CEREMONIE
des Tetnples pour s’y assembler. II n’y a rien de siridicule que ce que nous disent quelques Ecrivains,fur tout les Espagnols , de l’antiquité de leurs Egli-ses Cathédrales, qu’ils prétendent avoir été bâties dèsle tems des Apôtres, comme si une Eglise Cathédraleeút été autre chose en ces tems-là, que le Siège d’unEvêque accompagné d’un certain nombre d’Anciens.Cependant si nous voulons ajouter foi au nouveauBréviaire des Cannes, il y avoit fur le Mont-Carmelune Eglise bâtie en T honneur de la sainte Vierge parles Prophètes successeurs d’Elie , qui rendoient visi-te a la Vierge, & elle pareillement leur rendoit en-suite leurs visites. Ttfug&l
Cette conformité de discipline entre l’Eglise & laSynagogue paraîtra encore davantage , si l’on sait ré-flexion sur les anciens usages de l’Eglise. ^ II n’y a-Voit, par exemple , autrefois que les Evêques quieussent l’Intendance des Ecoles , & on ne peut pasdouter que comme les Synagogues des Juifs étoientdes Ecoles où l’on enscignoit la Loi, ou qu’on bâ-tissoit des Ecoles proche les Synagogues ; de la mê-me maniéré l’Evêque & les Anciens, ou Prêtres,pré-noient le foin des Ecoles parmi les Chrétiens ; ainsiqu’il y en a eu dès les premiers siécles dans la Villed’Alexandrie. Nous voyons même encore aujour-d’hui un relie de cet usage dans la plupart des Cathé-drales, où il y a des Offices auxquels le foin des Eco-les est attaché. A Paris , par exemple , le Chantreprend ce foin là ; & à Rouen , celui qui a la digni-té de Chancelier. Le Concile de Trente a eu desseinde rétablir l’usage de ces Ecoles fous le nom de Sé-minaires , qui sont bien differens des Séminaires quela plupart des Evêques de France fondent tous lesjours dans leurs Diocèses. L’intention des Peres duConcile n’a pas été qu’on apprît seulement quelquesCérémonies pour l’administration des Sacremens àceux qui étoient destinez à la Prêtrise; mais que cesSéminaires sussent de véritables Ecoles où l’on instrui-sît presque dès l’enfance de jeunes gens, qui ren-draient ensuite service à l’EgHse.
CHAPITRE VII.
$Utte de la conformité qui fi trouve entre l'Ëglifi & la-Antres Offices des Synagogues.
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synonymes parmi eux. Moïse est le premier Auteurde cette cérémonie. II imposa les mains fur Jo-fué qui lui devoir succéder, & sut les autres Anciensdu Sahedrin, qui furent incontinent après remplis duS. Esprit. A l’imitation de Moïse les Chefs des Con-sistoires qui furent après Moïse & Jofué, impòscrehtauffi les mains fur ceux. qui avoient été élus Anciensdu Sanedrin. Les Docteurs Juifs néanmoins remar-quent qu’il n’étoit pas absolument nécessaire de recou-rir pour cela au Nafci , ou Prince du Sanedrin ; tuaisque les Anciens à qui on avoit une rois impose lesmains , avoient droit de les imposer aux autres, 8cqu’ils dévoient être au moins trois, de la même ma-niéré que dès le commencement de l’Eglise u a ete ar-rêté qu’il y aurait au moins trois Evêques pour 1 Or-dination d’un Evêque. Outre l’imposition des mains,on trouva bon dans la fuite des tems d’ajouter de cer-tains mots, comme pour marquer faction qui fe soi-soit ; par exemple, je Pìmpofi les mains , ou la main tesoit imposée. Ce qui est entièrement conforme à lamaniéré dont on a administré parmi nous l’Ordinatioii
6 les autres Sacremens.
