TOUCHANT LES CEB
met plusieurs livres dessus. On couvre le cercueil (-r)de noir, & on le porte hors du logis.
III. Alors tout le monde s’aíTefnble à l’entour : &parce que les Juifs tiennent pour une très-bonneaction d’accompagner un mort , & de le porter enterre ; ils le portent tous fur leurs épaules tour-à-tourun peu de tems. En quelques endroits il y en a quiportent à la fuite du corps des flambeaux allumez,
& chantent des complaintes. En d’autres endroitscela ne se pratique point. Les parens qui font endeuil, suivent de prés en pleurant.
IV. En cet ordre on conduit le corps jufqu’au ci-metière, qui d’ordinaire est un champ destiné à cetusage, qu’ils nomment Beth hdchaim ,ou maison des vi-vons, tenant les morts pour vivaiis, à cause de leursâmes. Lorfqu’on Ta mis bas, s’il est digne de louan-ge , il y a quelqu’un qui fait son élòge. Ils fontaussi une priere, qu’ils appellent ridduc addtn , justicedu Jugement. Elle commence par ces paroles duDeuteron. chap. 51. v. 4. Le Dieu fort, fan œuvre estparfaite , parce que toutes fis vojes font en justice , &c.
V. On lui met un petit sac de terre sous latête : Après quoi on cloue le cercueil, & on le por-te à une fosse faite exprès proche du lieu où font dé-jà enterrez ses parens. En quelques Pais le cercueilétant proche de la fosse, si le mort est un homme , ily en a dix qui tournent sept sois autour , & disentune priere pour l’ame du mort , mais d’autres ne lefont point. Le plus proche parent du mort déchireson habit par quelque petit endroit. Puis on descendle cercueil dans la fosse , & on le couvre de terre,chacun jettant la main pleine ou une pellée de terrefur le mort, jusqu’à ce que la fosse soit remplie.
VI. (b) Ils tiennent que c’est un péché, tant auxhommes qu’aux femmes, de fe déchirer la peau , &de s’arracher Jes cheveux en cette occasion, soit qu’ilspleurent & fe lamentent en présence du mort, ouaprès : comme il est marqué au Deuteronome chap.14. Vous ne vous ferez, point d’incisons , &c»
VII. Au sortir de là , chacun arrache deux outrois fois de Therbe, & dit, en la jettant derriere foi,ces paroles du Pseaume 72,. v. 16. Ils fleuriront en laville comme l'herbe de la terre. Et cela pour signe deE résurrection. Ils se lavent les mains , s’aíleient &fe levent neuf sois, en diíànt le Pseaume 91. Celuiqui demeure en la retraite du Tres-haut. Puis ils s’en re-
EMONIES DES JUIFS. Z5
repas ; & même ils vûnt manger avec eux pour lesconsoler.
II. Aussi-tôt que le mort est emporté du logis, onplie en deux son matelas, & on roule ses couvertu-res , qu’on laisse sor la paillasse ; puis on allume unelampe âú dossier, qui brûle fans difeontinuation pen-dant sept jours.
III. Les parens du mort âu degré que j’ai marqué,demeurent dans la maison une semaine assis tous lesjours parterre, & mangeant en cette posture; excepteque le jour du Sabbat, ils vont accompagnez auxprières, & sont plus visitez & consolez de leurs amisce jour-là, que les autres. Pendant ces sopt jours ils nepeuvent faire aucun travail, ni aucune afíaire. Le mari& la femme ne peuvent pas coucher ensemble , & ilfe trouve au moins dix personnes qui viennent soir &matin faire les prières ordinaires auprès de ces mêmesparens, qui ne sortent point du logis. A quoi quel-ques-uns ajoûtent le Pseaume 49. Ecoutez, ceci vouspeuples , &c. Puis ils prient pour l’ame du mort.
IV. Ils s’habillent de deuil à la façon du Païs oùils demeurent, fans y être obligez par aucun com-mandement.
V. Les sept jours étant accomplis, ils sortent dechez eux pour aller à la Synagogue,où plusieurs fontallumer des lampes. Ils font faire des prières , & pro-mettent des aumônes pour l’ame du mort. Ce qu’ilsrecommencent à la fin du mois & de l’année. Si lemort est un Rabin » ou quelque personne considéra-ble, on fait dans ces jours-là l'ejped, c’est-à-dire, sonoraison funebre & son éloge.
VI- Le fils a accoutumé de dire tous les jours soir& matin dans la Synagogue la priere (c) Cadísh pourl’ame de son pere ou de fa mere ; & cela onze moisde fuite : & quelques-uns jeûnent tous les ans le jourque l’un ou l’autre sont morts.
VII. En quelques lieux ils couvrent la fosse d’unetombe , où l’on grave le nom du mort, & quelquechose à sa louange,soit en vers ou en prose, marquantle jour, le mois, & l’année de fa mort.
C H A P I T R E X.
Du Paradis , de l’Enfer, & du Purgatoire.
tournent à la maison. Voilà la coûtume la plus ge-nerale des Juifs fur ce sujet ; & s’il y en a qui s’enéloignent, c’est très-peu de choie.
CHAPITRE IX.
Du Dueil , de la Priere , & de la Commémora*tion des Aíorts.
I. T Es plus proches parens du mort , soit pere,L mere, enfans, mari, femme, frere ou sœur,ànt de retour chez eux , s’asseient à terre ; & aprèsstu’ils ont ôté leurs souliers, on leur apporte du pain,
du vin & des œufs durs, & ils mangent & boivent.Prov. 3: - - ' ■
aux affligeanaire du
31. 6 . Donnez, à. boire au mifirable , est du vin
&c. Celui qui dit la bénédiction ordimanger a accoutumé d’y joindre quelqueparole de consolation. Dans le Levant & en plusieursautres lieux , les parens & les amis ont accoûtuméd envoyer sept jours durant, soir & matin , aux pa-rens du mort, de quoi faste de grands & somptueux
(4) Cette coûtume & plusieurs autres que nôtre Rabin aremarquées, ne font en mage qu'en de certains lieux. Lesjuits mêmes en ont pns quelques-unes des Pais où ils de-meurent.
( 6 ) Cela n’est point dans la première Edition.
I- A Près avoir dit que les Juifs prient pour lesâmes des morts, il en faut dire la raison. IlsCroïent donc qu’il y a un Paradis, qu’ils nomment(d) Gan heden -, où les bièn-heureux jouissent de làgloire dans la feule vision de Dieu. Pour l’Enferqu’ils appellent (e) Ghehimdm,ì\s croïent que laiesâmes des médians sont tourmentées par le feu & pard’autres supplices ; qu’il y en a de damnez pour toû-jours à souffrir ces peines, fans efperance d’en sortirjamais, d autres qui n’y font seulement que pour ustcertain tems. Et c’est ce qu’on nomme le Purgatoire,qui n’est pas distingué de l’Enfer par le lieu, mais parle tems.
II- (/) 11 s tiennent que tout Juif, qui n’est P° intentaché d’heresie,& qui n’a point contrevenu à quel-ques autres points marqueZ par les Rabins,n’est pointplus d’un an en Purgatoire , & que ceux-là font leplus grand nombre. Car ils croyent qu’il y en apeu , qui pour leuts pechez demeurent pour toujoursen Enfer.
(c) Saint. (J) Jardin de plaisir.
(c) On prononce ainsi en Caldéen s st que dans l’He-breu il y a Gehinnom. C’est la vallée des enfans de Hinnom ,dont l’histoire est si fameuse dans la Bible. De là est venu lemot de gebenna » gehenne.
(/) Cela est retranché de la seconde Edition.
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C H A-