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Atlas du commerce : dédié au roi / publié par M. Le Clerc, écuyer, chevalier de l'ordre du roi, membre de plusieurs académies, &c.; et par M. Le Clerc, fils, écuyer, officier au régiment de Durfort, dragons
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RUSSIE .

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La Russie saura, écrivit-il, que les Torgots font revenus dans leur première« habitation ; quils appartenoient au Bogdokan de droit ancien ; fk que par cette raison,

« il ne sauroit leur refuser un asile. Et si la Russie veut savoir la véritable cause de leur émigration, elle la trouvera dans les traitemens indignes faits à leur Kan , qui est Kan>, par la grâce de Dieu , ôc non par celle des hommes

Depuis cet évènement, la même froideur a duré entre les deux Cours jusqu en1780. Cest à cette époque que les différents relatifs au commerce ont été heureusementterminés. On en trouve la preuve dans F extrait dune Lettre iïlrkout^k en Sibérie ,insérée dans le huitième Tome du Courier de VEurope , N°. 11. Cette Lettre, endate du 13 mai 1780 , dit : » Le commerce entre la Ruílie ôc la Chine , jadis lun des principaux moyens de subsistance pour les peuplades de cette vaste province, a. été malheureusement suspendu pendant nombre dannées par les suites de quelques mésintelligences entre les chefs des deux Nations. Ce commerce, qui est lame de toutes les sociétés, ôc particulièrement de la nôtre, vient de reprendre son cours. Le» 10 de ce mois fera l'époque à jamais fortunée qui a réintégré la Russie dans la possession de cette sourçe dabondance. Après en avoir fait hommage aux dispositions bienfaisantes» du Gouvernement, nous devons un tribut de reconnoissance à M. Klitschka , notre gouverneur, dont la prudence ôc la sagesse ont si heureusement concouru à applanir-, toutes les difficultés entre les deux Cours «.

DÈs lan ijSS jusqu en 1780 , la Couronne na point envoyé de caravanes à^-king : on vient de les rétablir, ôc le commerce des particuliers nest point interlope,comme on l'a avancé dans quelques Ouvrages ; il se fait à Kiakta ôc à Tzourou-kaitou.On a construit dans la première de ces villes deux grands magasins, lun Russe ^ lautreChinois : à proximité de ce grand entrepôt, les Chinois ont bâti une ville de commercenommée Maimatchin . Les négocians qui se rendent dans cette ville , viennent des

», on. leur distribua des étoffes pour shabiller , des grains pour se nourrir pendant un an , des logemens» conformes a leur manière de vivre, des instrumens pour le labourage, ôc tous les ustensiles nécessaires», pour les commodités de la vie. On divisa les terres , ôc on assigna à chaque famille une portion qui,, pût fournir a son entretien par la culture. On désigna aussi des pacages pour les bestiaux. Ensin on», fournit des bœufs ôc des moutons à ceux qui en manquoient, ôc même plusieurs onces dargent», pour suppléer à leurs autres besoins.... Lorsquils furent remis de leurs fatigues, Oubaché, leur» Roi, fut mandé avec ses principaux Officiers à la Cour Impériale, ils reçurent le plus favorable«accueil. Le reste de la Nation des Tourgouts ne tarda pas à venir les rejoindre, ôc fut aussi bien traité. >», On vit arriver peu de tems après dautres Hordes fugitives des Eleutes, qui neurent pas moins à se louer de la générosité de Kien-long. Les Eleutes navòient point de villes ; ils campoient fous des», tentes, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre. Kien-long a fait bâtir fur les bords de lIly une», ville qui devient de jour en jour plus peuplée. Cest- quon envoie aujourdhui les Chinois ôc lesTatars qui ont mérité la peine de l'exil «. Art de vérifier les dates, Tom. II. M. Deshavterayes, Mém.concernant les Chinois .

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