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[Volume I.]
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p8 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.

íê triste, na dans cette occasion , ni crosse ) ni gands, ni sandales. Il ne ditni le Judica , ni le reminificans , ni le quam diïecía , ni plusieurs Oraisons desautres Messes. Après le Confiteor le Prélat Célébrant baise l’Autel íâns baiser leLivre: pour les (a) Ministres, ils ne baiíènt quoique ce soit a cette Messe , parceque les baisers y íônt défendus. Ils ne font aucun signe de Croix au commen-cement de Ylntroite , ni à l’absolution. On n’enceníe point l’Autel au commen-cement de la Mestè. Enfin , íâns observer plusieurs autre disserences moinsimportantes pour un Lecteur Séculier que pour un Prêtre, il suffit de remarquerque le Célébrant ne fe frappe pas la poitrine à Y Agnus $ qu’il ne donne point lebaiser de paix ; qu’il finit îa Messe íâns bénédiction ; qu’on ne publie point d’In-dulgences, ôc que le Diacre dit pour le repos des défunts le Requieficant in faceau pluriel, si c est une Messe generale des Morts.

Le prône fuit la Messe , & pour cet esset la Chaire est tendue de noir. Sil’on officie pour un particulier qui s’étoit distingué par íôn rang , oupar fes vertus, ou par des fondations pieuses , ou par une fortune surprenan-te, la Meste, qui doit procurer â son ame le repos & la tranquillité en l’autreMonde, est suivie d’une Oraison funebre , où le panégyriste du mort déploieautant qu’il le peut toutes les beautés de la Rhétorique, &c (h) tache de ren-dre la grâce de la nouveauté â des louanges surannées , que l'éloquence asoit naitre au commencement des siécles, & que la flaterie empêche toujours demourir.

O ri fait une ( c ) Chapelle ardente, ou une repreíèntation avec des Chandeliers,&: des Cierges de cire jaune dans le millieu ou dans quelqu’autre endroit de l’E-gliíè pour les Morts dè distinction. On peut aussi la mettre autour du tombeaudu défunt. S’il n’a pas été enseveli dans cette Eglise, on peut la mettre dansla nef, si c’est un Laïque ; ou dans le Chœur, si c’est un Ecclésiastique , pour-vu que le Chœur soit distingué du Presbytère : car la Chapelle ardente ne doitjamais être dans le Presbytère. Le corps du Prêtre aura la tête tournée vers l’Autel,& celui du- Laïque y aura les pieds. Après le Sermon on procede â l’absolution dudéfiint, â peu près de la maniéré suivante. L’Evangile de S. Jean étant dit,le Célébrant , le Diacre & le Sou-Diacre reviennent au millieu de l’Autel,où aiant fait une génuflexion, ou une inclination , s’il n’y a point de taberna-cle , ils vont du côté de l’Epître. Etant desoendus au bas des Degrés, le Sou-Diacre prend la Croix , après avoir quitté son Manipule, aussi bien que le Dia-cre ) & tous ensemble ils vont au lieu où est la Chapelle ardente ou la repre-íèntation , de la même maniéré que l’on iroit pour enterrer le corps du défunt.Le Thuriféraire & le Ministre de l’Eau benite marchent les premiers ; le Sou-

Dia-

(a) Minijlri nihil prorsus ofculantur. , Baúdry. Prohibentur ofcttla in hac Aíijfa. Idem.

C b) Sur toutes choses un Orateur doit éviter la sécheresse en cette occasion , & plûtôt que de tarir fur lemérite du mort ; il cherchera dans les Anciens & dans les Modernes quelques expressions flateuses, qui luiaaroitront applicables au défunt qu’il doit louer. Il essaiera de copier adroitement les tours délicats, les com->limens ingénieux, les phrases sonores, qui occupent regulierement les Assemblées d’une Académie célé-bré. Le Panégyriste doit observer dè cacher les défauts de son héros, & ne parler que de fes belles qualités.Si le rtìortí’s’est rendu fameux par des fondations pieuses , ou par des libéralités faites aux Eglises, ou patune retraite aussi avantageuse au Couvent qu’il a choisi pour se retirer , que salutaire à son ame; il fera brillesune circonstance, qui, par la voie de la Canonisation, a procuré à plusieurs Saints les premieres places du Ciel-Si le héros sortant de l’obscurité de sa naissance, a su, pour ainsi dire , voler avec rapidité aux plus hautesDignités d’un Etat, il prouvera que ce n’est pas la fortune qui fait d’un Pédant un Duc & Pair. Ensin sil’Orateur est de son métier faiseur d’Eloges , s’il est gagé pour louer & les vivans & les morts , ilimitera sagement un autre Artisan en Eloquence, qui se tenoit toûjours assorti d’Epîtres Dedicatoires, deHarangues & d’Oraisons funèbres pour son détail, y laissant le nom en blanc qu’il remplissoit à mesure qu’ilen vendoit quelqu’une.

(c) On appelle Chapelle ardente tout l’apareil funèbre qui environne le corps ou la reprefentatiun d undéfunt.