CEREMONIES î>
rctcr aux queftions & aux disputes inutiles.
, Les Docteurs Juifs qui suivirent après R. Isaac ÀÌ-fes prirent la qualité de Rabbanìm , entre lesquels R.
Salohaon tfaaki de Tròyes en Champagne fut le plusconsidéré pour la science du Talmud : aussi les Juifspreferent-ils ses Commentaires for ce Livre à tous lesáutres ; & ils lui donnent polar cette raison le nom deChef des Interprètes. C’est ce même R. Salomon quèles nôtres appellent ordinairement Jarhi , & qui est legrand Auteur de Délira. IÌ feroit inutile de parlerici de plusieurs autres Rabbins, qui ont fait des Com-mentaires for le Talmud» ou qui font réduit en abrè-ge ; ceux qui voudront Rappliquer à cette étude, doi-vent choisir par dessus tous les autres Texceìlent Abré-gé que R. Moïse fils de Maimon en a composé d'unstile pur & facile à entendre. Oh pourra joindre àcet Auteur un autre R. Moïse surnommé de Cotsidu nom de sa ville , qui a expliqué dans un Ouvrageparticulier tout ce qui regarde les 61 5 . Préceptes oùCommandemens des Juifs. Mais c’est assez parié duTalmúd & des Rabbins quî font interprété. II estrems que nous ajoutions quelques reflexiorls for cesujet.
Óh ne peut nier que les Traditions Hui fe trouventaujourd’hui dans le Talmud , au moins une bonnepartie» ne soient fort anciennes; puisque les premiersPeres de f Eglise n’en ont pas feulement fait mentioneh général sous le nom de T)eut ct ose s , qui est la memechoie que les AfiJnajot ; mais ils en ont meme rappor-té qlaelques-unes de la même maniéré qu*on les lit en-core présentement dans les Livres des Juifs. II si’y aqu’à consulter pour cela les Ouvrages d’Origene, deS. Épiphane, de S. Jerôme, & sor tout de ce der- 'nier,qui en produit lin assez grand nombre, principa-lement dans ses Commentaires for les Prophètes, ily a de f apparence que les Juifs ont inventé là plu-part de ces Traditions, lorsqu*ils n’ont plus eu d’O-racle arrêté pour consulter , & que qtielque tems a-près leur retour de Babylone à Jérusalem, leurs Do-cteurs voulurent se rendre recommatìdables par leursnouvelles expositions de la Loi.
Ces nouvelles expositions les partagèrent en diffé-rentes Sectes, qui prirent ensuite plaisir à s’éloignerles unes des autres le plus qu’il leur fut possible, ainsiqu il arrive d’ordinaire en ces fortes d’occafions. LesPharisiens, qui conservèrent là Loi avec les Traditionsde leurs Peres, en augmenterent le nombre , afin des opposer plus fortement aux sentimens des Saducéens,qui au contraire n’en vouloient souffrir aucunes. Cesdeux Sectes ne purent garder le milieu , qui étoit deretenir de leurs Traditions précisément ce qui étoitnécessaire, pour interpréter les passages obscurs de laLoi, & pour maintenir la discipline & lé bon ordredans leur Etat. Ce fut la raison qui obligea nôtre Sei-gneur d’attaquer non seulement les Saducéens qui dé-truisoient la meilleure partie de la Religion Juiveen rejettant toutes les Traditions, mais aussi lesPharisiens, qui avoient rendu ridicule la Religionde leurs Peres , en multipliant ces mêmes Tradi-tions par des fobtilitez trop éloignées du Textelà Loi.
Voila à mon avis l’origirte de toutes ces sables » &de ces vaines allégories qui fe trouvent aujourd’hui
cf 1 à Talmud. Les Pharisiens ayant été
enhn la pecte dominante parmi les Juifs dans le temsde leur dispersion, les Patriarches & les Chefs des E-c °les les plus considérables, répandirent cette doctri-ne dans toutes les terres où il y avoir deS juifs. Î 1n’y eut qu’un petit nombre de Docteurs qui sirentschisme, & qui s opposèrent avec opiniâtreté à cegrand nombre de traditions; ne pouvant souffrir qu’u-he infinité de rêveries allassent de pair avec le Textede la Loi-C’est pourquoi on leur donna le nom de
e§ juiís. n
Carattes » c’est-à-dire gens attacheZ àu Texte de 1 E-críture, bien qu’en effet ils ne rejetassent que lesTraditions qu’ils crûrent être mal fondées ; & ils li-sent encore aujourd’hui les Livrés du Talmud, au-quel ils fe conforment dans 1a plupart des choses quiappartiennent â la discipline.
