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[Volume I.]
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C E RE MONIES

qui les regardent ; c’est pourquoi ils font encore bienmoins exacts , lorsqu ils rapportent les Histoires desautres Nations dont ils ont copiç les Livrés fans au-cun discernement,, & ils ne font pas même fidelesdans leurs Traductions» Combien de Fables, parexemple, trouve-t-orì dans le Livre de Josippus, ouBen-Gorion, qui a été pourtant pris du véritable Jo-seph? c’est assez qu’un Juif se mêle d’écrire une Hi-stoire , pour la croire remplie de fausses suppositions.Quand je parle de l’Ouvrage Historique de Ben-Go-non ou du faux Joseph, je ne prétens pas compren-dre fous ce nom un petit Abrégé qui en a été publiépar Munster , ni même une autre Edition beaucoupplus étendue qu’il a donnée avec la Version Latine;niais l’Edition de Constantinople, que le même Mun-ster n’a point fait imprimer entière , y ayant plu-sieurs choses qui manquent dans son Edition au com-mencement & à la fin, & même dans tout le corps del’Ouvrage.

Leurs Livres de Chronologie qui sont imprimezfous le titre de Seder olam rabba , grande Chronologie ,Scdcr olam z,ut a , abrégé de Chronologie , contiennenttrès-peu de choses, auffi-bien que leur Sepher Hakkaba-la, Livre de la Tradition qui est une de leurs plus an-ciennes Histoires. R. Ghedalias a rempli d’une in-finité de rêveries & de Fables l’Histoire Chronolo-gique qu’il a composée sous le titre de Scalfcelet hak-kabala , chaîne de la Tradition ; parce qu en effet le prin-cipal deílein des Juifs dans leurs Histoires est de faireconnoître la succession de leurs Docteurs & de leursTcoles pour combattre plus fortement la Doctrine desJuifs Caraïtes qui refusent de se soumettre à un aussi

DES JUIF 8. ST

lis Pont cependant negligée pendant long-teins,ne s’y étaiit appliquez que vers lë neuvième sieclë al’occasion des Grammairiens Arabes dont ils suivirentbien-tôt P exemple. lis les surpassèrent même enpeu de tems par les subtilitez qu’ils inventèrent dansp Art de la Grammaire. Mais à dire le vrai on pour-roit se passer aisément d’une bonne partie des réglésque les Grammairiens Juifs, fur tout les derniers,ont mises dans leurs Livres. , > _

Leurs plus célébrés Grammairiens íont R. Juda 5 R>Jona, R. Aben Esta , Moïse. & David Kimhi : lesdeux premiers ont écrit en Arabe ; & leurs Ouvragesont été ensuite traduits en Hébreu dc Rabin; mais jene c roi pas qu’ils ayent été jamais imprimez» On esti-me les Ouvrages de Grammaire qui ont ete compo-sez par Aben Esta sçavant Juif Espagnol, & on lestrouve tous imprimez à Venise dans un Recueil deplusieurs Grammairiens. Cependant on s’est presqueattaché uniquement à la Grammaire de R. DavidKimhi, parce qu’elle est plus méthodique , & qu’ilécrit avec plus de netteté que tous les autres Juifs*C’est auffi pour cette raison qu’on a préféré son Di-ctionnaire Hebreu à tous les autres, & qu’il est pres-que le seul qu’on consulte. Néanmoins ceux quivoudront fçavoir plus à fonds la langue Hébraïque»doivent lire tous les Ouvrages de Grammaire de R„Elias Levita , qui sont remplis d’un grand nombre deréflexions utiles & sérieuses ; & qui sont même abso-lument nécessaires pour P intelligence du Textesacré.

