SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 111
des. Il doit se mettre dans leau froide en plein hiver plusieurs jours de fuite,6c si les eaux font gelées, il fau,t qu’il se plonge jufqu’au menton dans la glacequ on rompt exprès, 6c qu’il y reste autant de tems qu’il en faut pour cuire unœuf dur. Si le crime a été commis en été, l’adultere doit être expose nud auxabeilles, ou aux fourmis. Ces peines fè reïterent a proportion de lenormité ducrime : mais s’il y a complication de péchés, comme, si l’adultere est revenu sou-vent à la charge 6cc. la pénitence dure des années entieres.
(a) Buxtorfe , qui nous fournit ce détail, ne dit pas si ces peines subsistent en-core dans toute leur étendue : mais il n’y a pas lieu de douter quelles ne s’infli-geastent au moins en partie, si le cas le requeroit. L’Exemple (b) à’Acojla mon-tre que les peines canoniques, quoique moins communes qu’autrefois , nesont pas absolument oubliées.
L’Excommunication a été fans douté établie par le Sanhédrin des Juifs fous legouvernement des Machabées. Elle est une fuite de la connoistance des Cri-mes & de la punition des coupables, que ce Tribunal s’attribuoit. On a lieude croire que cette peine canonique est fort disserente de celle dont il est fait sou-vent mention dans l’ancienne Loi, fous le nom de retranchement. Lorsque leRégné des traditions commença de s’établir, les Ecclésiastiques Juifs ne négligé-rent rien pour faire valoir l’autorité de l'Eglifè, 6c pour attirer aux décisionsde íès Docteurs un respect suprême. Cette derniere circonstance a peut-êtreautant contribué à la naissance de ^Excommunication que la premiere*L’Excommunication ne paroit aux yeux des Dévots qu’avec l’apareil du feu del’Enfer, 6c les Consciences, qui panchent vers la crainte 6c la superstition, enfout bien mieux frapées que du glaive de la Justice civile.
Les Juifs ont la grande & la petite Excommunication. La petite est, dit-on,de trente jours : mais on peut quelquefois en être relevé à l’instant même quelleest lancée. On voit-un exemple de cette Excommunication dans (c) l’Histoirèdes Juifs. Un homme manque de respect a Dieu, on l’excommunie & on i’ab-fout presque en même tems. Manquer de respect à un Docteur de la Synagoguemérité austì l’Excommunication. Enfin les pêchés crians 6c publics, la profana-tion, l’atheïíme, le libertinage, le schisme & l’apostasie méritent la même peine.
Suivant les Rabins, l’Excommunication est si perçante 6c si vive, quelle en-tre dans le corps de l'Excommunié par deux cent quarante-huit membres. Ondoit s’éloigner de lui au moins d’une toise. On lui refuse les secours humains,6>c cette dureté va jusqu a ceux qui lui appartiennent, car s’il a un mort dansfa maison, ou un enfant à circoncire, personne ne doit Taider: effet surprenantd’un zèle amer í (d) On ne pleure point la mort de l’Excommunié 6c l’on metune pierre sor son tombeau , pour marquer qu’il a mérité d’être lapidé* il estdesendu à ses parens de prendre le deuil. Au contraire on doit bénir Dieu , quila oté du monde ; 6c le jour de íà mort est un jour de jubilation 6c de fête. itfaut le passer en festins, se divertir , 6c faire même éclater par ses habits la joieextrême que l’on ressent de voir l'Eglifè delivrée d’un méchant homme. Une con-âìà si violente 6c si contraire à l’humanité, est autorisée par une sentence pluscruelle & plus inhumaine encore. Elle justifie pleinement cette vérité, qu’//^vaut mieux tomber entre les mains de Dieu sien celles des hommes „ On {e) excom-
Trn. I. Y „ munie »
0 *) Sjnag. Jud. Cap. 47.
(b) Voi. Ditt. de Baile à l’Article d’ Acosta.
(0 De M. Bafrage. L. 6. Ch. aï.
(.d) Buxtorf. Syn. Jud. Cap. 49-
(0 Bajnage Hist. des Juifs. L. 6. Ch. aï.