SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 109
Couvens regorgent de biens dont la dévotion des Moines ne doit pas avoir be-soin , tandis que les enfans de ceux qui ont voué leur patrimoine à ces CouvenSdemandent l’aumône. On donne á Dieu des gens inutiles au monde. Une Viergea la fleur de íbn âge, pleine de lanté, qui íèroit tentée d aimer ion prochain, est for-cée de prendre le voile, parcequ’onl’a vouée a Dieu quelle n aime pas, & quellen’aimera tout au plus que soir le retour de l’age. On en fait autant d’une infinitéde jeunes gens, que l'on force de fort bonne heure á faire vœu de continence ;quoiqu’ils aient des talens admirables pour la propagation, qu’ils sont obligés d’en-fouir, ou qu’ils n’exercent plus dans les réglés. L’amout ôc le dépit font naîtrequantité de vœuk téméraires. Enfin les vœux ont généralement cauíe de grandsabus dans la Religion. Nous n’ajouterons rien à ce que Léon de Modene a dit deceux des Juifs.
Les formulaires de la Confèííìon des Juifs varient félon les Pais. Outre cela ilsont la grande & la petite Confestion. On doit la réciter debout.
Après la Confestion quelques Juifs dévots íè flagellent» Cette flagellation s’appelle(a) Malkutì mais la pratique n’en est ni generale ni commandée. Voici la Céré-monie de cette Flagellation. Deux Dévots lexercent tour à tour l’un for l’autre,& l’un de ces penitens íè couche par terre le visage tourné au Septention ècle dos au Midi. On ne doit pas íè faire fouetter étendu de l’Orient à l’Qcci-dent , parcs que Dieu reíide en ces endroits là.
Le penitent reçoit trente neuf coups d’un nerf de bœuf, confestè fès péchéspendant la flagellation, & íè frape à la poitrine. Le flagellant fait son office en réci-tant le Veríèt 38. du Pf 78. & obíèrve de donner un coup de fouet à chaquemot qu’il prononce, (h) Les treize mots du veríèt récités trois fois par le flagel-lant font le nombre de trente neuf coups. Le flagellé íè releve ensuite & paie ex-actement en même monnoie celui qui l’a discipliné. Cette flagellation est fondéefur un pastàge du Deuteronome, Ch. 2,5. v. z. Le passage parle de quarantecoups : mais on peut voir dans (c) Buxtorfe comment les Rabins expliquent laraison des trente-neuf.
On peut voir auísi dans (d) Buxtorfe un détail circonstancié de plusieurs jeû-nes particuliers, que les Juifs observent volontairement. La veille du jeune celuiqui a fait vœu de jeûner en son particulier offre à Dieu en sacrifice, sonsangeè*la graisse de son corps , que cette penitence volontaire doit diminuer. Les Rabins ,les Docteurs de la Loi, & toutes les personnes destinées à instruire,ne sont pointobligés à ces jeunes particuliers, à cauíè que les abstinences réitérées épuisonsles Forces : mais ils doivent observer comme les autres les jeûnes que l’Egliso or-donne. Il est défendu de jeûner en son particulier un jour de Fête ou de Sa-bath , & le jour que la Lune so renouvelle.
Les ABLUTIONS des JUIFS , & le foin qiiih doiventprendre de la PURETE' du CORPS.
Les Juifs font par un principe de Religion, ce que les Médecins recomman-dent pour la íànté. Ils vont á leurs nécessités au sortir du lit. Comme c estalors for tout que les anciens Juifs croioient avoir besoin de la protection de
X z F An-
U) Buxtorf. Syn. Júd. Chap. L 5.
C) Í1 y en a treize dans le texte Hébreu*
(c) Syn. Jud. Cap. 2J,
(d) Ibid. Cap. 30.