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[Volume I.]
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5 6 II. DISSERTAT

des Secrets, Sepher Bahir, le Livre Illustre, Scpher Hap-pelia, 1e Livre des Merveilles. Je ne dirai rien de laCâbbale Prattique , qui ne contient que des menson-ges, bien que ceux qui font profession de cet arttémoignent hardiment qti’ils en ont reconnu la véri-té par quantité d’expériences, prenant plaisir à trom-per ceux qui veulent les croire fur lelir parole. Nousrapporterons à cette Cabbale Pratique les Livres qu’ilsont composez touchant les Influences des Astres, sui-de certaines figures, d’où font venus leurs Talismans,la vertu de leurs caractères, & plusieurs autres chosessemblables, qui n’ont point d’autre fondement qUe lasuperstition des Docteurs Cabbalistes qui- Rappliquentà la Geomancie , à la Chiromancie & à la Metopof-copie.

Les Juifs ont auffi une infinité de Livres de Phi-losophie, ayant traduit en Hebreu de Rabbin tous lesOuvrages d’Aristote , & les Commentaires d’Aver-roes, & de plusieurs autres Auteurs Arabes fur cePhilosophe. On trouve même parmi eux quelquesAuteurs qui ont composé des Livres de Logique, dePhysique & de‘Métaphysique ; mais ils ont suivi en-tièrement les principes & la méthode d’Aristote , ouplutôt des Philosophes Arabes qui ont écrit fur Ari-stote. Et ainsi leurs Livres de Philosophie ne peu-vent être utiles qn’à ceux de leur Nation, si ce h’estqu’on peut recouvrer par leur moyen quelques Ecri-vains Arabes, dont les Ouvrages font devenus rares,& qu’il est aisé de trouver parmi les Juifs qui les onttraduits. Les Livres mêmes d’Averroes qui font im-primez, ont été traduits fur PHebreu des Rabbins, &non pas fur l'Arabe. Ils ont de plus quelques Ou-vrages fous le nom d’Aristote que nous n’avons pointen Grec; mais ces Ouvrages ont été apparemment sup-posez par les Arabes, & ensuite traduits par les Rab-bins. Les Juifs d’Italie ont auflì traduit fur le Latinquelques Livres de ce Philosophe ; mais je necroipasqu’on doive consulter ces Traductions pour appren-dre la Philosophie d’Aristote, que nous pouvonslire en Grec, ou au moins en Latin , en ayant desTraductions beaucoup plus exactes que celles desRabbins.

II y auróit dequoi faire une Bibliothèque entièredes Auteurs Juifs qui ont écrit fur lés Mathémati-ques & fur la Medecine ; mais la plupart de leursOuvrages ne sont que des Traductions assez libres desLivres Arabes. Ils ont par exemple , à l'égard desMathématiciens, l’Almageste de Ptolemée , & l’abre-gé de cet Almageste traduits dé l’Arabe. On trouvede plus en Hebreu de Rabbin les Ouvrages d’Al-phragan & plusieurs autres de cette nature. Ils nefont pas pourtant simples Traducteurs, ayant aufficomposé à l’imitation des Grecs & des Arabes desLivres d’Arithmétique , de Géométrie , d’Astrono-mie & d’Astrologie. Le seul Aben-Esta, qui est un. des plus fçavans Interprètes de l’Ecriture , a écrit furtoutes les parties des Mathématiques, & a même faitun Traîtté fur l’Astrolabe, qui a pour titre Sephersîfh'olab le _/py e n Ejra. R. Mardochai-ben Com-tino , qui a écrit fur la même matière , a nomméson Livre Sepher tilfon celi hannechofit , c’est-à-dire,de ld composition de l'inflrument d.'airain. Ce Rab-bin a auffi écrit des Livres de Géométrie & d’Astro-nomie.

Comme il y a deja long-tems que les Juifs suiventla méthode des Mathématiciens pour leur Calendrier,& qu’ils ne comptent plus le premier de la Lune dujour de la Phase, ou qu’elle commence à paraître, ilsont été obligez d’avoir recours aux Tables Astrono-miques pour regler leurs Fêtes. On peut lire là-def-sus le Livre de R. Isaac ben Joseph , qui a pour ti-tre Jejud olam , l e fondement du monde , & les TablesAsti cnomiques d’Emanuel ben Jacob baal haccena-

ÎON SUR LES

phaim ; à quoi on pourra ajouter le Calendrier désHébreux que Munster a fait imprimer.

