité de ce métal,que son prix tomba fort au-dessous de sa valeur intrinsèque. Nous avons déterminé lavaleur de la livre d’argent en roubles, Sc dans la circonstance dont nous parlons, lalivre d’argent ne valoit fur les frontières que huit à neuf roubles. Les choses fontchangées aujourd’hui : la réduction entière des Kalmouks fous F autorité de l’Empereurde la Chine, a mis fin à la guerre , Sc la Russe ne reçoit plus, ou ne reçoit que peud’argent des Chinois. L’argent importé à Kiakta vient sur-tout des négocians de íaBoukarie , qui, après avoir donné aux Chinois du bétail en échange de ce métal, ledonnent en payement aux Russes en échange des marchandises d’Europe . Les BoukarskEapportent quelquefois de la poudre d or à Kiakta ; mais la quantité de l’argent Sc dela .poudre d’or est si peu considérable -, qu’à peine mérite-t-elle qu’on en fasse mention ;elle n’excéda pas i 8 ny roubles en 1777* *
Les Russes trouvent plus cl’avantages à recevoir des marchandises en échange, qu’à
prendre