ii8 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION
visibles d’une pieté extraordinaire, afin d’être écrit le jour du Chipur aù Livre devie, Sc raié fur le Livre de mort , ou l’on pourroit fe trouver écrit íâns larepentance.
Les Juifs ont pratiqué fort long-tems la Capara. Cette Cérémonie íè fàifoit laveille du jeune de l’Expiation. (a) Les hommes choiíiíîoient un coq, & les femmesune poule ( les femmes enceintes choisiílòient un coq & une poule. ) Le Pere defamille , ou le Maître du Logis tenant le coq a la main recitoit quelquespassages des Pseaumes & du Livre de Job , après quoi il íè frapoit troisfois la tête avec le coq en disant a chaque coup - Ce coq fera échangé pour moi,U expiera mes péchés , il foufrira la mort , & je jouirai de la <vie. Cette Cérémoniereïterée trois fois, parce quelle repreíèntoit l’Expiation de íès pêchés, des pêchésde íà famille & de ceux de íès Domestiques, étoit imitée de la (b) pratique del’ancien Souverain Sacrificateur. Après les trois coups donnés, il íèrroit le coude cet Animal & letrangloit, pour montrer au pécheur qu’il avoit mérité deperdre la vie 5 il lui coupoit la gorge , pour montrer que le pêcheur auroit dûperdre son sang : Il le j étroit avec violence contre le pavé : cela vouloir direque le pêcheur meritoit d etre lapidé. Enfin il rotistòit le coq , afin que lepécheur íè rendit justice & comprit qu’il étoit digne d etre rôti au fèu éternel.On jettoit les entrailles de l’animal fur le toit de la maison. Deux raisons pou-voient justifier cette pratique remarquable, i. On íè persuade que le péché pro-cède du cœur & des autres entrailles. 11 falloir donc abandonner aux Oiseauxde l’air une choíè si détestable : c’est par la même raison que les Egyptiensjettoient autrefois dans le Nil les entrailles dê leurs morts. z. ll w peut qu’ils aientvoulu imiter la coutume qu’avoient leurs ancêtres íòus l’ancienne Loi, d’en-voier au Deíèrt un Bouc chargé des iniquités de la Nation. On obíèrvoit quele coq fut blanc , & cela parce qu’on le croioit plus propre a íè charger des pé-chés. On fuppoíòit qu un coq d’une autre couleur avoit déja toute ía charge.Après la mot t du coq, on alloit prier Dieu dans les íèpulchres & l’on donnoiten argent à quelques pauvres la valeur de l’animal immolé. Autrefois on leurabandonnoit le coq ; mais dans la fuite les pauvres firent réflexion fur la quali-té de cette chair couverte d’iniquités. Ils la refusèrent, (c)
On íè prépare encore par les ablutions, a la íolemnité du jour de Y Expia-tion , on ordonne les bougies ouïes chandelles pour ce jour, &c chacun porte lasienne a la Synagogue. ( d ) En Allemagne chaque homme en a une , mais lesfemmes n’en ont point. Ailleurs les fèmmes en portent aussi. Quelques dé-vots y vont avec deux, dont l’une éclaire leur corps & l’autre leur ame. Onfe réconcilié generalement avec tous íès ennemis, on va même les trouver pourfaire la paix & l’on demande pardon à ceux que l’on a offensé. Si la récon-ciliation est refusée on proteste contre le refus devant trois témoins & l’on revienttrois fois á la charge ; après quoi la .conscience du pénitent est dégagée du far-deau de la rancune. Cette conduite est très propre á ménager la paix & laréunion. Quelque grande que íòit une offense , ou n’a pas toujours la hardieflède refuser la réconciliation qui fe demande avec tant d’instance : mais est ellesincère ? & ne se croit on pas en droit de la déshonorer ì íauf à la réhabiliter ledixieme jour dune autre année. Quoiqu’il en soit deux choses rendent cette
me-
O?) Buxtorf, Syn. Jud. Cap. 25*
(h Levìticj. Ch. 16 . v. 17-
(c) Cette Cérémonie ne se pratique presque plus.
(d) Buxt . Syn. Jud. Cap- 2 J-