CEREMONIE
ad eorum concìliationem quoad ejus fieri poterit. Ils seplaignent en même rems de ce qu’on négligé trop dansleur Société l’étude de l’Ecriture ; parce que tout lemonde , disent-ils , s’applique à la Théologie Scho-lastique , comme íì l'on pouvoit être véritablementThéologien, fans une connoissance exacte de l’Ecri-ture sainte. Auffi appellent-ils ces sortes de Théolo-giens Mutìhs & mancos Theologos. Ils ne peuvent passouffrir quelques-uns de leurs Prédicateurs qui n’ontpoint d’autre étude que celle de la Scholastique, d’au-•tant qu’ils ne prêchent que leurs idées , ou s’ils citentquelques passages de l’Ecriture , ils ne les rapportentjamais dans leur sens propre. Comme ce défaut setrouve encore aujourd’hui dans une bonne partie denos Prédicateurs , j’ai crû que je ne pouvois mieuxfaire que de rapporter les paroles mêmes de ce Livre,selon qu’elles se trouvent dans l’Edition de Rome.Concionatores etiam fiholafticis tantum imbuti ftudiis , nonra.ro in Jais evanefcmt cogitationibus : de firipturis vero ,quas vìx primoribus labris degujlarunt , aut nihil affermitin médium , aut parum adrem, alienis glojjìs & fucatis ar-gutiìs Jcripturam adultérantes.
CHAPITRE XVII-
Jbíethode facile pour apprendre, la Longue Hébraïqueen peu de tems.
J 'Ose dire qu’il n’y a point de Langue qu’on puisseapprendre plus aisément, & en moins de tems quela Langue Hébraïque ; non seulement parce qu’ellecomprend un très-petit nombre de mots qui font tousrenfermez dans les Livres du Vieux Testament; maisauffi parce qu’il y a peu de réglés de Grammaire quisoient nécessaires pour apprendre cette Langue. C’estpourquoi on choisira d’abord de toutes les Grammai-res celles qui seront les plus simples & les plus abré-gées ; par exemple le petit abrégé de Schickardus qui apour titre Horologium Scbickardi , & l’Abrégé de laGrammaire Hébraïque , composé par Buxtorfe. Jepropose ces Abrégez pour ceux qui commencent, par-ce qu’il n’y a rien d’oublié de ce qui est nécessaire.Au contraire , comme les Juifs ont trop raffiné fur laGrammaire, on ne peut en avoir de trop abrégées,pourvu que ce qui est absolument nécessaire y soitexpliqué dans toute son étendue & avec netteté, pourne pas tomber dans l’obscurité, Brcvis ejfe laboro obfcu-rus fio.
Premièrement, pour ce qui est de la maniéré délirél’Hebreu, on ne doit point s’embarrasser fur la pro-nonciation de certaines Lettres, parce qu’il n’y a riend’arrêté là-dessus parmi les Juifs, qui prononcent dif-féremment la Langue Hébraïque selon les differensPais. Si j’avois néanmoins à choisir une prononcia-tion, je prefererois celle des Espagnols à la prononcia-tion de tous les autres Juifs, parce qu’elle est plustimple, & q U ’ e lle approche davantage de la pronon-ciation des Anciens. Mais il suffit de faire cette re-tuarque en général seulement & pour s’en instruire,ann qu’on la suive si on veut, quand on aura une par-faite connoissance de la Langue. Car dans les com-mencemens on doit s’attacher uniquement à la pro-nonciation du Grammairien qu’on a choisi.
