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154 COMMERCE
,, Les marchandises que l’on échangeroit ici , pourroient être embarquées tres-», commodément Sc à bon marché fur la mer Noire , pour être envoyées à Constantinople ,r » ou partie en commission, Sc le reste expédié de là pour Trieste ou Venise . Outre cela» il seroit aisé, si l'on préféroit cette voie, de les charger pour Akkerman, Sc ensuite» les transporter par terre à travers la Moldavie Sc la Valachie en Transilvanie , Sc„ ainsi de fuite jusqu'à leur destination. II est vrai que cette route trèsriongue occasionne-, de gros frais, Sc qu’on est souvent fort embarrassé pour se procurer des voitures, tant» dans la Turquie en Europe que dans les pays voisins ; mais on trouveroit bientôt» remède à ces inconvénient
» En Krimée même le commerce du fer est très-considérable ; les Tatars ne fauroient« s'en passer, Sc ils le payent argent comptant. Quant aux autres marchandises, on est» le plus souvent obligé de les vendre à crédit ; car les marchands de ces pays-là ont peu« d'argent, Sc payent rarement avant d’avoir placé les articles qu'ils ont achetés. Pour» faire un gros commerce, il faudroit principalement s’attacher à le diriger du côté despays dont je vais faire mention ; savoir, dans la Tatarie Nogaïe, séparée de la Krimée » par une ligne qui passe près de Pérékop. Ces Tatars ont passablement d'argent, Sc» payent volontiers les marchandises dont ils ont besoin ; de plus, on trouve chez eux™ une grande quantité de peaux d'agneaux, grises Sc noires ( 1 ) ; des cuirs de bœuf Sc de« cheval ; du crin ; de la cire jaune ; du beurre (1), Sc autres articles.
i°. Dans la Circaísie séparée de la Krimée par la mer d’Azof. La majeure partie), des habitans est encore païenne. II n’y a pas long-tems qu’ils étoient tributaires des» Tatars ; mais à présent ils font indépendans, ces premiers n’ayant pas été heureux dans,, la guerre qu’ils leur ont faite. II est dangereux de s’exposer, sans un bon passe-port, à» voyager dans leur pays ; ils viennent cependant fréquemment à Kafa où ils échangent„ les productions de la Circaísie , qui font des chevaux, des peaux de lièvre ( 3 ), des» cuirs de cheval, des peaux de renard, de la cire 3 Sc si les femmes venoient à manquer
(1) Les peaux d’agneaux, grises ne se trouvent qu’en Tatarie, il n’y en a point à Moskou . Les plusfines qui font très-belles, sont aussi très-chères ôc font portées à Constantinople Sc dans les autres grandesvilles de Turquie : elles se vendent de dix à quinze piastres'la pièce. Les ordinaires se placent assezavantageusement en Pologne . Les noires fines servent pour les Kalpaches, Sc l’on fait des pelisses desplus communes, qui se vendent assez bien à Constantinople . Note de M. Klééman.
(z) Le beurre est un des meilleurs articles de la Krimée ; &; lorsqu’on saisit le bon moment pour s’enpourvoir chez les Tatars Nogaïs , £>n peut non - seulement le revendre avantageusement en Krimée ,mais encore a Constantinople , où il est facile de le placer avec profit en argent comptant. Ce beurreest fort recherché ; on en fait autant de cas que les Allemands en font de celui de Leipsick Sc de Hollande.Note de M. Klééman.
(z) Ces peaux de lièvres font d’une singulière beauté pour leur couleur, Sc très-légères ; on s’en sertsouvent, au lieu d’autres pelisses, a doubler les habits. Note de M. Klééman.