SUR LES GEREM, DES JUIFS. ?>
mais il paroît qu’ils ont mêlé dans leur Culte beaucoup de choies qu’ils ont em-pruntées des Chinois ; entr’autres la vénération qu ils témoignent a ConfutiUs,(a) Nous ne nous étendons pas fur lá Souveraineté des Juifs en quelques Provincesde l’Ethiopie. S’il en faut croire les Relations de ce Pàïs-lá, cette Nation y estfort nombreuse- & c’est-ce qu’on peut voir dans XHijloire d’Ethiopie par M. Ludolf 1
On prétend auífi trouver les Juifs en Amerique ; mais les raison's qu’on al-légué pour le prouver font aisés {b) foibles ; cependant non feulement lesJuifs, mais les Chrétiens eux-mêmes ont donné dans ce sentiment. On peut voixce que M. Basnage {c) en a dit. Il est vrai qu’un Voiageur moderne raporte(d) que les Indiens de la Côte du Perou vers Plata ont beaucoup de maniérés Juives ,aujjidoìen que les Calchaques qui habitent entre le Perou & le Tucuman-, qu ils ont une efpe*ce de circoncision & ne mangent point de chair de cochon. D’autres ont crû trou-ver des traces du Judaïsme dans le Culte 8c les Coutumes des Lapons. Si lesconjectures avoient lieu, pourquoi ne croiroit on pas que les Chrétiens , & furtout les Catholiques, ont communiqué une partie de leur Culte & de leurs Pra-tiques aux Américains ? On verra dans la fuite de cet Ouvrage, comment il íèroitpossible de soutenir, en pouslànt les conjectures , que les Mexicains òí les Pé-ruviens ont emprunté plusieurs choies du Christianisme. Il est certain quetoutes ces conjectures vagues , fondées uniquement sor quelque ressemblance demaniérés 8c de rites ne fauroient prouver que des Peuples si éloignés de l’Asietirent leur origine des Juifs. Il n’est pas plus facile de prouver, que des Captifshaïs, méprisés 8c maltraités de leurs voisins aient eu le moien de s ! 'étendre dansla Tartarie 8cc. 8c d’y établir dans la soite des tems un Etat ailes puissant pourrésister a ces voisins. Mais il faut pardonner tous ces récits fabuleux 8c ces (f)idées fanfaronnes á un Peuple qui íè croioit autrefois (f) supérieur ì tous lesPeuples de la Terre , 8c qui, nourri dans les miracles 8c les prodiges, croioit<jue la Nature ne devoir jamais parler 8c agir que pour lui. Nous ne nousétendrons pas davantage fur la dispersion des Juifs, 8c nous renvoions le Lec-teur (g) à l’Histoire de M. Basnage.
L L II. Idée
(a) V. dans l’Histoir'e des Juifs paf M. Basnage , L. 9. Ch. z 8. tin détáil curieux de Y état présent desJuifs tiré d*un Auteur Italien. Au reste il y a lieu de cróire què les Juifs ne sortirent de l’Asie que long-tems après la Révolution du Roiaume d'Israël. D’abord ils s’établirent dans la Medie, laChaldée, l’Ar-ménie &c. Us passerent ensuite en Europe parla Géorgie, la Mêr Noire, & la Moscovie. Ils s’étendi-rent dans la Tartarie, vers les parties Septentrionales dés Indes , & même du coté de la Chine. Là Révo-lution du Roiaume de Juda ne fit qu’achever ce que l'autre avoit commencé. Us s’établirent ainsi parmiles Peuples étrangers, y conservèrent leur culte & leurs maniérés , qu’ils corrompirent souvent, & perdirentmême, à mesure qu’ils s’éloignoient de leur origine. Ces changemens furent sensibles aux premiers Juifs;mais il ne faut pas s’imaginer qu’il fut impossible d’oublier etifin les malheurs de la defolée Sion. U n’yavoit qu’un petit nombre de pieux Réfugiés qui eussent fait vœu de n’oublier jamais leur chere Jérusalem.
'(b) On dit que les Américains comptent par Lunes ; qu’ils ossrent à leurs Idoles les premiers fruits;que la plupart des Peuples de 1 *Amerique, principalement les Mexicains & les Péruviens ; ont eu connoif-■fance du Deluge; que ceux du Mexique observent un grand Jubilé; que plusieurs Peuples de l’Ameriqueon t pratiqué la Circoncision, &c. mais cela ne suffit pas pour prouver que les Américains sont originaire-ment Juifs. Les hommes fe sont rencontrés en une infinité de pratiques, fins s’être jamais communiquéleurs idées. La maniéré de compter par Lunes est si simple & si naturelle , qu’il n’est pas surprenant queaes Peuples qui n’avoient pas d’autre réglé que celle là l’aient choisie pour déterminer le cours du tems.J 1 circoncision , ] a mem oire que les Américains ont conservée du Deluge &c. prouvent autant qu’ilsdescendent des Egyptiens, ou des Peuples de là Colchide, ou des Assyriens, que des luiss.
9 ì J"* L. 7 - Ch. 4. '
(d) Coreal Voiag. aux Indes Occid. To. í. p. 291. Êdit. de 1722.
(c) La preuve s en voit dans l’Histoire du Roi de Cozar. V. Basnage Híst. des Juifs L- 9- Ch. i„ ABuxtor. Llb. Cosri. 8 J
(f) Les Juifs fe regardent toujours , malgré leur foiblesse , comme le seul Peuple chéri de Dieu, & celaparoît par les Ouvrages des Rabins modernes. U est difficile , ou même impossible de revenir de l’orgueilqu ìn pu-e une origine aussi superbe que l’est celle de la Religion Judaïque.
(£) Cette Histoire renferme quantité de choses curieuses, que l’Auteur a recueillies touchant les établisse-tuens anciens & modernes des Juifs.