Je ne parlerai point ici de PHebreU des Rabbins;'c’est-à-dire, de la langue; dans laquelle les Juifs écri-

grand nombre de Traditions qu’il y en a parmi les vent depuis plusieurs siécles , parce qu’il n’y en aJuifs, & qui paraissent si peu sondées. R. David point de Grammaire, & que même cette langue estGanz n’a point aussi eu d’autres raisons que celle-là j différente selon les differens Ecrivains. Le fonds ded’écrire une Chronologie entière , & qui vient jus- ; l’Hebreu de Rabbin a été pris à la vérité de l’Hebreuqu’à nôtre tems , bien que dans la seconde Partie il , de la Bible, que chacun a imité le mieux qu’il lui as’étende davantage fur la Chronologie des autres Na- , été possible ; mais les Espagnols y ont mêlé des motsrions. Mais outre que tous les Juifs en général sont j Espagnols; les François des mots François , & toutesìgnorans dans nos Histoires, ils se trompent le plus j les autres Nations de 1 a même manière. Il suffit néan-souvent quand ils traduisent nos Auteurs ; & ainsi il moins d’entendre parfaitement l’Hebreu de la Bibleest inutile de consulter leurs Livres pour des faits que ! pour entrer dans la lecture des meilleurs Rabbins quinous pouvons bien mieux apprendre ailleurs. Le Li- j ont fait des Commentaires à la lettre fur PEcriture;vre qu’on appelle JuhaJìn , c’est-à-dire des Familles ,1 car ils n’ont qu’un fort petit nombre dè termes parti-autre chose qu’un Recueil de differens Auteurs; j culiers que l’usage apprend en peu de tems ; outrey a peu de bons Actes dans ce Recueil, qu’il y a plusieurs Dictionnaires ou l’on trouvera

les Juifs n’ayant pas assez de capacité pour en faire le " '' ‘

n’estmais il

choix.

Ils n ont pas mieux réussi lorsqu’ils se sont mêlezd ecrire les Histoires des autres Nations, s’étant con-tentés de traduire leurs Livres, & de les abréger fansaucun discernement : ce qui paraît évidemment dansun Abrégé d'Histoire qu’ils nous ont donné en He-breu , des Rois de France & des Empereurs Otto-mans ; bien qu’il y soit fort peu parlé des derniers. Letitre de cette Histoire, qui est conçû en ces termes, Se-fher dibre hajamim le malcheTJòrphat u malche BethOtto-man hat turg , ne laisse pas de donner d’abord P idéed’un grand dessein ; mais dans le fonds cette Histoireest très-peu de chose. Cependant comme la plupart.s, Juifs voyagent beaucoup, & qu’ils fçavent quan-tité de Langues, ils pourraient écrire de bonnes Hi-stoires s ils vouloient en prendre la peine. Un desmeilleurs Auteurs «Juifs que nous ayons est à monavis R. Azarias Italien de Nation , qui n’a pourtantpas écrit une Histoire particulière , mais qui a seu-lement touche quelques faits Historiques, dans un Li-vre qui a pour titre Meor-enaïm la lumière des jeux.II a souvent recours aux Auteurs Chrétiens qu’íl pa-raît avoir lûs plus qu’aucun autre Juif. r

Pour ce qui regarde la Grammaire , on ne peut pasdouter que les Juifs n’y soient plus sçavans que dansl’Histoire , & même dans toutes les autres Sciences.

Tome L

P explication des mots étrangers en quelque langue quece soit. Les Juifs se servent d’ordinaire d’un Diction-naire qu’ils nomment Ame , que ceux de Constanti-nople Ont abrégé fous le titre de Aruc hakjpetfir , le pe-tit Ame. Et l’on trouve même dans ce Dictionnaireles mots du Talmud : mais comme il est écrit en Hé-breu de Rabbin , il ne peut être utile qu’à ceux quiont déja une connoissance plus que médiocre des Rab-bins , c’est pourquoi il fera mieux d’avoir recours anDictionnaire de David de Pomis Juif Italien, impri-mé à Venise en 1587. Ce Dictionnaire a cela de com-mode qu’il est rangé sur deux colomnes, dont la pre-mière represente les mots Hébreux de la Bible avecleur signification en Latin & en Italien. Dans l’autrecolomne sont les mots conçus en Hebreu des Rabbins »auxquels mots il a donné le nom de DiSlions étrangères spour les distinguer de ceux qui sont. purement Hé-breux.^ Ce qu’il a auffi accompagné d’une interpréta-tion écrite premièrement en Hebreu de Rabbin , puisen Latin & en Italien ; de forte,que p ar raqyen dece Dictionnaire on peut apprendre bien plus aisémentle langage des Rabbins qu’avec le grand DictionnaireTalmudique & Rabbinique de Buxtorfe, bien que cedernier ait plus d’étenduë.

C. H A-