42 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.
blées de ces pauvres dans certaines Eglises de leurs quartiers, ils prirent le nomSc le titre de ces Eglises. On commença à les nommer Cardinales sous le Pon-tificat de Saint Sylvestre. Dans la sente cette charge devint beaucoup plus con-sidérable , & peu à peu elle est montée au point où nous la volons : de sortequelle est depuis long-tems la récompense de ceux qui ont bien servi l’Eglise &se Sainteté. Les Princes mêmes ne croient pas s’abaiíser en devenant membresdu Collège des Cardinaux. ‘ Le Saint Pere donne souvent cette Dignité aux Su-jets des Rois, comme, une marque de se bonté paternelle: mais il n’appartientqu a quelques-uns de ses enfans spirituels de nommer au Cardinalat. Cette con-duite est fort avantageuse à la puiísence du Pontife Souverain, &c augmente con-sidérablement les revenus de Saint Pierre.
3. La Souveraineté Spirituelle que le Pape tient entre ses mains l’autorise alever des subsides, á faire des collectes , à (a) établir des Dîmes ; &c le privilè-ge qu’il a de beatifier & de canoniser les Saints de l’Eglise ; d imposer & da»breger les pénitences ; d’accorder les Indulgences & le rachapt des péchés ; ladistribution qu’il fait des Agnus &c. les dispenses, les pèlerinages: enfin toutes lesOeuvres pies des Princes , sont autant de moiens qui contribuent à enrichir leVicaire de Jésus-Christ, & qui retiennent les fidelles dans le devoir, (h)
Ça) Les Armâtes.
{b) Ces Annates, ces Oeuvres pies &c. sont des preuves de l’obeïíTance filiale que les Princes doivent auS. Pere & de la supériorité qu’il adroit de s’attribuer fur eux. Comme Successeur de Jésus*Christ Sa Sainte-té dispose de ces tributs pour les besoins de l’Eglise militante, & pour entretenir le lustre & l’éclat dans laDévotion des fidelles. C’est de ces tributs qu’elle tire les fonds destinés à recruter ses Troupes Spirituelles.D’où prendrait elle, fans ces tributs, dequoi soutenir le rang dune infinité de Généraux & d’Officiers, quifont la guerre aux Puissances de l’Enfer, & mènent eux-mêmes avec intrépidité les Milices de l’Eglife contrel’ennemi ? Comment paierait elle une infinité de ruses de guerre que l’esperance du gain a fait inventer ? Si leVicaire deJesus-Christ étoit pauvre, comme l’étoit autrefois celui qui lui a laissé íà Succeffion ; s’il ne lui plai»soit, non plus qu’à son Maître, de donner des honneurs, & des revenus temporels; qu’on nous dise de bonnefoi de quel air les Ecclésiastiques regarderaient la Religion Chrétienne &ses félicités éternelles: Otés à ceux qui ser-vent dans les Armées de l’Eglise toutes les espérances de ce Monde, les honneurs, la paie, le droit de faire bonneguerre, de vivre à discrétion & d’exiger des contributions; ne laissés aux Prélats que les consolations du SaintEsprit , & vous verrés tomber en ruine l’édifice de la Religion. Après avoir justifié le droit de Souveraine-té que le Pape a acquis dans l’Eglise, il est bon de proposer ici tout de suite au Lecteur les douze moiensqui servent à defendre ce droit, & qui sont comme les douze colomnes de cette Souveraineté. L’Evangilenouveau du Cardinal Pallavicin nous fournit ces douze moiens.
x. Les dont nous avons déja parlé, font voir que le Pape est le seul Patriarche; qu’il á droit de les re-
cevoir de toutes les Eglises de la Chrétienté pour tenir lieu des Décimés dues par les Evêques &c. le S. Perene reçoit ces Annates qu’à cause du temporel qui est attaché à la Grâce spirituelle.
2. & 3. Les Pensions, les Benefices & les Commandes, dont les avantages temporels appellent un nombreinfini de Chrétiens à servir l’Eglise de Dieu,
4. 5. La pluralité de ces Benefices & le pouvoir d’en disposer absolument.
6 . 7. L’Evocation des Causes Majeures & la réservation des Cas.
8. Les Jubilés frequens & les Indulgences. /
5», Les Dispenses données pour de l’argent: moien dont nous avons déja parlé.
10. Les exemptions des Chapitres: moien qui met une disserence infinie entre l’Evêque & le Pape, Scsoumet immediatement le Chapitre à son légitimé Souverain.
11. Les Privilèges & les Immunités des Religions, que le Cardinal Pallavicin compare ingénieusement auplein pouvoir que les Généraux Romains recevoient de leur République, lorfqu’ils faisoient la guerre dansles Provinces éloignées du Sénat,
12. L’Inquisition.
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