cérémonie
re, iì est évident que le* Livres qui traiteht purementdu Judaifme, ne peuvent pas être d’une gràhde utili-té aux Chrétiens. A quoi bon pâr exemple íçàvoir lamaniéré dont un Juif doit dresser fa Tente ou fá Cabane,pour célébrer la Fête des T entes ou des Tabernacles ? IÌsuffit qu’on fçache en quoi consiste cette Fête, &c la rai-son de son institution : ce qu’on pourra apprendreaisément dans le Texte de la Bible, ou dans les Com»inentaires, s’il y a quelque chose qui ait besoin d’êtreéclairci. II en est de même de toutes les autres Fêtestks Juifs, fur lesquelles les Rabbins ont rafiné d’unemaniéré tout-à-íait extraordinaire. Et comme là plusgrande partie de laMifna, & de la Guemara, ne contientpresque autre chose que ces fortes de subtiliteZ, cesLivres ne peuvent être gueres utiles aux Chrétiens,excepté de certains Traitez où. l’on trouve quel»ques Cérémonies à des usages qui ont rapport avec lesnôtres, & d‘où l’on peut tirer quelque lumière pourl’explication de certains passages du Nouveau Testa-ment. Je voudrois même me contenter de l’Abrégédu Taímud composé par R. Moïse , sans consulterni la Misna ; ni le Talmud, qùe nous devons laisseraux Juifs, à moins qu’on ne les lise pour rendre lësJuifs ridicules, & les convaincre par là de l’enteste-rnentoù ils font, à P égard des Traditions de leurs stè-res. 11 ffiffit même pour cela de lire l’Ouvrage de R.Moïse , qui n’est pas entièrement exempt de toutes
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Moise siir cette matière, & entré autres Doíi IíâacÀbrabánel, dont nous avons déja parlé , & R- Has-dàj. Iì faut fur tout examines avec foin les raisonsqu’ils apportent pour monstres que Dieu n’étànt pointsujet áu changement, là Loi qu’il a une fois don-née ne doit aussi recevoir aucun changement : car ilsprétendent faire voir par là que les Chrétiens n’ontpoint dû abolir entieremetit les Cérémonies de là Loide Moïse. Mais les objections qu’ils sc proposent àeúx-mêmes fur cette matière, & qu ils ne peuventretondre, font des preuves évidentes de la fausseté deleur principe. De plus il scroit à propos de lire là-deííus quelques autres Rabbins, qui ont écrit for lesprincipes de la Religion Juive avant R. Moïse &entre autres le Livre de Saadias Gaon qui a pour titreSepher emmoth , ou Livre de la Créance. Car bien quecet Ouvrage ait été composé dans un tems où lesJuifs étoient plus appliquez aux rêveries du Talmùd.qu’à f éclaircissement de leur Théologie , & que cetAuteur soit peu exact , on ne laisse pas de connoître»en conférant ses sentimehs avec ceux de R. Mo'ise,que la Théologie de ces Gueonìm , Ou Excellens » nes’accordoit pas tout-à-fait avec celle des Juifs d’au-jourd’hui. Ces Théologiens Juifs ne traittent pás sou»lement de ce qui regarde leur Doctrine; mais ils entre»prennent outre cela quelquefois de réfuter la créance
ces rêveries, quoi que quelques-uns ayent assure qu’ilétoit le seul d’entre les Juifs, qui n’eût point écrit derêveries, joins inter Judœos nefcit delirare R. Aíotjis. Ilest vrai qu’il y en a moins qUe dans les autres Rab-bins ; mais on ne peut pas dire qu’il en soit tout-à-fait exempt. Autrement il ne scroit pas bon Juif. Ontrouvera à la vérité un grand nombre de passages del’Ecriture expliquez par les anciens Docteurs Juifsdans le Talmud ; mais iì y en a très-peu qui soientinterprétez à la lettre. Chaque Docteur prend plaisir àfaire parbître la subtilité de son esprit par des allego-ries, & par des allusions puériles, qui ne conviennentnullement à leur sujet. S’ils approchent quelquefoisdu sens littéral, cela fe fait d’une manière Juive » &par rapport à leurs Cérémonies, de sorte que ces Li-vres ne peuvent être utiles qu’aux Juifs pour l’expli-cation de l’Ecriture , ou plutôt pour les rendre opi-niâtres dans les préjugez de leur Religion.
