Band 
[Volume I.]
Seite
45
JPEG-Download
 

CEREMONIE

nés illustres y étoient admises avec les Anciens ouSénateurs.

II n'y avoit rien de plus grand dans là Républi-que des Hébreux, que ce Sanedrin, qui avoit le pou-voir, comme parlent les Juifs , de faire Such la t or a ,me haye a la Loi , parce qu'il etoit le maître de l’ex-pliquer selon qu'il jugeoit le plus à propos pour lesrems & les occasions, (a) Et c’est en ce sens que R.Moise lui donne le nom de Fondement de la Loi débou-ché , & de Colomne de la véritable Doctrine. Aussiceux qui refusoient de s’y soumettre, étoient-ils con-sidérez comme des rebelles & des excommuniez. Aquoi fans doute le Fils de Dieu faisoit allusion , lors-qu’il prononce cette Sentence contre ceux qui neVoudront point se soumettre à la décision de l’Eglise oude l’Assemblée : (b)Sit tibisicut Fthnìcusest Publicanus.

En effet, si nous comparons la discipline de l’Ê-glise dans les Assemblées ou Conciles, avec celle dela Synagogue, nous trouverons peu de différence en-tre l’une Sc l’autre. Premierement Nôtre - Seigneur ’dans Rétablissement de fa nouvelle Loi (étant le Sou-verain Législateur , dont Moïse , qui n’étoit quecomme l'interprété , étoit la figure) n’a pas eu desq u alitez inferieures à celles de Moïse. Et commeMoïse laissa ce méme pouvoir à Josué , & aux An-ciens de son tems, pour ce qui regardoit l’interpreta-tion de la Loi ; aussi Nôtre-Seigneur laissa-t-il S.Pierre pour lui succéder , en qualité de Naficì ouChef de son Eglise; & S. Paul qualifie quelques-unsdes Apôtres du nom de Colomnes : (c) Jacobus stCephas st faonnes , qui vìdebmtur ejfe columne. LesCatholiques attribuent à leurs Conciles une cer-taine infaillibilité qu’ils reconnoiffent être dansl’Eglise, de la même maniéré que les Juifs étoientpersuadez de l’infaillibilité de leur grand Consistoireou Sanedrin. * En quoi ils ont imité les Apôtres &les Anciens, ausquels S. Pierre presidoit en qualité deNasci, ou Prince (ayant de droit divin la Primautédans l’Eglise) lorsqu’ils écrivirent à lents frétés d’An-tioche, de Syrie & de Cilicie ce qu’ils avoient ar-rêtez dans leur Assemblée : ( d ) Vifum est , disent-ilsSpiritui Janch st nobis ; faisant connoître par ces paro-les, qu'ils avoient été véritablement inspirez.

L'Evêque de Rome, qui est le véritable Successeurde S. Pierre, a aussi succédé à la qualité de Nasci ouChef de l’Eglife. II ne faut pourtant pas restraindrele lieu de cette infaillibilité ou inspiration à la Villede Rome , comme les Juifs l’avoient attaché à Jéru-salem. II n’est pas aussi vrai que le seul Conseil duPape avec son Clergé represente l'ancien Sanedrin.II est represente par l’Eglise entière , dont leSuccesseur de S. Pierre est Hannasci , ou le Prin-ce. Et c’est en ce sens que les anciens Peres, en par-lant de l’Evêque de Rome , lui ont toûjours donnéla preference par dessus les autres Evêques, Pmrogati-•vam suffragii. De plus , comme les Anciens dans leSanedrin des Juifs avoient tous voix décisive ; demême dans les Conciles , les Evêques ont auísi voixdécisive avec le Pape , qui est le Nasci ou Président.Ea raison pourquoi on ne donne pas la même autori-* e Consistoire de Rome dans la nouvelle Loi, quele Sanedrin de Jérusalem avoit dans l’ancienne LoiVient de ce que la Religion que le Messie devoir an-noncer, n étoir pas une Religion qui dût être renfer-mée. dans un petit coin de la terre , commê a été laReligion Juive •. E t \ es j u if s m ême conviennent avecnous de ce principe. On ne peut pas dire aujour-(e) Noms m Italta Ecus , comme on disoit au-

d’hui

(*) Rambam. {b) Matth. 18. 17.