II y a auffi eu dans le Temple , & ensuite dansles Synagogues, un Ministre ou Officier , qui re-présentoir entièrement les Diacres de l’Eglise. On l’ap-pelloit le Sciamas ou Ministre du Temple , & mêmeencore aujourd’hui les Syriens se servent de ce motSciamas , pour marquer leurs Diacres & les autres Mi-nistres inférieurs. Les Juifs le nomment ordinaire-ment Haz-an > parce que son emploi est d’avoìr la vûëfur tout ce qui se passe dans la Synagogue , & prin-cipalement fur la lecture de la Loi. C’est pourquoidans l’Ëglife les Diacres ne doivent pas seulementpourvoir aux besoins de l’Assemblée ; mais ils sont deplus chargez de la lecture de l’Evangile : ce qui s’ob-ferve encore aujourd’hui exactement parmi nous.
Nous ne trouvons point dans les Livres du Nou-veau Testament que les Apôtres ayent creé d’aútresMinistres dans les Assemblées, que ceux qui ont étémarquez ci-dessus; fçavoir les Evêques, les Prêtres &les Diacres. Mais il faut comprendre sous le noitì deDiacres tous les autres Ministres inférieurs ; commeen effet le mot de Diacre en Grec signifie toutes sor-tes de Ministres. Les Eglises Syriennes ne se ser-vent le plus souvent que d’un seul mot, pour expri-mer les Ministres inférieurs aux Diacres, ce que lesJuifs observent auffi dans le mot Haz-an , qui signi-fie quelquefois le Portier de la Synagogue. Les Lé-vites faisoient cette fonction dans le Temple ; ils a-voient le foin d’ouvrir & de fermer les portes ; & î{ smouraient de plus au Pupiltre pour chanter pendantqu’on offrait les Sacrifices.
Cette même discipline a passé du Temple de Jéru-salem & des Synagogues à l’Eglise, où l’on a auffiétabli des Portiers & des Chantres ; mais il est arrivédans la fuite, que ceux qui ne dévoient être appliquezqu’au ministère de l’Evangile, ont été obligez dechanter'; & même le chant est aujourd’hui là plusgrande occupation des Chanoines, qui étoient autre-fois les Conseillers de l’Evêque, & qui composoientavec lui, en qualité d’Anciens, ce qu’on dommoitPresbyterium.
L 'Eglise a eu encore cela de commun avec les Sy-nagogues, que dans lçs çommencemens les Chré-tiens ne reconnoissoient point d’autres Juges pour vui-der les differens qui naissaient entr’eux, que le Tribunalde l’Evêque & des Anciens. C’est pourquoi S. Pauldéfend aux Fideles qu’il appelle Saints, (de la mêmemanière que les Juifs s’appelloientauffi Saints,) d’avoirrecours à d’autres Juges qu’aux Anciens de l’Assem-blée, ausquels il donne le nom de Sages, qui étoit eneffet le nom que les Juifs donnoient à leurs Docteurs.
(a) A Ty a-t-ilpoint parmi vous de Hacam ou Sage , ditce 8. Apôtre, qui puisse juger les differens défis freres.
Sic non est inter vos fetpiens qui pojstt judicare inter fra-tremfmm ? Ceux-là à mon avis n’ont pas entendu lesens de Saint Paul, qui ont traduit en François, tiya-t-il point d'homme sage parmi vous ? Car le nom deSage en cet endroit est un titre d’Office , & signifieUn Hacam de l’Assemblée , c’est-à-dire un Ancienou Docteur.
, Il est de plus aisé de juger que l’Eglise a .auffi imi-te la Synagogue dans la maniéré d’ordonner ses Mi-nistres , en imposant les mains fur eux ; & les Juifsnomment encore aujourd’hui cette imposition des
mains Semica. Faire quelqu’un Docteur ou Ancien, JLj ils ont fait differens recueus. vu 01 q u q ls a yent& imposer les mains fur quelqu un, sont des termes I été toûjours obligez de prier Dieu , il y a néanmoins(<*) Epit. aux Cor. i. ch. 6. v. f. 1 de l’apparence , que pendant tout le tems qu’ils ont
1 of-
CHAPITRE VII 1 '
Resterions fur les PriereS des Juifs , & conformité deleurs Prières avec ceíles des Chrétiens.
L Es juifs ont un grand nombre de Prières, dontils ont fait differens recueils. Quoi qu’ils ayent