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y a de l’apparence que les Ethiopiens ont deux sor-tes de Liturgies, dont les unes sont courtes & lesautres longues, &r que dans les jours ordinaires ils seservent de la plus courte , principalement de cellequ’ils attribuent à Dioscore Patriarche d 5 Alexandrie,qui a été imprimée à Londres en Ethiopien & enLatin, (a) On a auíïì imprimé à Rome quelques Mes-ses Ethiopiennes en langage Ethiopien , ou se trouveavec deux autres celle qui a pour titre , Canon univer-sàlis iFEthiopum. Il est à remarquer qu’on impri-ma au même lieu Tannée d’après la Version Latine decette Liturgie, qui a été r’imprimée ensuite dans laBibliothèque des Pérès.
Mais je. ne sçai pourquoi T Auteur de la TraductionLatine dé. cette Liturgie n’a pas suivi avec assezd’exactitude l’Original Ethiopien, dont il s’éloignequelquefois fans aucune raison. 11 est néanmoins aiséde voir que dans la prière, quson appelle Invocation,du S. Esprit , il a voulu accommoder la Traductiond’une maniéré qui ne pût pas déplaire à ceux de Ro-me, ni aux Théologiens Latins, qui croyent que laConsécration est déja faite lorsqu’on prononce cetteInvocation. ’ Mais les Ethiopiens supposent avec tousles autres Chrétiens du Levant , que la Consécrationn’est faite qu’après que les paroles de TInvocation ontété achevées. En effet les Ethiopiens, qui ont fait im-primer le Texte Ethiopien de cette Liturgie, n'y ontrien changé en cet endroit.
Il est certain que quand les Ethiopiens firent im-primera Rome ces Liturgies, ils affectèrent autantqu’il leur fut possible de paraître Orthodoxes & con-formes aux sentimens de TEglise Romaine ; afin deréunir (au moins félonies apparences) leur Eglise aveccelle de Rome , dont ils avoient alors besoin à causede- guerres où ils étoient. C’est pourquoi on doit seprécautionner en lisint les Liturgies qu’ils ont fait im-primer, & avoir recours à de bons manuscrits fur les-quels on puisse les vérifier.
Outre ces Liturgies, ils en ont d’autres sous lesíioms de Saint Jean TEvangeliste, de S. Jacques, deS. Jean Chrysostome, des bien-heureux Apôtres, deS. Cyrille , de S. Grégoire , & quelques-unes dontles Auteurs ne sont point marquez. C’est ainsi queles Ethiopiens se flattent d’avoir des Liturgies fortanciennes, comme si elles avoient été en effet compo-sées par ceux dont elles portent les noms : mais on re-marquera que l’Eglise Ethiopienne dépend depuislong-tems de celle des Cophtes qui sont en Egypte,desquëls elle a pris la meilleure partie de ces Livresd’Office.
Ces Cophtes ont aussi des Liturgies particulièresen langage Cophte , dont ils ne se fervent aujour-d’hui que dans leur Office, parce que peu de person-nes Tentendent, & qu’ils parlent présentement Ara-be. Cette Langue, que le Jésuite Kircher prétend êtreune langue mere & indépendante de toute autre, aété beaucoup altérée par la langue Grecque, dont elleretient les caractères, & quantité de mots purementGrecs. On trouve dans la Bibliothèque des Peres troisde leurs Liturgies qui sont attribuées à S. Basile, àS. Grégoire, & à S. Cyrille , & elles ont été tradui-tes en Latin par un Maronite du Mont Liban, furune Version Arabe. Mais soit que le Traducteurn’ait pas eu de bons exemplaires de ces Liturgies ouqu’il n’ait pas assez entendu T Arabe qu’il traduisoit;il est constant qu’il sc trouve des fautes dans fa Ver-sion Latine. Au reste on remarquera que comme lalangue Cophte est connue de fort peu de personnes,les Cophtes joignent ordinairement à ces Liturgiesécrites en Cophte une Version en Arabe , afin de lespouvoir entendre , bien qu’ils fassent la Liturgie enlangage Cophte.