( £ ) S. Paul Ep. aux Gai. r 9.

N * C-' auteur pane toustn i" & ailleurs comme Catholique . C’e/ln quot tl j “ra bon de prendre garde. 1 J

(<0 Act. 1?. i 3 . (-) Ps. 75. (ou 76.)

5 DES JUIFS. . 45

trefois Notas in Judaa Deus. Ainsi la Religion Chré-tienne n’étant attachée ì aucun lieu détermine , &étant au contraire répandue dans tout le monde : Inomnem terram exivit jonrn eorum ; (f) on ne peutcomposer la grande Assemblée, (g) que nous appelionsConciles généraux, qu’en y appellânt tous les Anciensqui ont succédé aux Apôtres, c est-à-dire les Evo-ques dont le Pape est Hannasci, ou le Chef, en qua-lité de Successeur de S. Pierre. C est pourquoi cettequestion qu’on fait ordinairement dans les Ecoles, siles Conciles font supérieurs aux Papes, ou les Papessupérieurs aux Conciles, ne paroît nullement fqndee,

6 est même inutile, puisque les Conciles, qui repre-sentent l’ancien Sanedrin,, sont des Assemblées quidoivent être composées du Président & des Anciens,c’est-à-dire du Pape 8c des Evêques. Auísi cette que-stion n’a-t-elle été faite principalement que pendantle Schisme ; & alors on doit raisonner d’une autremaniéré.

L’autorîté du grand Consistoire , ou Sanedrin par-mi les Juifs, a subsisté pendant que leur Républiquea demeuré en son entier; si ce n’est que les DocteursJuifs font quelque distinction d’inspiratìon en diverstems. Ils croyent communément que la Prophétie,ou inspiration Divine, a duré jusques vers la quaran-tième année du second Temple , à laquelle succédaune autre forte d’inspiration, qu’ils appellent Bathkol,la fille de la ■voix , dont il est souvent parlé dans leTalmud- II semble même qu’on ait fait allusion dansle Nouveau Testament à cette fille de la voix , lorsi.qu’il y est parlé de Voix entendues dans Pair, com-me si elles fussent venues du Ciel.

Lorsque les Juifs n’ont plus eu de forme de Gou-vernement , 8c qu’au contraire ils ont été dispersez danstoute la terre , ils n’ont eu d’autres réglés quecelles qui avoient été déja arrêtées par les grands Con-sistoires qui avoient precedé. C’est pourquoi ils re-cueillirent toutes ces constitutions avec foin , commenous le dirons plus particulièrement dans la fuite dece discours, en parlant de leur Talmud, qui est à peuprès la même chose parmi eux que la Compilation duDroit Canon parmi nous. (h) R. Moïse remarque àla vérité, que même après la compilation du Talmud,il y a eu d’autres Consistoires : mais ces Assembléesetoient Provinciales , & partant elles n’avoient lieuque dans la Province où elles se tenoient, parce qu’iln7 avoit que le grand Consistoire de Jérusalem, quiput obliger tous les Juifs en général à suivre ces dé-cisions. On peut raisonner de ces Consistoires tenuspar les Juifs en diverses Provinces après le recueil duTalmud, de la meme maniéré que nous raisonnons denos Conciles Provinciaux. Mais c’est assez parlé dugrand Consistoire des Juifs & de leurs autres Assem-blées. Nous verrons plus bas quelle a été leur disci-pline pendant tout le tems de leur captivité & parquelles voyes leur Religion s’est conservée dans toutesleurs miseres.

CHAPITRE VI.

Des Synagogues des Juifs est des Officiers ou Ministres deces Synagogues. Origine de nos Èglists ou premières a4f-fiémblees. Premier établissement des Fvêqaes est desPrêtres.

O Litre le Temple il y avoit dans Jérusalem ungrand nombre de Synagogues particulières, dont1 il est même fait mention dans le Nouveau Testament,lorsqu’il est parlé des Synagogues des Alexandrins &

G 3 de

(/) Ps. 18 (ou 19.) (?) Epist. aux Rom.(h) Rambam Pref. de Jad. Hareca.

10. 18.