CEREMONIE
ont deux autres Liturgies dans leur Missel, dont il jy en a Aine attribuée aux douze Apôtres, & disse-rente de celle qui est fous le même nom dans le Mis-sel des Maronites. Il ne faut pourtant pas croire queces deux Liturgies ayent été en effet composées parles Apôtres ; mais peut-être qu’on leur a donné cenom, parce qu’on les disoit en des jours consacrez àla mémoire des Apôtres.
Les Chrétiens des Indes, qu on appelle ordinaire-ment les Chrétiens de S. Thomas, sont auffi de la Sectede ces Nestoriens. Ils ne reconnoissent qu’un mêmePatriarche, à qui ils donnent la qualité de Patriarchede Babylone, dont la Jurisdiction s'étend jusquesdans l’Inde. C’est pourquoi l'on trouve le mêmeMissel Nestorien à Goa , à Cochim , à Angamala,& dans les autres endroits où il y a des Chrétiens deS. Thomas. Mais il faut prendre garde qu’AlexisMenesés Religieux de l’Ordre de Saint Augustin,célébré Missionnaire de ce Païs-là,, qui fut fait Ar-chevêque de Goa , & qui prit la qualité de Primatde l’Orient, en fit reformer quelques Exemplaires,prétendant qu’il y avoit des erreurs dans leurs Litur-gies. Mais après les avoir leuës avec soin, je n’y enai remarqué aucunes, si ce n’est qu’ils qualifient Ne-storius de Saint. U n’étoit pas ce me semble né-cessaire d’apporter tant de changement à la VersionLatine! qu’il fit faire de la Liturgie attribuée aux A-pôtres , laquelle Version se trouve imprimée séparé-ment, & dans la Bibliothèque des Peres.
(a) L’Auteur del’Histoire d’Alexis Menesés a aussiinféré dans son Ouvrage cette Messe des Nestoriensavec une Préfacé qui est au commencement : & pourfaire voir la nécessité qu’il y avoit de reformer cetteLiturgie , il asseure qu’il y avoit des choses entière-ment opposées a la vérité du Sacrement de. PEucharistie ,avant qu’elle eut été reformée par un ArchevêqueNestorien qui rétablit la forme de la consécration, oùil étoit marqué que le Sacrement de l’Eucharistie necontenoit le corps de nôtre Seigneur qu’erì figure.Et asm qu’à l’avenir on ne pût douter de la présen-ce réelle & véritable du Corps de nôtre Seigneur dansce Sacrement; on ajouta, dit-il, aux paroles ordinai-res celles qui suivent ; Hoc efi in veritate Corpus meum :hic efi in veritate calix fanguinis mei , qui pro vobis gr promulti's efftmdetur in débit or um propitiationem & inpecca-torum remijstonem.
Mais je puis asseurer que dans les véritables Misselsmanuscrits des Nestoriens , qui ont été même écritsavant le voyage de Menesés dans les Indes, & dontfe servent encore aujourd’hui les Nestoriens qu’on ap-pelle Schifmatiques, il n’y a rien qui approche de cesprétendues erreurs. Il arrive assez souvent queles Millionnaires imposent aux Chrétiens du Levant,parce qu’ils n’ont pas étudié assez à fonds la Théolo-gie, condamnant d’erreur ou d’heresie tout ce qui nes’accommode point avec leurs sentimens, ce que j'es-père faire voir dans un Traité particulier.
Les Jacobites, comme il a été dit ci-dessus, ontau ffi un grand nombre de Liturgies écrites en mêmelangage que celles des Nestoriens. Il est cependantaise de les distinguer les unes des autres dans les Exem-plaires manuscrits, non feulement parce que leurs ca-ractères sont differens, mais auffi parce qu’ils ont desexpreflions differentes, principalement quand ils par-lent de la Vierge , que les Nestoriens nomment tou-jours Mere de Christ, & jamais Mere de Dieu, com-me les Jacobites & les Maronites l’appellent. De plusces Jacobites, ne sont pas fort exacts à rapporter lesvéritables paroles de notre Seigneur de la maniéréqu elles sont dans les Evangiles. Par exemple dans unExemplaire manuscrit d’une de leurs Liturgies qu’ils
M Hift Orient, des progrès d’Alex, Menesés en la rédu-ction des Chrét. de S. Thomas.
