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[Volume I.]
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I I6 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.

bénit encore celui qu’il vient de consacrer a la guerre. Celui-ci baiíè la mâistdu Prélat, ote l’épée Sc les éperons Sc s’en retourne en paix au logis.

On consacre les Drapeaux, Sc les Armes par les signes de Croix &: ’aíper-sion avec l’Eau Benite. Nous renvoions la Bénédiction de l’Eau , du Sel Sc de l’ En-cens à la Dédicace des Eglises. Personne n’ignore (pavant le Sacrifice de la Méf-ié (a) on aíperíè le Peuple avec cette Eau Sc que le Evêque seul doit avoir lePrivilège d’en prendre lui même. On la répand aussi sur l’Autel, & furiesmalades qui sont a l’article de la mort, dans les Cimetières fur les Corps morts,& fur les tombeaux des défunts. Enfin les dévots en tiennent chez eux pourleur usage particulier, afin de íè garantir du tonnerre & des orages, Sc détournerla malignité des Démons, qui íè mêlent ordinairement dans l’agitation de Pair.

II n’y a rien de particulier a la Bénédiction des Cierges.

Le P R Ô N E

Cette partie du Service Divin est trop importante , pour ne pas en parler ici.Sous le nom de Prône le Rituel d’Alet nous dit qu’il faut comprendre l’Instru-ction qui íè fait au peuple touchant ce qui est neceílàire pour ion salut ; les priè-res que PEgliíe fait, principalement pour les fidelles ; la publication des Fêtes,des jeunes, des Bans ou Annonces, des Ordres sacrés, des Mariages Sc des autreschoies qui regardent la Discipline de TEgliíè. Le Prône sè fait après l’Evan-gile , parce que cette partie du Service Religieux est particulièrement destinée àdonner l’explication des Mystères Sc de la parolle de Dieu.

Après P Evangile le Curé , qui doit faire le Prône , aiant salué P Autel descen-dra au bas des degrez par le côté de l’Epître, otera la chasuble Sc le manipule,prendra son bonnet , íè mettra à genoux au millieu du dernier degré de l’Au-tel, & y offrira a Dieu faction qu il va faire. Ensuite il ira à la chaire, & s’iln’y en a point, il fera le Prône á l’entrée de la nef debout & couvert : maisqu’il soit en chaire ou non, il doit être vû de P Assemblée (b) en un lieu d’où ilíè puisse faire entendre à elle. Avant l’Instruction il saluera la Croix, il en ferale (c) signe fur soi. Ensuite il saluera les principales personnes de l’Astèmblée Scle Peuple. En Italie la Salutation Angélique (d) précede le commencement dudiscours • En France elle fuit la conclusion de l’Exorde. Si pendant la lecture de

l’In-

(d) On tient de l’Eau benite à l'entrée des Eglises dans des Vases que l’on nomme Bénitiers : pratiqueoriginaire du Paganisme, mais consacrée ensuite dans la Religion Chrétienne. ,

{b) Sans nous enfoncer dans une vaste érudition pour y chercher si tous ceux de l’Antiquité, qui ont parleên public, ont toujours choisi pour Theatre de leur éloquence un lieu élevé; ni si au défaut de Chaires & deTribunes, ils ont mieux aimé monter fur quelques mottes de terre ou fur des bancs, que de se trouver de niveauavec ceux à qui ils parloient : fans dis-je toutes ces recherches, on doit convenir qu’un homme qui haran-gue une Assemblée doit être vû de tous ceux qui la composent : il ne le peut-être s’il n’est élevé. C’est-’ 3î’origine des Chaires & des Théâtres. Dans les premiers Siécles de l’Eglise, l’Evêque instruifoit le peuple o ului pféchoit astis ou debout dans une chaire qui lui étoit uniquement destinée. Souvent le Prédicateur montoit fur les Degrés de l’Autel. On peut voir fur ce sujet diverses Remarques curieuses dans l’Ouvrage d £Ferrarius de Rit n Veteris Ecclejìœ Concionum. L. 3.

(c) Il paroít par un passage de Corippus , Poète contemporain de l’Empereur Justinien , que les Pnnce»Chrétiens parlant en public faifoient un signe de Croix avant que de commencer leur discours. Les Docteursde l’Eglisé observoient la même chose, lorsqu’ils diíputoient avec les Hérétiques & les ïnfidelles : peut-etiepour chasser le Diable, que le 'Pape exorcise en la personne de ceux qu’il réconcilié à l’Eglise.

( 4 ) Baudry Manuale Caerem. La coutume de réciter la Salutation Angélique avant que de commencer seSermon n’est pas fort ancienne, si, comme le dit Ferrarius dans le Traité que nous venons de citer, S.cent Perrier, qui vivoit au commencement du 15. Siécle, est le premier qui en ait parlé, ou même qui "seinstituée. On croie que les blasphémés & les heresies contre la Sainte Vierge, fruits des derniers Siécles, onintroduit cette Coutume. Erasme lui a donné une origine bien moins sérieuse. Il a avancé que les 1 te