SUIVANT LES PRINCIPES DES CATHOL. &c. ïf
j. Car de même que les Juifs en mangeant les victimes pacifiques so soúvenoièní„ quelles avoient été immolées pour eux, ainsi en mangeant la chair de Jésus-j, Christ nôtre victime, nous devons nous souvenir qu’il est mort pour nous.
„ C est donc cette même Chair mangée par les Fidelles , qtii non feulement„ reveille en nous la mémoire de ion immolation , mais encore qui nous en„ confirme la vérité. Et loin de pouvoir dire que cette commémoration solem-,, nelle, que Jesus-Christ nous ordonne de faire, exclue Ja présence de ía,, Chair, on voit au contraire que ce tendre souvenir qu’il veut que nous ayons,, à la sainte table de lui comme immolé pour nous, est fondé sor ce que cet-,, te même Chair y doit être prise réellement, puis qu’en effet il ne nous est„ pas possible d’oublier que c est pour nous qu’iì a donné son Corps en íacri-„ fice, quand nous voyons qu’il nous donne encore tous les jours cette victi-Z, me a manger.
,, X. Puis qu’il étoit convenable , (a) que les sons n’apperceuffent rien dans ce„ Mystère de Foi, il ne falloit pas qu’il y eût rien de changé à leur égard dans le3 , pain dans le vin de l’Eucharistie. C’est pourquoi comme on apperçoit3 , les mêmes eípeces, & qu’on restent les mêmes effets qu’auparavant dans ce33 Sacrement, il ne faut pas s etonner si on Jui donne quelquefois , & en un„ certain;sons, le même nom. Cependant la Foi attentive a la parole de celui„ qui fait tout ce qu’il lui plaît dans le Ciel & fur la Terre , ne reconnoít„ plus ici d’autre substance que celle qui est désignée par cette même parole ,„ c’est-à-dire, le propre Corps, & le propre Sang de Jesus-Christ , auf3 , quels le pain & le vin font changez : c’est ce qu’on appelle Transiubstan-33 dation.
,3 Au reste, la vérité que contient l’Eucharistie dans ce quelle a d’intérieur,3 , n’empêche pas quelle ne soit un signe dans ce quelle a d’exterieur 8c de son-33 sible ; mais un signe de telle nature, que bien loin d’exclure la réalité,33 il l’emporte neceíîàirement avec soi, puis qu’en effet cette parole, Ceci ejì33 'mon Corps , prononcée sor la matière que Jesus-Christ a choisie, nous est33 un signe certain qu’il est présont : 8c quoi que les chosos paroiísont toujours33 les mêmes à nos sons, nôtre ame en juge autrement quelle ne soroit, si une„ autorité soperieure n’étoit pas intervenue. Au-lieu donc que de certaines eípe-3 , ces & une certaine soite d’impreífions naturelles qui so font en nos corps ont„ accoutumé de nous désigner la substance du Pain 8c du Vin, Tautorité de ce-3 , lui à qui nous croyons fait que ces mêmes especes commencent à nous dési-33 gner une autre substance. Car nous écoutons celui qui dit , que ce que mus33 prénoms 3 & ce que nous mangeons ejì son Corps j 8c telle est la force de cette pa-33 rôle, quelle empêche que nous ne rapportions à la substance du Pain ces ap-33 parences extérieures, 8c nous les fait rapporter au Corps de Jesus-Christ33 presont : de sorte que ía présence d’un objet si adorable nous étant certifiée33 par ce signe, nous n’hesitons pas à y porter nos adorations.
33 Je ne m’arrête pas sor le point de l’Adoration, par ce que la présence de„ Jesus-Christ dans l’Eucharistie doit porter á l’Adoration ceux qui en sont„ persuadez.
,, Au reste étant une fois convaincus que les paroles toutes-puiffmtes du Fils„ de Dieu opèrent tout ce qu elles énoncent, nous croyons avec raison qu elles33 eurent leur effet dans la Cene aufli-tôt quelles furent proférées ; Lc par une
E 3 , fuite
00 De la Transsubstantiation, de l’Adoration, & en quel sens l’Eucharistie est un signe.
Tome I. 2 .. Partie .