SUR LES CEREMONIES DES JUIFS Sec. irzLa SOLENNITÉ du SABBAT.
Le Sabbat est cTinstitution divine : le violer c’est sàpper tin des fondemens de kReligion Judaïque. Les Juifs ne se íònt pas contentés des avantages que Dieu pro-met a ceux qui observeront exactement la dévotion de ce jour : leurs Docteurs lesont augmentés très considérablement. La priere du Sabbat * qui se dit le ven-dredi au soir , donne congé aux Ames qui sont dans le Purgatoire. Le congédure tout le samedi, 6c pendant ces 2 . 4 . heures elles íè hâtent ssaller puiser del’eau pour íè raffraichir : aussi les Sages ont ils defèndu de puifer jusqu a la dernierre goûte 1 eau d’un réservoir , afin que les Ames n’en manquent pas. Le jourdu Sabbat les Ames damnées ont la permission de changer de situation, (a) Onanticipe quelque peu ce jour pour diminuer damant les peines du Purgatoire.Nous oublions â dessein plusieurs autres avantages, que les vivans 6c les mortsretirent de l’obfervation du Sabbat.
Le Sabbat commence le vendredi au soir, demi-heufe avant que le Soleil fecouche, 6c le plus misérable Juif doit avoir alors fa lampe allumée, dût il men-dier l’huile nécessaire pour l’entretenir. Les femmes doivent allumer ces lam-pes , parce qu’Eve, en induisant l’homme â pécher, a éteint la íumiere du monde zc’est-â-dsse, pour parler sans allégorie, quelle a cause la mort â l’homme. Cel-le qui allume étend fes deux mains vers le luminaire, après qu’il a commencédeclairer, 6c récité une bénédiction affectée â cette Cérémonie, (b) Il faut tou-jours qu’un fidelle Juif faste de fes mains quelque travail qui contribue â la gloi-re du Sabbat, quand même il auroit â son fervice un Régiment de valets. Oníè coupe les ongles le vendredi, 6c cela pour l’amour du Sabbat. Voici la Cé-rémonie qui s’observe â cette opération. En commençant par la main gauche,on coupe l'ongle du petit doit 6c l'on passé ensuite au Médius ; on revient aprèscela â l’ Index , puis au troisième doit, & enfin au pouce. A la main droite oncommence par le fécond doit, ou le Médius ; de celui-ci on va au petit doit 6caIl 11 e faut pas jetter â terre les rognures de fes ongles , ni les fouler aux pieds.On doit les cacher dans la terre, ou les brûler. Au repas qui fe fait le vendre-di au soir, (c’est le commencement du Sabbat, ) le Pere de famille, ou le Maî-tre de la maison, consacre 6c bénit le pain 6c le vin. Il commence par levin, 6c pendant qu’il le bénit,il regarde avec attention les luminaires du Sabbat.Cette attention est une eípece de remede, qui lui íért â réparer la diminution queíâ vue a fouferte dans la semaine. C’est une raison que quelques sages ont heu-reusement trouvée. A la bénédiction du pain , le Pere de famille le tient éle-vé entre ses mains , loríqu’il prononce le Nom de Dieu. On met deux painsfer la table en mémoire de la double portion de la manne qu’on recueilloitle vendredi, il est ordonné de se bien réjouir le jour du Sabbat ; mais fur-toùt il ne faut pas oublier les pauvres 6c les afligés ; ni le devoir conjugal.II est mçme très important de s’en acquiter comme ìl faut (c) la nuit du Sabbat,6c il en resolte de si grands avantages , que celui qui refuserait alors de porter âía femme le tribut du mariage passerait presque pour insensé. Nous indique-rons ces avantages. Les sages ont déclaré, que l’œuvre du mariage pratiquee avecferveur au jour du Sabbat est très honorable â Dieu, 6c récompensée comme
Y L tel-
(a) Buxtorf. Syn. Jud. Chap. iy.
(f) Ibid. Chap. 15.
C) Buxtorf. Syn. Jud. Chap. 15,