Quoi que les Juifs prétendent , que fans le mal-heur des tems leurs Traditions n’euffent jamais étémisos par écrit » il étoit néanmoins difficile de ne lepoint faire dans un âuffi grand nombre qu ils en a-voient. Us n’ont pas eu même le foin de recueil-lir les principales qui ont été perdues, & entr autrescelles qui áppartiehnent à leurs sacrifices. Ils igno-rent de plus les noms d’une bonhe partie dés animauxque la Loi leur défend de manger, & avec tout celails osent se vanter aujourd’hui, qu’ils oht conservela Loi de Moïse dàns íà pureté » avec f explicationqu*il reçût de Dieu sor la montagne de Sihaï.
Mais si son examine avec tant soit peu d’appli-cation tous ces différeras Recueils, que les Juifs ontfaits de leurs Constitutions en différeras tems, on n’ytrouvera rien d’extraordinaùe, & qui ne fe rencontredans les autres Religions, qui oht leurs cérémonies, &en d’autres Livres ou leur discipline est renfermée; fansqu’il soit besoin pour cela d’avoir recours à Dieu tom-me s’il en étoit f Auteur. Il y a donc de l’apparence,que ces Recueils ont été faits par les Chefs de leursplus célébrés Ecoles, & qu’ils ont ensuite été répan-dus dans toute 1a Nation , à cáusc de lá commoditéqu’on en receVoit. Les Docteurs ont feint ensuite,pour leur donner dàvàntage d’autòrité, que les déci-sions qui étoient renfermées dans ces Livres avoientété données à Moïse avec le Texte de la Loi ; inaisils font venir tant de rêveries & de fobtilitez ridiculesdejla montagne de Sinaï, que cela seul suffit pour ne pasajòûter foi aux choses mêmes qui pourroient avoirquelque vrai-femblance.
Outre les Constitutions qui sont comprises dáíis ïëTalmúd, & auxquelles tous les Juifs font obligez defe soûmettrê , ils ont de certains usages qui différentselon les différeras lieux ou ils se trouvent. Ils nom-ment ces usages locaux Áíinhagim , coutumes ; & pourles mieux reteftir, ils en ont auffi composé des Livresparticuliers. On les peút même remarquer , en lisantleurs Livres de prières où il y a quelque diversité,soit pour l’ordre , soit pour les choses mêmes. LesRabins oht auffi écrit dé certains D'mim, ou jugemens ,qu’on peut réduire aux coutumes, parce qúe les Juifsvarient en cela, & que ces Dinim he cohtienneht quedes raisons probables, pourquoi on doit faire une Cé-rémonie plûtôt d’une maniéré que de T autre.
CHAPITRÉ Xllt
Des Livres quì Jònt à l’usage des Synagogues 3 & de Uprincipale étude des Juifs .
h* l^f OuS avons déja remarqué cí-dessus en parlant desde JJN prières des Juifs, qu’ils ont des Livres de dif-férentes maniérés, ou toutes ces prières sont recueil-lies. Chaque Nation fuit en cela fes usages particu-liers , qui n’empêchent pourtant point qu’ils ne con-viennent dans ce qúi appartient au corps des prièresen général. Outre ces Livres de prières qn ils nom-ment Seder tepkillot , ou Ordre de prières » ils en ontun autre appellé Mahazœr, qui ne contient pas seule-ment leur Office de toute Tannée * tnàis encore desVers ou Cantiques, qui fe chantent datas les Syna-gogues en de certains jours de Sabbat, 8c en d’au-tres Fêtesí & ces Vers sont fort difficiles à entendre,à càufe dû style qui est coupe & embarrassé. Je neparlerai point ici du S fer Dora , ou Livré de la Loi ,ì " H; dont