108 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION
peut prier tout haut chez foi , afin dediher les Domestiques : mais à la Syna-gogue il suffit de faire tout bas ses prières particulières, pourvû que le Juif qui prieobserve de remuer les levres , car il est neceíseire que l’Assemblée soit convaincueque ce fidelle fait se priere. Deux choses se peuvent ajouter, pour faire voir laneceffité de cette maxime, i. Un Juif qui en voit un autre en prières peut direAmen 8c contribuer même à rendre la priere agréable á Dieu. z. II faut que lapieté du fidelle frape le peuple 8c se manifeste aux yeux du Public. Ces maxi-mes Pharisaïques font fort du goût des Juifs modernes.
Nous obmettons quelques minuties qui concernent encore la maniéré de prier.On pourra les voir dans Buxtorfe. au Ch. i o. de fa Synagogue.
A l*egard des prières des Juifs contre Jeíùs-Christ, 8c les Chrétiens , 8c con-tre \ds Apostats de la Religion Judaïque, il s en trouve quelques exemples dansla Synagogue de Buxtorfe ; mais st l'on n’avoit pas de meilleure preuve à produi-re que ces exemples, il féroit facile de rejetter 1 accusation. Ce font des applica-tions forcées, produites par la haine de quelques Dévots. S’il est vrai que lesJuifs maudissent Jeíùs-Christ 8c les Chrétiens, on doit dire que la choie se passedans un grand mystère, (a)
En sortant de la Synagogue, il faut éviter de tourner le dos a ÌHechal , quirenferme les saints Livres de la Loi : Il faut sortir lentement, parce qu’il est dit auV. 1 6 . du Ch. 14 . de Job. Vous ornés compté mes pas. Or Dieu compte 8cpaie les pas de ceux qui sortent de la Synagogue. Il faut aufst éviter de jetterles yeux fur des objets qui peuvent exciter la convoitise , 8c ne pas passer laporte de la Synagogue fans avoir récité tout bas une priere jaculatoire.
Les AUMONES des JUIFS, leurs VOEUX, leur CON-FESSION , leur PENITENCE , leurs JEUNES& leurs ABSTINENCES.
Léon de Moclene a parlé ailes exactement des Aumônes des Juifs. Nous con-venons avec lui qu’ils font (b) extrêmement charitables, 8c nous n ajouteronsqu’une remarque á ce qu’il dit de ces aumônes. C’est que les Juifs ne doivent(c) recevoir publiquement aucune aumône des Chrétiens, ni des autres étran-gers , ni même d’un Prince Chrétien : Cependant on peut les recevoir fousmain, for tout st ce que ceux de la Nation donnent ne pouvoit suffire à 1 entre-tien des pauvres.
De toutes les choses qui regardent la Religion, il n y en a point où la pietésoit plus facile a seduire que dans les vœux. Un Ecclésiastique dévot 8c zélésoufre qu on ôte le pain a des familles entieres, sous prétexte d’enrichir une pa-toisse ; sens s’embarasser de l’injustice de ceux qui vouent leur bien a l’Lgíise. Des
Cou-
se soit dissipée ; & quand le dévot est fort pressé des vens, íl doit avoir la discrétion d’aller les rendre aumoins à quatre pas du lieu où il prie. En les rendant il faut faire fa priere à Dieu, & lui dire avec dévo-tion, Seigneur) vous aves fait des ouvertures d notre corps , qu il nous efi impojfble de tenir fermées &c. On peutVoir dans la Synagogue de Buxtorfe. Chap. 10 le formulaire de cette Priere.
(a) Tout ce que Ross a dit dans son Livre des Religions du Monde t touchant la maniéré de priér des Juifs, estfort en désordre & très-peu exact.
(b) On en a une preuve toute recente en la maniéré dont ils ont secouru leurs freres d’Avignon pendantla peste de 17x1. Les Juifs d’Angleterre & d’Hollande leur ont fait tenir des sommes très-considerables, &les ont entretenu de toutes les choses nécessaires à la vie & à la santé.
(c) Voilà ce. que dit Buxtorf Syn. Jud. Ch. 44. Mais M. Bafrngt dix au contraire , dans son Hfl. desJuifs. Ch. 19. qu,’U faut recevoir publiquement ces aumofms.