(a) En 1/48.
ION SUR LES
Victorius Scialac Maronite, qui est T Auteur de laTraduction Latine de ces Liturgies Cophtes, remar-que que les dernieres Liturgies Cophtes ont été cor-rigées par les Latins depuis la réunion de TEgliseCophte sous Clément VIII. avec TEglise Romaine.Mais il n’y a gueres d’apparence à cela, parce que cet-te réunion qu’on prétend avoir été faite sous le PapeCiement VIII. ne s’est point trouvée véritable. Cequi est vrai, c’est qu’en lisant ces Liturgies on re-connoît aisément qu’elles ont été prises des Litur-gies Grecques.
J’ai cru qu’on pouvoit auísi ranger parmi les Litur-gies de TEglise Orientale; celles qui sont à T usagedes Arméniens, parce qu’ils ont auísi dans leur Messela Priere qu’on appelle Invocation du Saint Esprit.(b) On a imprimé à Rome un exemplaire de cetteMesse en langue Arménienne avec la Traduction La-tine; mais les Censeurs de Rome Pont reformée enquelques endroits íans que cela fût nécessaire. C’estpourquoi l’extrait de la Messe Arménienne, qui est àla fin du premier Tome de la.Perpétuité de la Foi, n’estpoint conforme à cette reformation , bien que le Pa-triarche Arménien qui a envoyé cét extrait fût de laCommunion des Latins , & que même il demeurât àRome dans ce tems-là. L’Evéque Uscan, qui a auísidonne a 1 Auteur du Livre de la Perpétuité un extraitde la Liturgie Arménienne , paraît avoir eu plus derespect pour la correction des Censeurs de Rome,- caraprès avoir donné son extrait conforme à cette refor-mation , il se contente de dire qu’il y en a d’autresqui lisent autrement dans leurs Liturgies, comme ficette diversité venoit de la difference des Exemplaires,& non des Censeurs de Rome. Outre les LiturgiesArméniennes écrites en langage Arménien, je me sou-viens d’être autrefois tombé fur un Livre manuscrit,qui contenoit plusieurs Liturgies Syriaques à T usagedes Jacobites, parmi lesquelles il y en avoit une écri-te auísi en langue Syriaque, qui étoit à l’usage des Ar-méniens. Après savoir examinée en particulier, elleme parut n’être autre chose qu’un abrégé de la Litur-gie Grecque attribuée à Saint Jacques : ce qui s’ac-corde assez bien avec ce que quelques anciens Histo-riens ont rapporté d’une partie des Arméniens qui seservoient autrefois de la langue Syriaque , aussi-bienque de T Arménienne.
Les Arméniens, comme on peut voir dans THistoi-re de Galanus, sont Auteur ae leur Liturgie , & deleurs autres prières, un de leurs Patriarches nomméJean, qui vivoit quelque tems après le Concile deCalcédoine. Mais c’est assez parlé des Liturgies quisont à l’ussge des Eglises d’Orient, n’ayant eu des-sein que d’en donner ici un abrégé. J’ajoûterai seu-lement avant que de finir ce discours, que Brerewoodqui a sait un chapitre exprès touchant ces Liturgiesdans son Livre dçs différentes Religions, s’est trom-pe en plusieurs endroits, comme quand il prétend,pour favoriser les sentimens des Protestans, qu’il n'ya que trois Langues où la Liturgie se célébré dans uneLangue qui ne soit entendue que des Doctes : lesquel-les sont la Grecque , la Latine , & la Caldéenne ouSyriaque. Mais il n’a pas pris garde que les Cophtesd’Egypte célèbrent la Liturgie en vieux Cophte, quin’est presque entendu de personne, que les Ethio-piens célébrant en vieil Ethiopien , qui est assez dif-férant du vulgaire. De plus la langue Arménienne,dans laquelle les Liturgies des Arméniens sont écri-tes, n’est pas tout-à-sait la même que T Arménienqu’ils parlent aujourd’hui. Venons maintenant auxLiturgies ou Messes de TEglise d’Occident.
(b) En 164».
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C H A-