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[Volume I.]
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H. DISSERTATION SUR LES

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le Sang de l'Alliance , que le Seigneur a faite avec vous%Hic est Sanguis fcederis quod Dominus pepigit vobifcum.Comme donc le sang des Victimes fut répandu véri-tablement dans l’ancienne Alliance, auffi ne peut Onpas doutes que le Sang de J e s u s-C h r i s t qui é-toit le véritable Agneau Paschal n’ait été en effet ré-pandu pour confirmer sa nouvelle Alliance avec nous;(a) hic est Sanguis meus Novi Testament i , qui pro mul-tis effunditttr in remiffionem petcatorum .

Enfin ìl semble que nôtre Seigneur ait encore saitallusion au discours dont nous avons parlé ci-deífus,lors qu’il assure dáns le Chap. 6. de S. Jean , qu’ilest le pain de vie; (b) Je fuis, dit-il, le pain de vie,quiconque viendra a moi n'aura point de faim , gr ceuxqui croiront en moi rt auront jamaisfiif Ce qui n’est paspas tout-à-fait éloigné de ces autres paroles qui se trou-vent dans la Hagada, ou Histoire, que les Juifs réci-tent dans la célébration de la Pâque ; C est ici le paind'ajfliBion que nos peres ont mangé dans t Egypte , quicon-que a faim, qu il vienne & qu il mange ; ceUX qui fontdans la necefstté, qu ils viennent, & qu’ils fajfent la Pâ-que, c’est-à-dire qu’ils mangent de l’Agneau Paschalpour avoir la vie. (c) C’est ici le pain qui vient duCiel, ajoûte nôtre Seigneur au même endroit, afìn quefi quelqu'un en mange, il ne meure point. Comme il é-toit la vérité de ce qui n’étoit arrivé qu*en figure dansle Vieux Testament, hac omnia infìgurit contingebantillis, il prend souvent occasion d’instruire les Juifs decette même vérité, en élevant leurs esprits jufqu’auCiel par des allégories, qui étoient cependant le véri-table sens de l’Ecriture dans le tems qu’il leur par-loir ; comme quand il leur dit, que leurs peres, quiont mangé la manne, n’ont pas laissé de mourir, par-ce qu’en effet ils moururent presque tous dans le Dé-sert: & ainsi ils ne jouirent point de cette Terre quileur avoir été promise ; que lui au contraire étoit levéritable pain du Ciel, qui renfermoit en soi la vieéternelle figurée par cette Terre de promiffion.

CHAPITRE X.

Des Fêtes des Juifs, & de leur conformité avec cel-les des Chrétiens.

C Omme la Religion Chrétienne ne différé pointen substance ae celle des Juifs, & qu’eUes ten-dent toutes deux à une même fin , on ne doit pointtrouver étrange , que les Chrétiens observent à leurmaniéré une partie des Fêtes des Juifs. J’ai dit à leurmaniéré, d’autant qu’ils n’observent rien de ce qui estpurement de Cérémonie. La Pâque des Chrétiens, parexemple, est bien differente de celle des Juifs, quin’en étoit que la figure. C’est ce que S. Paul fait con-noître aux Corinthiens, qu’il exhorte à célébrer laPâque (d) avec les pains fans levain de la vérité & de lasincérité ; & st leur represente en même tems, qu’ilsn’ont point d’autre Agneau Paschal que Jesus-Christ, Pafcha nostrum immolatus est Christus. Onchante de plus dans les Eglises la Hagada ou l’Histoi-re de cette Fête , & cela par rapport à la Hagada desJuifs. Et comme dans cette Histoire de la Pâque, ilsfont mention de la difference qu’il y a entre cettenuit, & les autres nuits de l’année, aussi les Chré-tiens dans leur Hagada ou Histoire de la Pâque,louentils cette même nuit,j dans laquelle J E s u s-C h r i s ta triomphé de la mort, hac nox est in qua destruélis vin-culis mortis ChrstuS ab Osiris n'Kor asiendit. Les Juifstémoignent dans leur Hagada, qu’ils ont été les Escla-

(a) 8. Matth. r6. a 8.

(è) 8 Jean 6. 3 y. ( c ) y er {. s0 .

