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DISSERTATION HISTORIQUE

bien s*il sçait quelque chose , il a recours aux Livresqui traittent de la Penitence, & y lit ce qui convientCHAPITRE IV- le mieux à ses pechez, soit abstinence , jeûne, disci-

pline , aumône, prières, ou oeuvres pies ; pour satis-Des préceptes des femmes. faire autant qu?il est possible au péché commis.

I. »T < Out ce qui est défendu aux hommes dans lesX préceptes négatifs , 1 J est auíîì aux femmes.Mais à l’égard des préceptes affirmatifs , les Rabinsont décidé que les femmes ne font point obligées defaire ceux qui demandent un terme préfix pour lesexecuter , fondez fur la foiblesse & la délicatesse dusexe, sur l’obéissance qu’elles doivent à leurs maris,& fur les services qu’elles font obligées de leur rendre.

II. Il n’y a donc que ces trois preceptes-ci qui leur

soient particulièrement recommandés : le premier, des’étoigner en toute diligence de leurs maris dans letems de leurs mois , & de ne point en approcher

qu’elles ne se soient baignées. Le second, en achevantde paîtrir le pain, de faire un gâteau, qui étoit autre-fois offert au Sacrificateur , & qu’on brûle aujour-d’hui. (a) Et le dernier, d’allumer la lampe le Ven-dredi au soir pour la nuit du Sabbat, comme je l’aidit.

III. 11 y a cependant des femmes plus devotes queles hommes , qui ne veillent pas seulement à l’éduca-tion de leurs enfans, mais qui retirent leurs maris duvice, & les portent à la vertu.

CHAPITRE V.

Des Esclaves.

A Utrefois parmi les anciens Juifs, il y avoit gran-de différence d’esclave à esclave , parce qu’il yen avoit d’Hebreux & de Cananéens : mais aujour-d’hui , si ce n’est dans le Levant & dans la Barbarie,ils n’en achetent point. Ceux qui en ont , s’en fer-vent, les gardent & les vendent suivant l’usage deslieux où ils font ; & si ces esclaves se veulent faireles Juifs, ils les circoncisent , les baignent , & lesmettent en liberté.

CHAPITRE VI.De la Confession & de la Penitence.

I. TLs n’ont point d’autre Confession que celle

A qu’ils addressent à Dieu dans leurs prières. Ilsen ont d’ordinaire une composée suivant P ordre de. 1 * Alphabet, & l’appellent (b) viddui. Chaque lettrerenferme un péché capital, ou celui qui se commet le plusfrequemment : mais quand ils sont habiles, ils font lafuite & le détail de leurs pechez , & marquent leursespeces & leurs circonstances.

II. Ils ont accoûtumé de faire cette Confession leLundi & le Jeudi, & tous les jours de jeûnes. Us la,font aussi plusieurs fois en particulier au jeûne des Par-

> dons,que j’ai décrit, (c) De plus,lorsqu’ils sont ma-lades» ou en quelque péril évident , il y a tel qui ladit. tous les soirs avant que de se coucher , & tous lesmatins quand il se leve.

III. Les jours destinez à la Penitence commencentau premier du mois d’Elul, & continuent jusqu’aujour des Pardons; mais elles se font plus souvent depuis lecommencement de l’année jusqu’aux Pardons. Pour ce-lui qui s e sent la conscience chargée, toute sorte de temslui est propre. Que s’il n’a pas assez de connoiffancepour cela , il demande conseil à quelque Rabin , ou

(«) z- Part. Chap. ,(r) z. Part. Chap, 6.

(í) Confession.

CHAPITRE VIL

Des Maladies & de la Mort.

I. T Ls tiennent pour une très-bonne œuvre de visi-

A ter les maladês, & de les assister dans tous leursbesoins.

II. Quand quelqu’un croit mourir , il mande dix

personnes, plus ou moins s’il veut, dont il y en ait unqui soit Rabin ; & en leur présence il récité la Con-fession generale, dont je viens de parler, & ensuite ilfait une priere, où il demande à Dieu la santé, ou sic’est son plaisir de finir la vie du malade, il lui recomman-de son ame, & que sa mort soit l’expiation de ses pechez.S’il a quelque scrupule en l'esprit, ou quelque secretà dire, il le confie au Rabin. Après cela il demande par-don à Dieu , & à tous ceux qu’il croit avoir offen-sez , & pardonne de même à tous ceux qui l’ont of-fensé , & à ses ennemis. S’il a des enfans, & des do-mestiques , il leur donne fa bénédiction, les ayant faitapprocher de son lit : & s’il a pere ou mere , il la re-çoit d’eux. S’il veut faire son testament, & disposerde son bien , il le peut faire comme il le juge à pro-pos. •

III. Il y en a qui sont faire pour eux une prierepublique dans la Synagogue, & qui se font changer denom, pour marque de changement de vie. Us pro-mettent & donnent âlors des aumônes aux Synago-gues & aux pauvres.

IV. Le malade étant prêt à mourir , ou en dangerpressant, on ne le laisse point seul ; & on le veille &garde jour & nuit. Car ils croyent que c’est unebonne œuvre d’assister à la séparation de l’ame d’avecle corps, fur tout quand il s’agit d’un homme sçavant,& d’un homme de bien : fondez en cela sur le Pseau-me 49. v. 10. .Asm cju’il ne voie point la foffe , &c.Celui qui se trouve présent quand le malade expire,déchire son habit par quelque endroit, suivant l’ancien-ne coûtume.

V. Il y en a qui veulent, que pendant ce tems-là onjette dans la rue toute l’eau qui se trouve dans la mai-son, & dans tout le voisinage; & l’on croit que c’estun ancien usage , pour marquer qu’il est mort quel-qu’un dans le quartier.

CHAPITRE VIII. -Du Mort & de la Sépulture.

I. /^\Uand quelqu’un est mort, on étend le corpspar terre dans un drap , le visage couvert,avec une bougie allumée du côté de la tête.

II. Auffi-tôt on lui sait des calçons de toile, & onmande quelqu’un pour les coudre. Mais les femmespar charité s’offrent à cela. On lave bien le corpsavec de l’eau chaude, où l’on a fait bouillir de la ca-momille & des roses sèches. Après quoi on lui metune chemise & des calçons. A quoi plusieurs ajoû-tent par dessus une espeçe de rochet de fine toile, sonTaled , ou manteau quarté avec les cordons qui pen-dent, & un bonnet blanc fur la tête. En cet état ilest mis dans un cercueil fait exprès, avec un lingeau fond, & un autre par dessus lui. Quand c’est unepersonne de considération, on fait en quelques en-droits son cercueil pointu ; & si c’est un Rabin, on

• met