DES CATHOLIQUES ROMAINS* 117
i’fostruction, ou la recication du Discours, le Curé ou le Prédicateur pronon-ce le nom de Jésus, ou de Marie , il ôte le bonnet & fait une inclination,so) Il fait la même choie en Italie , lors qu en prêchant il nomme le Pape ré-gnant. L’Instruction & le Sermon finissent par la Bénédiction que le Curédonne au Peuple: mais s’il prêche devant son Evêque ou devant quelque autreSupérieur Ecclésiastique, il lui demande la Bénédiction avant que de commen-cer le Sermon,
L’on prêche la tête découverte devant son Evêque ou devant le S. Sacrement ex-posé solemnellement sur l’Autel. La Salutation Angélique ne se dit point le Ven-dredi Saint : à íà place le Prédicateur qui est a genoux (b) s’adresse par une priè-re à la Croix qui est sor l’Auteí, ou sor le pupitre de la Chaire. Après le Ser-mon , il montre au peuple l’Image du Crucifix. Il a pour lors a ses côtés deuxAcolytes en sorplis, qui tiennent chacun un Cierge allumé. On peut lire, fiIon veut, dans les Rituels, plusieurs autres particularités sor ce sojet, plus pro-pres pour les Curés que pour toute autre personne.
A l’égard de l’exterieur du Prédicateur, & du caractère des Sermons de ceux quidoivent prêcher l’Evangile j on sitit ailes que nous ne vivons plus dans le siécle desBarelette , & des Menot. Aujourd’hui on ne connoit gueres ces Prédicateurs fanatiquesLe extravagans, qui ont fourni quantité de boufonneries a (c) l’Auteur de l’ Apologiefour Hérodote. La France s’est purgée de ces ordures, & quand même il y auroit desCurés de Campagne assés impertinens, ou assés grossiers pour tomber dans les excés deceux que nous avons nommé ; les Bourdaloue, les MaJJlllon , les Cheminais & tous les ex-cellens Prédicateurs, qui sont maintenant répandus dans toutes les parties du Roiau-me, prouveroient invinciblement le mépris que l’on y fait de ces indignes Ouvriers quifont de l’Evangile un objet de raillerie pour les libertins. Les Décréts des Conciles or-donnent que le Prédicateur soit revêtu de la gravité Apostolique; & défendent tout cequi est contraire à la bienséance avec laquelle un Pasteur doit annoncer l’Evangile*Cependant l’Italie n’a pû encore s’assujettir a cette bienséance si neceíïàire pourdonner du poids a la Religion. Non íéulement leurs Sermons sont remplis depointes, d équivoques Lc d’allusions froides, mais leur extérieur est encore ce-soi d’un Baladin de Theatre. Ils font excessifs dans leurs gestes , frapent despieds & des mains, roulent les yeux & se promènent avec une vivacité déré-glée d’un bout de (d) la chaire à í’autre. ,, Les plus beaux Sermons, a dit un„ (e) voiagcur célébré, en parlant des Sermons Italiens , sont ceux qui font rire-, le plus. Chaque Ordre de Moines a fa maniéré particulière. " Le voiageur£ùt grâce aux Jésuites, mais a l’égard des Capucins : „ ils fulminent toujours,
„ ajoute
dateurs Vont établie pour faire la cour au beau sexe, & pour muteavant que ^ SermonEs Muses au commencement de leurs Poemes. Autrefois on obier v J k ssl d pEglisc Juive,
commençât. C’étoit une des fonctions du Diacre, î Ewerne chose ' àâ 8
avant ^lecture des livres sacres. Une desniiere
Aujourd’hui, selon Ferrarms, 1 E S lí e e i ^ n J i , prédicateur ordonnoient eux mêmes le silence en faisantd imposer silence au peuple. Souvent 1 Orateur ou 1 r ç nI1 : r e a onn oient en disse-
%»e P de la main à ^emblée. Noua ne .oucho^pom£ ££*
rentes maniera. 11 vaut mieux remarquer que quelques emns tirées oa uvres r fi E
ment comme aujourd’hui l’Instruction du Peuple ou E Di cours q pp C (jokers , com- 5
toujours prariqué k même chose, auffi-bien que toutes les Assemblées .de Chrétiens. excepte Us !»«■me on le dira dans la fuite.
Ça) Pifeara Praxis Caerem. L. z. Sect. z. Cap. 6.
(b) O Cmx ave, fies mica y hoc pafiìoms tempore, &c.
(c) Henry Etienne.
( d ) En Italie les chaires font fort longues & larges à proportion,
Ce) Aíijfon. Volage d’Italie.
Tome L z. Partie . G g