CEREMONIES DES JUIFS. ft
qui est de leurs Rituels, on ne pouvoit paS les garder,puisque les Cérémonies de la Loi ne dévoient plus sub-sister en leur entier après la venue du Messie. On ena seulement réservé ce qui pouvoit s’accommoder auxusages de la nouvelle Loi.
stament n’eût été que la figure des mystères qui sesont accomplis dans le nouveau. Dans T Oraisonqu’elle ajoute aux paroles de ía Cenese ou il est parléde la création du Monde, elle. fait mention de la 2.création de V homme , c’est-à-dire de sa rédemption.
O Dieu , dit elle , qui avez, fait paroître vôtre puissanceen créant l'homme , s qui t avez, fait encore plus paraîtreen le rachetant : Deus qui mirabiliter creafti hominem &mirabilius redemifli. Dans l’autre Oraison qu’este ajou-te aux paroles de l’Exode , où il est parlé du passagede la Mer Rouge, este joint aufíi la vérité avec la fi-gstte, comme dans la premiere Oraison , en suppliant.Dieu que comme il a délivré le peuple Hebreu de lacaptivité qu’il souffroit en Egypte , il lui plaise ausside sauver toutes les Nations par les eaux du Bap-tême.
On pourra remarquer aisément les memes chosesdans l’Offîce du Samedi qui precede le jour de laPentecôte ; on y fait la lecture de la Loi & des Pro-phéties , de la même maniéré que le Samedi Saint ; &par ce que les Juifs avoient reçu la Loi ce jour-là, (a)on lit les paroles de l’Exode où il est parlé de la ma-niéré que Dieu donna cette Loi fur la montagne de
chapitre XI.
u état des Juifs âpres la destmBm de Jérusalem*
& sur quoi ils fi reglerent dans les matièresde Religion. Du Talmud , & à lamaniéré dont il a été compose.
I L semble que la Religion des Juifs ne-devoit pìusdemeurer en son entier après la destruction de Jé-rusalem, où étoit le lieu du Sanhédrin ou grand Con-sistoire , aux décisions duquel tous les Juifs étoientobligez de se soumettre. C est pourquoi les Rabbinsse sont principalement appliquez dans leurs Histoiresà montrer, que nonobstant l’état pitoyable où leurNation s’est trouvée réduite par tant d’exils en disse-rens Royaumes, ils n’ont point pour cela perdu leursSinaï. Il est vrai que dans la fuite des tems il est arri- j Traditions, parce qu'ils supposent de certaines Ecoles
t - , 1 -- - -r:—vn.a: ou Académies célébrés, dans lesquelles on a toujours
enseigné ces Traditions. Quoiqu’ils n’eussent plusde Consistoires infaillibles, ils n’ont pas laissé , disent
vé beaucoup de changement à l’Office Ecclésiasti-que , & qu’il n’y a pas même eu dans les commence-mens cette grande uniformité que nous y voyons au-jourd’hui; mais cela n’empêche point qu’en généralon ne soit toujours convenu dans toute l’Egliso, defaire aux jours des Ail emblées la lecture de la Loi &des Heaumes, & même des Prophéties, & de quel-ques autres Livres du Vieux Testament, selon la di-versité des Fêtes ; à quoi l’on a ajouté dans la fuite lalecture de l’Evangile, & des Epîtres de S. Paul.
S’il y 3 eu quelque diversité, elle n’a pas été con'»íiderable, & les usages des Synagogues ne sont pasmoins differens, selon les disserens Pais, que le font lesdisserens usages de l’Office Ecclésiastique. L’Eglise &la Synagogue sont d’accorden ce qu'ils ont des prièresordinaires, & des prières pour tous les jours que nousappelions aujourd’hui jours de Ferie, & qu’ils en ont ou-tre cela de singulières qui sont appropriées aux jours deFêtes» La Synagogue a à la vérité cet avantage pardessus l'Eglise, qu’elle est la plus ancienne & la pre-mière à qui Dieu ait communiqué fa parole, (b) fllìs,dit S. Paul en parlant des Juifs , crédita fimt eloquiaDel- Mais cet avantage est de nulle considération,puisque V ancienne Loi attendoit sa perfection du Mes-sie qui la devoir renouvelles , & en ôter toutes lesimperfections. On ne dira pas, par exemple, que lespremiers crayons, qu’on donne à un tableau, soientplus parfaits que les derniers qui achevent le mêmetableau. II en est de même de la Loi à l’égard del’Evangile ; elle n’est véritablement qu’un crayon, &
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a été toujours dans cet état, jufqu’à ce qu’enfinnôtre Seigneur soit venu perfectionner cet Ouvra-ge qui étoit demeuré imparfait, (c) Finis enim LerísChrìjlus.
