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[Volume I.]
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i6 DISSERT. SUR LA RELIG. CHRETIENNE

pation au Sacrifice de Jesus-Christ est actuelle & effective dans la nou-velle alliance.

i} Toutefois, cómmé st desiroit exercer nôtre foi dans ce Mystère, & en mê-me tems nous ôter l’horreur de manger fo Chair, & de boire son Sang enleur propre efpece ; il étoit convenable qu’il nous les donnât enveloppez sousune efpece étrangère» Mais fi ces considérations l'on t obligé de nous foiremanger là Chair de nôtre victime d’une autre maniéré que n’ont foit les Juifs,il n’a pas dû pour cela. nous rien ôter de la réalité & de la substance.

„ Il paroît donc que pour accomplir les figures anciennes, & nous mettreen possession actuelle de la victime offerte pour nôtre péché, Jesus-Christa eu dessein de nous donner en vérité son Corps &c son Sang : ce qui est très

évident. Nous ne pouvons consentir â n’entendre ces mots qu’en figure,

parce que le Fils de Dieu, si soigneux d’expoíèr â íès Apôtres ce qu’il enseignesous des paraboles & sous des figures, n’aiant rien dit ici pour s’expliquer, stparoît qu’il a laisse ses paroles dans leur signification naturelle. Il n'est pasplus difficile au Fils de Dieu de foire que son Corps soit dans l’Eucharistie, endifont, Ceci eji mon Corps , que de foire qu’une femme foit délivrée de fo mala-die, en difont, (a) Femme , tu es delivrée de ta maladie ; ou de foire que la viesoit conservée â un jeune homme , en difont â son Pere, (h) Ton fils efl vi-vant} ou enfin de foire que les pechez du. Paralytique lui soient remis, en luidifont, (c) Tes pechez te font remis.

„ Ainsi n’aiant point â nous mettre en peine comment il exécutera ce qu’ildit, nous nous attachons précisément â ses paroles. Celui qui foit ce qu’stveut, en parlant opéré ce qu’il dit; & il a été plus aise au Fils de Dieu de for-cer les loix de la nature pour vérifier ses paroles , qu’il ne nous est aise d’ac-commoder nôtre esprit a des interprétations violentes qui renversent tou-tes les loix du discours.

,, Ces loix du discours nous apprennent, que le signe qui represente naturel-lement, reçoit souvent le nom de la chose, parce qu’il lui est comme natu-rel d’en ramener l’idée â l’eíprit. Le même arrive aussi , quoi-qu’avec certai-nes limites, aux signes destitution, quand ils sont reçus, & qu’on y est ac-coutumé. Mais qu’en établissant un signe, qui de foi n’a aucun rapport â lachose, par exemple , un morceau de pain pour signifier le corps d’un hom-me , on lui en donne le nom fons rien expliquer , Lc avant que personne ensoit convenu, comme a fait Jesus-Christ dans la Cene : c’est une choseinouïe, & dont nous ne voyons aucun exemple dans toute 1 Ecriture Sainte,pour ne pas dire dans tout le langage humain.

„ Après avoir propose les sentimens de l’Eghse touchant ces paroles, Ceci efimm Corps , il fout dire ce quelle pense de celles que Jesus-Christ y ajouta,id) Faites ceci en mémoire de moi. Il est clair que l’intention du Fils de Dieu estde nous obliger par ces paroles à nous souvenir de la mort qu’il a enduréepour nôtre folut ; & Saint Paul conclut de ces mêmes paroles que nous an-nonçons la Mort du Seigneur dans ce mystère. Gr il ne faut pas se persuader quece souvenir de la Mort de Nôtre Seigneur exclue la présence réelle de tonCorps : au contraire, si on considéré ce que nous venons d’expliquer, on en-tendra clairement que cette commémoration est sondée fur la présence réelle.

„ Car

O) Luc. r;. 12.

(b) Joan. 4. 50.

(c) Matth. 9. 2.

( d ) Luc. 22. iA. x. Cor. n. 24. 2. Cor. 5. 24.

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