SUIVANT LES PRINCIPES DES CATHOL. &c. 29
formel. Suivant eux faction de réfléchir est comme une fuite de 1 état d’imper-section : mais on est bien plus imparfait* lorsque l'on s’est débarrassé, pour ainsi dire,deíà volonté, 8c que l’on devient une machine á ressort montée ait gré dune Pro-vidence, qui anéantit la liberté des actes humains, fans qu’on puifle plus agir en au-cune fàçon parsoi-même. Si l'on tire de ces principes les conséquences que l'on enpeut tirer naturellement,il íè trouvera que telle est l’idée que le Quietisme donne de Dieu,Il fuit donc des principes du que les actes qui íè font fans réflexion
doivent être infiniment agréables â Dieu, puisque les actes non aperçus, ou aperçusconfusément sont les plus parfaits : mais comment pourroit on par de tels actes íèperdre 8c s'anéantir en Dieu, puisque Dieu est la raison suprême ? peut 011 lui plaireen agissant fans réflexion? 8c si,en conséquence de la raison que Dieu a donnée â l’hom-me, les actes vertueux produits par elle font au contraire ceux qui imitent le mieux ksagesse infinie de Dieu, peut-on aimer la vertu fans réflexion ? On peut voir dans (a)l’Ouvrage déja cité de M. Bofuet comment il réfuté ces principes , de même quece que les Mystiques appellent le ‘vice de multiplicité y c’est-à-dire le renouvellementjournalier des Actes de foi, d’eíperance 8c de charité. Il est certain que ces Actesdeviendroient des défauts dans la pieté, s’il falloit íè défaire de íà volonté, cesse rde réfléchir sor íès actions, 8c donner même l’exclufion aux demandes que l’onpeut 8c que l’on doit faire à Dieu de sos grâces.
(h) L’Oraison passive des Mystiques connus sous le nom de §uietiftes ne de-mande aucune méditation j (c’est le principe posé, il est presoue inutile de le re-peter : ) c’est simplement une contemplation pastive. Elle íe peut faire en touttems 8c ne détourne de rien ; car la maniéré de chercher Dieu est si aisée & finaturelle, (ajoutons y si involontaire , 8c soivant eux íi imperceptible,) que l’airque l’on respire ne lest pas davantage, ni la respiration plus continuelle. Si ïmaprenoit à nos freres errans (c) à croire simplement <& à faire oraison y au lieu dedisputer beaucoup y on les r amener oit doucement à Dieu j ainsi s’exprime un Mysti-que cité par M. Bossuet , 8c par conséquent il est inutile d’emploier la contro-verfè 8c le raisonnement pour convertir les Hérétiques.
L’ame Çd) qui devient véritablement amoureuíè de son Dieu íè trouve d'a-bord dans le sou ardent des tentations. Elle ne croit jamais avéc plus de force,que Ioríqu’elle marche affligée 8c tourmentée de cette maniéré. Ses doutes 8cses craintes, pour savoir si elle croit ou ne croit pas , si elle a consenti ou refuseson consentement, sont des effets de la delicatestè de son amour Lee. Cet amour(selon les Quietiftes) demande que l’on renonce ( e ) à son prochain, juíqita ce queDieu tire le fidelle (Quietiste) de letat (deQuiétude) 011 il est. „ Laissés lui ce soin,„ continue Molinos 3 8c demeurés tranquille , détaché de tout, résigné entierement3 >à son bon plaisir. Vous n’étes pas oisif pour cela. fí L’amour divin épure l’ame,lorsque Dieu fait en elle une (f) préparation pastive en la mettant au sou de ktribulation 8c des tourmens intérieurs 8cc. On ressent alors une sécheresse passi-ve,
heurs qui puìjfe lui arriver • Br me c'est une marque que Dieu la mène par L foi & par le silence &e. Molinos Gui -de Spirituelle, p. 18. Ed/dTIoll. 1(a) Livre 5 & <5-.
0 ) L’Oraison passive, ou de repos & de quiétude , s’appelle aussi de simple présence , de simple regard,& de simple remise en Dieu, selon les termes de 8. François de Sales dans son Traité de P Amour de Dieu* LaDévotion appelle patir & fìufrir les oppositions qui se font au mouvement propre, les impressions que 1 on re-çoit de Dieu, & ou 1 homme n’a point de part. Voi. Bojfuet InfiruBion &c. Livre VII.
(q II est vrai que dans l’enfance du Christianisme cette méthode étoit pratiquable. Les opérations des Apo-ties etoient toutes surnatelles. Le S. Esprit agistoit immédiatement sur ceux qu’il vouloir convertir.
(d) Molinos Guide Spirit. Introd. Ch. x.
(e) Ibid. L. r. Ch.
C f) Molinos Guide &c. L. z. Ch. q..
Tome I. x. Partie. H