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disent être de Matthieu le Pasteur, on lit que nôtreSeigneur prit dtt pain levé dans lequel étoit cache le mjste -re de là vie. Dans la même Liturgie , âu heu de cesmots; ceci efi mon corps , il y a ceci efi ma chair. Dansun autre Liturgie attribuée à S. Pierre on lit, cepain est mon Corps , & non pas ceci est mon Corps. Maisces diversitez & quelques autres semblables viennentla plupart de ce qu’ils ne font aucune difficulté desubstituer, en la place des paroles de nôtre Seigneurl’explication qu’ils donnent à ces memes paroles.
On a auffi imprimé à Rome un Missel en langageCaldéen ou Syriaque, qui contient 12. Liturgies sousles noms de S. Xyste Pape de Rome, de S. JeanChrysostome, de S. Jean l’Evangeliste , de S- PierreChef des Apôtres, de S. Denis, de S. Cyrille - deMatthieu le Pasteur, de Jean Patriarche surnomméSufan, de S. Eustathé , de S. Maruta Métropolitain.de Tagrit, de S. Jacques Apôtre & frère de nôtreSeigneur , de S. Marc Evangéliste , & une secondede S. Pierre Chef des Apôtres. Les Maronites, & lesJacobites croyent que toutes ces Liturgies ont étéen effet composées par ceux auxquels elles sont attri-buées; en quoi ils donnent des preuves évidentes deleur ignorance.
On a auffi -imprimé en même-tems à Rome séparé-ment un autre Livre en Caldéen ou Syriaque , pour,ceux qui servent à la Messe, & qui ressoudent auPrêtre , ou plutôt qui célèbrent avec lui la. Liturgie.Car c’est l’ordìnaire de tous les Chrétiens du Levantde ue parler gueres moins dans cette action que lePrêtre qui offre le Sacrifice : & afin qu’ils entendentce qu’ils disent, ce Livre est en Caldéen & en Ara-be , imprimé a deux colonnesdont l’une estCaldéenne &l’autre Arabe. Une partie même des ru-briques de ce Missel est auffi en Arabe. Ce qu’on n’apoint observé dans les Liturgies, si ce n’est dans cellequi est attribuée à S. Cyrille, qui est de la même ma-niéré en Caldéen, & en Arabe, parce qu’on a suppo-sé apparemment que les Prêtres Caldéens, qui ; célé-braient la Liturgie en langue Caldéenne,dévoient en-tendre cette Langue , qui est parmi les Maronites lamême chose que le Latin est parmi nous. L’Árabe estaujourd’hui leur langue maternelle, & il y a bien deáPrêtres qui fçavent seulement lire le Caldéen de la Li-turgie sans l’entendre.
Au reste, si l’on veut avoir des Missels Caldéens ìl’uíage des Maronites, qui soient exacts , il faut avoirrecours aux Exemplaires manuscrits, & plutôt à ceuxqui servent aux Jacobites qu’à ceux des Maronitesparce que les Missionnaires qui ont été envoyez detems en tems au M ont Liban en ont reformé quelques-uus. Il étoit ce me semble inutile de reformer ceMissel dans l’Edition qui en a été faite à Rome , par-ce que cette reformation tombe principalement fur lapriere qu’on appelle invocation du S. Esprit. Or ilest constant, que cette même priere ou invocation setrouve dans la Liturgie Grecque , & que l’on permetaux Grecs dans Rome même de célébrer avec cetteLiturgie. Je pourrois m’étendre plus au long fur k*Liturgies dès Maronites, si je n’en hvois déja traitt®ailleurs dans un Ouvrage particulier.
On ne doit pas mettre les Liturgies Ethiopiennesau même rang avec celles qu’on nomme Caldéennes ouSyriaques ; bien que les Ethiopiens appellent l’ancienEthiopien langue Caldéenne ou Ethiopienne. Ellesfont très-disserentes les unes des autres, tant pour leschoses qui y font contenues, que pour la langue danslaquelle elles sont écrites. François Alvares qui a affi-lié à la Messe des Ethiopiens » & qui a vécu parmieux, asseure que leur Liturgie est fort courte ; cequi ne convient pas avec la Messe des Ethiopiens im-primée dans la Bibliothèque des Peres, parce que cettederniere Liturgie est assez longue. C’est pourquoi il
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