SUIVANT LES PRINCIPES DES CATHOL &c. 31
Il faut dire maintenant quelque choie de la personne de Moîinòs & du pro-grès que ses opinions firent d’abord. Ce Prêtre , Espagnol de naissance &c d’unefamille considérable, étoit d’un. naturel severe & mélancolique. On prétend qu’ilavoit toujours méprise les (a) pratiques exterieures de f Eglise & les dévotionspopulaires. En 1675. il publia (b) se Guide Spirituelle , avec l’aprobation de 5.Docteurs. Il y a quelques beaux endroits dans ce Livre, quoi quen gros il ne ren-ferme souvent qu’un pompeux galimatias, & des idées très creuses, comme ona pû le reconnoître aux paílages que nous venons d’en extraire. La traductionFrançoise n’est pas exacte. Les aprobations des cinq Docteurs font croire qu’ilsn’avoient pas lû ce Livre , ou qu’ils ne l’entendoient pas, ou qu’ils l’avoient (c)examiné fort a la legere. La Guide Spirituelle attira de la réputation a ion Au-teur , qui fut soutenu de plusieurs (d) personnes très distinguées dans l’Eglise • par-mi lesquelles il y avoit des François qui prétendoient se servir de lui pour réunirles Catholiques Romains & les Protestans. Le Pape Innocent XI. lui donna degrandes marques de íà protection, & dés lors la dévotion Molinosiste fructifiaparmi les Romains. Plusieurs dévots &c devotes abandonnèrent le Roíàire & leChapelet, l’Oraison mentale prit le dessus, & les Confessionnaux des Jeíùites furentmoins fréquentés qu’à l’ordinaire. Ce fut lá, dit-on , la premiere caufe du désa-stre de Molinos. On écrivit contre íà nouvelle heresie, & le P. Segneri fut celuiqui se signala le plus. Il l’attaqua vivement fur cette Proposition, qui a Dieu aJesus-Chrifl. ( e ) Il prétendit quelle tendoit à fàire oublier âu fidelle l’humanitédu Sauveur. L’Inquisition prit à la fin connòissance de ces disputes : mais Mo-linos triompha pour lors de ses ennemis. On revint á la charge, on leur in-tenta de nouvelles accuserions, on alla examiner si Molinos n’étoit pas de raceJuive ou Moresque- Cependant le (sttuietisme provigna si fort, que M. Burnetdans son Voiage d’ítalie en compte vint mille à Naples. Cette propagation spi-rituelle ne manqua pas d’attirer fur Molinos de nouveaux orages. Si l’on en croitl’Auteur de la Lettre que nous citons, on en fit une affaire de Politique. Onfit entendre au Roi très-Chrétien, que Molinos étant Eípagnol, il mettroit ceux dese Secte dans les intérêts de son Roi, & qu’ainsi tous les Quietìjìes feroient autantd’ennemis jurés de la France. Tel fut, nous dit-on, le prétexte dont on se servitpour animer le zélé du Roi de France, qui ordonna au Cardinal d’Etrées sonAmbassadeur à Rome de poursuivre Molinos & ses disciples, (f) On commen-
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& aux autres le plus affreux des Caractères. Il faut convenir que la suppression des Actes de vertu y con-duit naturellement. Quelque spirituel que l’homme puiíïè devenir , il est toujours dans la dépendance des°kjets qui l’environnent, & par conséquent il ne peut se soutenir dans la feule contemplation. II y auroittoujours parmi les contemplatifs des âmes grossières, qui s’affaisseroient fous le poids des sens, & qui devien-draient capables des ordures & des brutalités qu’on leur attribue. Les spiritualités outrées des Mystiques nepeuvent que leur attirer tôt ou tard des chutes honteuses. Cependant il est bon de distinguer ici la spéculationde la pratique; parce que ceux qui établissent les principes ne voient pas toujours les conséquences qu’on enpeut tirer, ni les endroits soibles qui donnent entrée à la corruption des mœurs.
(a) Extrait d’une Lettre Anglois dans le Recueil de pièces touchant le Quietìfìm. Imp. en 1688.
(0) Ibid. ~~~
. ^1, P^Emiere approbation dit que le stile de ce Livre est intelligible dans les matières les plus obscures;que uteur ne s’éloigne point des Ecritures Saintes &c. la seconde & la troisième disent à peu près la mê-me choie. La quatrième entre plus dans le détail, mais elle est aussi plus sage, & son Auteur, qui étoit Jesui-n aprouve e livre qu’autant qu il en peut juger dans l'élévation continuelle ou Molinos entretient l’esprit.
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vec ce ménagement 1 aprobation déplut à la Compagnie, & l’on prétend que l’on n’entendit plus parleruteur. La cinquième contient un galimatias digne du Capucin qui l’a donnée.
1 \ .Y 0 . 1 * àvE de la Lettre citée ci-dessus dans le Recueil &c.i r-j '° 1 . CS . CI_ “ evan . t ^ Remarque (e) à lapag. 27. On ne trouve pas cette Proposition en termes formels dansm e Spirituelle : mais Malavalàâx. expressément, que Jesus-Chrijì est plus par fa Divinité que par son humanité,^7 tous»™ a Dieft fi n g e toujours à Jefus-Chrift. Quoique souvent cet Auteur ne s’entende pas lui-
TE’ ,*! .mble pourtant que ces paroles pourraient recevoir une explication raisonnable.
(jj V01. la Lettre que nous avons déja citée.