Ils ont d’autres Livres, d’où les chrétiens peuventtirer de grands secours pour l’explication du VieuxTestament. Comme sont tous les Commentaires qu’ilsont composez à la lettre sur la Bible , & qui sont enaísez petit nombre. Car la plupart, sur tout les an-ciens, ont mieux aimé s’attacher au sens allégorique,qu’à expliquer leur Texte ; & ainsi ces Commentai-res célèbres, qu’on nomme Zohar , & pour lesquelsles Juifs ont tant dé vénération , les Medrafcim » &les autres Commentaires allégoriques, ne peuvent êtregueres utiles qu’à des Juifs. Le recueil des Rabinsqu’on a mis dans la grande Bible de Venise, dont il ya eu plusieurs Editions, & ensuite dans celle de Ba-se , peUt beaucoup servir pour entendre le sens litté-ral, auxquels ort ajoutera les Commentaires de DonIsaac Abrabanel sur la meilleure partie de l’Ecriture.Je pourrois marquer encore d’autres Auteurs Juifs,qui ont: interprété assez littéralement le Texte duVieux Testament; mais ce dernier Interprète les ren-ferme presque tous.
Pour ce qui est de leur Théologie, on ne doit lireà mon âvis que les Ouvrages de ceux qui ont éclair-ci les principaux Articles de leur Religion ; & pourfaire le choix dans un grand nombre de ces fortes deLivres qui se trouvent parmi eux, je donnerai la pre-science au Sepher ikfaritn , ou Livre des fondement deJoseph Albo juif Espagnol, en y joignant quelquesautres Rabbins, qui ont examiné les principes de R.
des Chrétiens ; & ainsi leurs Livres peuvent nousdonner quelques éclaircissemens for les matières décontroverses qui ont été traînées plúS à fond & plusen particulier par R. Lipman dans un Ouvrage qu’ila publié sous le titre de Sepher nitfahon , Livré de UtVictoire.
Je ne m’arrêíe point ici à marquer les meilleurs Li-vres de ceux qui ont traitté de la Théologie selon lesprincipes de la Cabbale , pátce qu’il n’y en a pas unde bon sens. Cependant il n’est pas croyable com-bien il y a de Juifs, fur tout dans le Levant, quiRappliquent à la Cabbale spéculative. Ce qui paroîtde plus raisonnable dans cette Science * ce sont quel-ques explications des attributs ou proprietez de Dieu,par exemple, de son Unité & de son Eternité : maisils n’avancerit rien de bon fur ce sujet, qui n’ait étépris de la Philosophie Platonicienne, à laquelle ilsont ajouté d'autres raffinemens, pour accommoder lesprincipes de cette Philosophie avec leur Loi. Ils re-gardent comme le fond de cette Théologie un fortpetit Livre , qui a pour titre Sepher Jetsira , Livre de ■la Création , que quelques-uns d’entre eux ont at-tribué au Patriarche Abraham» comme s’il contenoittoute la Théologie des Anciens Patriarches, bienqu’en effet il n’y ait rien de solide. Mais les Juifsqui ont depuis travaillé fur cé fond , soit en compo-sant des Cóíiunentaires fur ce petit Ouvrage , ou enpubliant des Livres entiers de la Théologie Cabba-listique, ont relevé merveilleusement les secrets admi-rables de cette Science Divine, jufques-là qu’il s’esttrouvé des Chrétiens, & qu’il y en a même encoreaujourd’hui, qui ajoutent foi à tous les prétendus Mv-*stères de la Cabbale des Juifs. Dans le Catalogue desLivres Juifs qui appartenoient à Jean Pic Comte de UMirandòle, on voit un grand nombre de ces fortes deLivres : & je ne doute point que les Juifs qui n’a-voient pas tant dessein d’enrichir la Bibliothèque dece jeune Seigneur, que de s’enrichir eux-mêmes, nelui en ayent supposé qUelques-uns. Au reste ceux quiauront du tems à perdre, & qui voudront s’instrui-re des principes de cette Science, n ont qu a consul»ter l’Ouvrage de R. Moïse Cordovero qui les a ré-duits ert abrégé fous le titre de P ardes r'monim , Jardindes Grenades. Si l’on n’est pas content de cet Abrégé, &qu’on souhaite apprendre à fond cette science » onpeut lire les Livres qui suivent, seavoir Mappetah^Hakfeabalety la Clef de la Cabbale , Sud Sttdot } le Secret