Pour ce qui regarde les Livrés de Medecine , quisont auffi en grand nombre parmi les Juifs, on neles doit considérer la plupart que comme des Tradu-ctions qu’ils ont faites des Auteurs Arabes, & mêmede quelques Auteurs Chrétiens. Ils ont pris par exem-ple des Arabes, les Ouvrages d’Hippocrate & de Gâ-lien : & outre cela ils ont traduit en Hebreu de Rab-bin presque tous les Livres de Medecine, écrits enArabe ; dûnt il y a néanmoins très-peu d’imprimez,& qui sont plus rares en langage Arabe qu’en cet He-breu des Rabbins. Ils ont auffi traduit en cette mê-me Langue les Ouvrages de Medecine composez patnos Docteurs, dont ils font quelquefois mention,furtout de ceux de Monpellier.

Il y a eu même des Juifs qui ont eu une connoissfance assez exacte de la Langue Grecque, & de kLangue Arabe pour traduire les Aphorifmes d’Hipo-crate, avec l’Explication de Galien , de Grec en A-rabe : Au moins attribuë-t-on à un certain R. Hananben Isaac cette Traduction dé Grec en Arabe, queR. Nathan traduisit ensuite de l’Arabe en Hebreu deRabbin, en y ajoutant des Notes. Enfin je ne par-lerai point ici de plusieurs Ouvrages de Chirurgiequi sont auffi parmi eux & de quantité de Li-vres qui traittent des simples ; n’y ayant pas d’appa-rence que les nôtres les veuillent consulter sur cettematière.

CHAPITRE XV.

Jugement de quelques autres Livres écrits en Hé*breu de Rabbin.

L A Rhétorique & la Poésie n’ont été gueres culti-vées par les Rabbins : auffi ont ils peu d’Ora-teurs & de Poètes, parce que cette Langue, qu’onappelle Hebreu des Rabbins, est fort stérile. C’estpourquoi leurs Prédicateurs n’étudient point l’art debien parler. Ils Rappliquent pour l’ordinaire à la Mo-rale , qu’ils traittent néanmoins d’une autre maniéréque nous, parce qu’ils y joignent ce grand nombrede Commandemens, auxquels ils croyent être obli-gez ; d’où procede ensuite une infinité de cas, dontils apportent la décision avec toute la subtilité possi-ble. Comme ils deferent entièrement à l’autorité déleurs Peres, ils consultent leur Talmud sur toutes cesdifsicultez, & le plus souvent les Auteurs qui ontécrit des Livres, fous le titre de Sccelot vetefchuvot , Que-stions & Réponses , où ils trouvent plus facilement lesrésolutions de leurs cas.

Pour ce qui est de leurs Poètes, on fçait que kPoésie n’est pas fort ancienne parmi les Juifs , aumoins de la manière qu’elle y est aujourd’hui, &qu’ils Pont réduite en art depuis quelques siécles, àl’imitation des Arabes. J’ai lû autrefois un Abrégéde toute la Philosophie composé en ces sortes de Verspar R. Abraham ben Mesuílam. Ils ont auffi plu-sieurs Cantiques en l’honneur de quelques-unes deleurs Fêtes, dans leurs Livres d’Office appeliez Ma-haurr, comme on l’a déja remarqué ailleurs. La plu-part même des Juifs mettent des Vers au commence-ment de leurs Ouvrages ; & il y en a de plus qui fontdes discours entiers en Vers. Mais on ne peut paspour cela les appeller Poètes, bien qu’ils fassent desVers. II n’y a cependant point de Nation qui ait tantécrit de Fables que les Juifs, & qui ait plus aimé lesfictions dans les tems où il n’y avoir aucuns Poètesparmi eux.

Ils ont des Historiens & des Chronologistes ; maisen très-petit nombre, & peu exacts dans les affaires

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