(d) Epit. i. aux Corinth. cbap. f. V. 8.

ves de Pharaon dans l’Egypte, d’où le Seigneur leurDieU les à retirez cette nuit-là avec une main puissan-te i Cë qUe les Chrétiens témoignent aussi , en rendantgrâces à Dieu de ce qu’en cette même nuit,ils ont étérachetez du péché & de la tyrannie du Démon, dontPharaon étoit la figure. Enfin pour marquer en quoiconsiste précisément la Pâque de la Religion Chrétien-ne , ils ajoutent ces paroles, en faisant allusion â laPâque des suifs , hac funt Festa Pafchalia in quibus ve-rus ille Agnus occiditur , cujus Sanguine postes FìdeUumconfìcrantur.

Les Chrétiens observent de plus la Fête de la Pen-tecôte , mais d’une autre maniéré que les Juifs. Carce fut en ce jour-là que Dieu donna la Loi aux Israé-lites fur la montagne deSinaï qui devint toute en feu,à cause des éclairs & des tonnerres dont elle étoit en-vironnée ; & en ce même jour , les Apôtres reçûrentaussi la nouvelle Loi, étant remplis du S. Esprit quidescendit sur eux avec un grand bruit, comme il estmarqué dans 1* Histoire des Actes, (e) Lá Pentecôtedonc des Chrétiens a été principalement instituéepour honorer le jour que la nouvelle Loi fut impri-mée par le Saint Esprit dans le cœur des Apôtres, àlimitation de la même Loi qui avoit été donnée àMoïse à pareil jour en des tables de pierre.

Outre ces grandes Fêtés qui sont également ob-servées par les Juifs & par les Chrétiens, chacun lescélébrant à fa maniéré, comme nous avons remarquéci-dessus, le Samedi a été long-tems dans l’Eglise,principalement dans l’Eglise Orientale,un jour d’As-semblée aussi-bien que le Dimanche. C’est pourquoiles anciens Canons défendent de jeûner en ce jour-là,parce qu’on devoir témoigner de la réjouissance auxjours de Fête, & non pas de la tristesse. Les Chré-tiens cependant ne se sont jamais attachez aux Cérémo-nies purement Juives dans la célébration du Sabbat;hiais à la véritable raison de son institution, qui é-toit la création du monde; & ainsi comme cette rai-son ne regardoit point les vieilles Cérémonies de láLoi, ils crûrent n’être pas moins obligez que les Juised’avoir de la vénération pour ce jour-là , selon qu’i!est marqué dans l’ancien Livre des Constitutions at-tribué à S. Clement ; Célébrez, comme jours de Fêtes ,le Sabbat & le Dimanche , parce que le premier est con-sacré k la mémoire de la Création, & ìautre a la mémoi-re de la Refùrreélion.

II nous reste encore quelque vestige dans l’E-glise Latine, de cette ancienne cérémonie en l’O'ffi-ce du Samedi-Saint , & de la veille de la Pente-côte , qu’on peut appeller lés deux grands Same-dis de la Religion Chrétienne , comme les Juifs ap-pelloient le Samedi de la PâqUe , Sabbat gadol, legrand Samedi. L’Office so fait en ces deux joursdans nos Eglises de la même maniéré qu’il se saisoitautrefois dans tous les jours d’Assemblée. On y litquelque chose de la Loi & des Prophéties, à limita-tion de ce qui s’observe encore présentement dans lesSynagogues. On commence par exemple la lecturequi se fait le jour du Samedi-Saint par ces paroles dela Genese , In principio creavit Deus cœlum gr terram ,pour montrer qu’on célébré en ce jour la mémoirede la création. On lit ensuite l'endroit de l’Exode,ou il est parlé de la victoire que les Israélites rem-portèrent fur l’Armée de Pharaon, dans le passage dela Mer Rouge.

Je passe fous silence les autres endroits de l’Ecritu-re qu’on lit dans l’Office de ce jour-là , parce qu’iln’y a personne qui ne puisse consulter cet Office. Cequi mérité le plus d’être remarqué, c’est l’applicationque l’Eglise en fait en s’appropriant cette lecture,comme si tout ce qui s’est passé dans le Vjeux Te-stament

(*) Act, chap. %.