10 DESERT. SUR LA RELIG. CHRETIENNE
55
33
»
33
33
33
33
55
55
55
lut ; soit que Dieu même leur fasse connoître nos désirs par une révélationparticulière; soit enfin qu’il leur en découvre le secret dans son eíïènce infinie-où toute vérité est compriíê. Ainsi l’Egliso n’a rien décidé sor les differensmoiens donr il plaît a Dieu de so íèrvir pour cela.
,, Quels que soient ces moiens, toujours est-il véritable qu'elle nattribuë à la„ créature aucune des perfections divines , comme faisoient les Idolâtres , puiáqu'elle ne permet de reconnoître dans les plus grands Saints aucun degré d’ex-celience qui ne vienne de Dieu- ni aucune considération devant íês yeux quepar leurs vertus - ni aucune vertu qiîi ne soit un don de íà grâce, ni aucuneconnoiíîânce des choies humaines que celle qu’il leur communique, ni aucunpouvoir de nous assister que par leurs prières, ni enfin aucune félicité que patune soumission 8c une conformité parfaite â la volonté divine.
„ En examinant les íèntimens intérieurs que nous avons des Saints, on ne„ trouvera pas que nous les élevions au-dessus de la condition des Créatures ; 8c„ de lâ on doit juger de quelle nature est l’honneur que nous leur rendons au„ dehors, le culte extérieur étant établi pour témoigner les sentimens intérieurs,, de l’ame.
,, Mais comme cet honneur que l’Egliso rend aux Saints paroît principale-,, ment devant leurs Images 8c devant leurs saintes Reliques, il est â propos„ d’expliquer ce qu’elle en croit.
III. ,, Pour les Images, le Concile de Trente défend expressément (a) d’y crol, j re aucune divinité ou vertu four laquelle m les doive révérer ; de leur demander au*„ cune grâce y & d'y attacher fa confiance z 8c veut que tout l’honneur se rassorteaux originaux quelles representent.
„ Toutes ces paroles du Concile font autant de caractères qui fervent â ndúsfaire distinguer des Idolâtres, puis que bien loin de croire comme eux quequelque divinité habite dans les Images, nous ne leur attribuons aucune vertuque celle d’exciter en nous le souvenir des Originaux.
„ C est sor cela qu’est fondé l’honneur qu’on rend aux Images. On ne peutnier par exemple, que celle de Jesus-Christ crucifié , lors que nous laregardons, n’excite plus vivement en nous le souvenir de (h) celui qui nous aaimez jusqu d se livrer four nous à la mort. Tant que l’Image presente â nosyeux fait durer un si précieux souvenir dans nôtre ame , nous sommes portezâ témoigner par quelques marques extérieures, jusques où va nôtre recon-noisiance ; 8c nous faisons voir, en nous humiliant en présence de limage,quelle est nôtre soumission pour son divin original. Ainsi à parler précisé-ment 8c selon le style Ecclésiastique, quand nous rendons honneur â limaged’un Apôtre ou d’un Martyr, nôtre intention n’est pas tant d'honorer l’Ima-„ ge , que d’honorer l’Apôtre ou le Martyr en présence de ìlmage. C’est ainsi que5 > parle le (c) Pontifical Romain, ôc le Concile de Trente exprime aussi la même choie.
55 Enfin, on peut connoître en quel esprit l’Eglifè honore les Imagés, par l’homneur qu’elle rend â la Croix 8c au Livre de l’Evangile. Tout le monde voitbien que devant la Croix elle adore celui (d) qui a porte nos crimes fur le bois -8c que si fe$ enfans inclinent la tête devant le Livre de l’Evangile , s’ils fe le-vent par sionneur quand on le porte devant eux , & s’ils le baisent avecreípect , coût cet honneur íè termine â la vérité éternelle qui nous y est pro-posée. ,5 On
(a) Concil. Trident. Seií. 2 J. dec. de Inv. &c.ìh Galat. 2 .
(0 v. Pont. R.om. de bened. Injag. Sess. 2 Z. dec. de Inv. &c,
C d) i. Pet. 2 .
55
J5
»
35
55
35
35
33
33
33
35
35
-5
35
55
33
35
33
33