En second lieu, comme les Juifs se servent de cer-tains points pour voyelles, & qu’ils les distinguenten longues & breves, on remarquera fur toutes cho-ses, quelles font les longues, & quelles sont les bre-ves, parce qu on rend inutiles par ce moyen plusieursréglés de Grammaire qui sont embarrassantes & diffi-ciles. Il suffit par exemple j sans avoir recours à toutce que les Grammairiens ont dit du Dagesch, du
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Sceva & de quelques autres Minuties, de sçavoirque dans la prononciation de la Langue Hébraïqueon ne s’arrête jamais sor les breves, mais seulementsur les longues; & qu’ ainsi l’on double la lettre qui estaprès la breve , qu’on marque pour cette raisona’un point appellé Dagesch : ou s’il fuit un Scevâ, onne s’arrête point fur ce Sceva. Voilà pourquoi ort pro-nonce Dibber*) par exemple , avec Un double b , d’au-tant qu’il y a une voyelle breve sous le d, qui attirepar conséquent à soi l’autre lettre, pour ne pas se re-poser sur une voyelle breve. Il en est de même duSceva après la breve ; & e’est pour cette raison queles Grammairiens disent qu’il ne se prononce pointalors, mais seulement après la longue., Mais fans s’ar-fêter à toutes les minuties de Grammaire, qui nefont que charger la mémoire & embarrasser l’esprit;c’est assez de sçavoir que la prononciation repose tou-jours sur la longue, & jamais fur la breve.
A l'égard des noms, soit substantifs ou adjectifs,il n’y a rien de difficile dans la Langue Hébraïque ;mais il n’en est pas de même des verbes, dont il y aun grand nombre de conjugaisons. II suffit dans lescommencemens de les apprendre confusément & engros : de sorte que quand on viendra à l’explicationde quelque Livre de la Bible, on puisse les aller cher-cher dans leurs conjugaisons. Par ce moyen on lesapprend en très-peu de tems , & même fans aucunedifficulté; & de plus dans ce tems on avance notable-ment dans la connoissance de la Langue.
Il n’est pas croyable combien il est utile de com-mencer une Langue par l’explication des Auteurs,auffi-tôt qu’on a la moindre teinture de la Grammai-re, & presque dès qu’on fçait lire. A quoi bon, pat'exemple, lire une Grammaire entière, & après celaapprendre exactement les genres, les déclinaisons &autres choses semblables ? comme cela se pratique dans vnos Ecoles pour le Latin , où l’on parcourt pendant'plusieurs années le Livre de Despautere , sans sçavoirle plus souvent ce qu’on dit faute de l’appliquer : Neseroit-il pas mieux de donner aux enfans les réglés gé-nérâtes & abrégées de la Grammaire, & de tes faire en-trer ensuite dans l’explication des Auteurs ? Usapprendraient en même tems & les réglés & l’usagede leurs réglés ; ce qui leur ferait bien plus sensibleque les seules réglés qu’on leur enseigne sans l’exerci-ce. Car enfin après bien du tems perdu, on est obli-gé d’en venir là , & l’on ne retient de toutes ces ré-glés que ce qu’on en a appris en s’exerçant dans l’ex-plication des Auteurs.
Ceux donc qui voudront s’appliquer à l’étude déla Langue Hébraïque, suivront la méthode dont jeviens de parler,& ils s’abstiendront autant qu’ils pour-ront, de lire les Grammaires Hébraïques, qui font laplupart chargées d’une infinité de réglés. Ils pour-ront les lire , quand ils seront plus avancez dans laconnoissance de cette Langue. Car alors toutes cesréglés ne les embarasseront plus : Mais dans tes com-mencemens on doit toujours avoir devant tes yeuxcette maxime, ZJjus multus , praceptionespaucœ , Beau-coup d’usage , & peu de réglés. Et pour acquérir faci-lement cet usage par la lecture , on ne lira pas indiffé-remment toutes sortes, de Livres ; mais on commence-ra par les Livres Historiques de la Bible» parcequ’ils sont plus faciles que les autres ; & il f 3 naemeencore quelque choix à faire dans ces Livres Hi-storiques.
Moïse est celui de tous tes Hébreux qui a écritavec plus de netteté, fur tout dans le Livre de la Ge-nese ; & ce qui peut beaucoup aider ceux qui com-mencent à apprendre l’Hebreu , c est que dans lespremiers Chapitres de la Genese , d repete souvent lesmêmes mots & tes mêmes expressions , & par cemoyen on tes retient íàns aucune peine. Quoi-qu’il y
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