. D’où l’on peut connoître aisément les raisons pour-ctttoi les Chrétiens ont retenu une partie des Fêtes,qui sembloient être propres à la Religion Juive; &pourquoi ils font encore aujourd’hui dans leur Officequelque mémoire de ces anciennes Fêtes. S’il est vraist ue J F, Su . s -Christ ne soit pas venu au mondepour detiuirel'ancienng Loi, (d) mais pour l’accom-phr, ainsi qu il l e témoigne lui-même ; il étoit abso-lument neceilaire de conserver de cette Loi tout cequi n etoit point purement de cérémonies. C’est kraison pourquoi nous avons gardé les Livres du VieuxTestament, & qu’on en fait la lecture dans nos Egli-auffi-bien que dans les Synagogues : & pour ce
(a) Exod. 19. (b) Epit. aux Rom. ch. 3.
(r) Rom. to, 4. (d) Matth. 9.
ses,
ils, d’avoir toujours des personnes qui ont pris la qua-lité d eJVafii, ou Chef du Sanhédrin, & même enco-re aujourd’hui quelques-uns se l’attribuent seulementpar honneur. Il est parlé dans le Talmud de deuxChefs de la Tribu de Juda , dont l’un étoit dans kPalestine , & l’autre dans le territoire de Babylone*.
Les Juifs même font les généalogies de ces deuxChefs, & plusieurs d’entr’eux prétendent que le Mes-sie qu’ils attendent viendra d’un de ces Chefs imagi-naires, qui est celui de Babylone.
Comme ces Chefs commandoient à tous les Juifsdans leur exil , & qu’il y avoir en ces endroits decélébrés Ecoles, les mêmes Juifs, qui ne pouvoientplus consulter l’Oracle du Sanhédrin, eurent de touscotez recours à ces deux Ecoles, qui subsistèrent se-lon eux, jusqu’à l’année 1040. & quoique leurs dé-cisions ne fussent pas de la même autorité que les ju-gemens du grand Consistoire, elles avoient néanmoinsun grand poids parmi tous les Juifs, qui se distinguè-rent en Orientaux & en Occidentaux» On appelloitOrientaux ceux qui suivoient les décisions de l’Ecolede Babylone , & Occidentaux ceux qui dépendoientde l’Ècole établie dans la Palestine.
Les Juifs gardèrent donc autant qu’il leur fut pos-sible, après même la destruction de Jérusalem, la mê-me discipline qu’auparavant : & parce qu’ils étoientrépandus en plusieurs Pais, ils établirent fur eux dif-ferens Chefs qui les gouvernoient dans leur exil, &qu’ils apjpellerent pour cette raison Chefs ou Princesdes exiles. II est fait mention de ces Chefs dans lesLoix des Empereurs sous le nom de Patriarches. IBenvoyoient des Commissaires appeliez Selihim ouApôtres , dans toute l’étendue de leur Jurisdicti° n -Ils avoient aussi avec eux des Prêtres ou Anciens pourjuger les differens qui furvenoient en fait deRe% ion *Les Empereurs fouffroient ces sortes de Tribunauxparmi les Juifs, & honoraient même leurs Patriarches& leurs Ministres de plusieurs privilèges ; biais commece gouvernement Juif dans les Etats de ces Princespouvoit avoir de fâcheuses fuites, on trouva a proposde le supprimer entièrement. Ils ne laissent pourtantpas d’avoir encore aujourd’hui en plusieurs endroitsquelques Chefs ou Supérieurs de leur Police. Maisils n’osent pas se faire connoître ni punir les rebelles ,de peur que cela ne vienne à la connoissance des Prin-ces auxqueís ils sont obligez d obéir.
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