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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS, ìip

âuíïì singulière pour le moins que les Italiens. „ Les Prédicateurs , dit F Auteur,ì des Delices de l’Espagne , y prêchent dans les places publiques 8c dans les gran-„ des rues ; & pour peu d’habileté qu’ils aient, ils ont toujours un nombreux„ Auditoire. Leur manière est un peu differente de celle des autres Nations, ils

33 affectent particulièrement de toucher les pécheurs, 8c pour cet effet ils se don-

33 nent de grands mouvemens, & a de certains endroits ils íè frapent la poitri-33 ne, ou íe donnent des íôuflets, 8c toute l’Assemblée fait la même choie après33 eux. Quelques-uns réservent les grandes exclamations pour là fin de leurs Ser-33 mons, & ceux qui ont le plus arraché de larmes sont ceux qui ont le mieux33 prêché. " Voici le fragment d’un Sermon fait un Dimanche de Pâques par unPrédicateur Portugais 8c rapporté par M. Dellon dans (a) íes Voiages. Ilest singulier. „ Vous fivés, dit le Prédicateur, après avoir fait le signe

33 de la Croix, que ce Sermon est institué pour trois raisons ; la première

33 est pour souhaiter de bonnes fêtes aux auditeurs. Pour satisfaire, Messieurs, â33 cette obligation , je vous souhaite â tous dans ces saints jours toutes sortes de33 bénédictions 8c de prospérités. Le second motif de cette Prédication est pouf33 demander les œufs de Pâques, ou les preíèns que l'on a coutume d’envoier au33 Prédicateur â la fin du Carême. Pour cet article je vous y exhorte. . . ,>, Enfin, Messieurs, la troisième raison pour laquelle on prêche en ce jour, est,3 , comme vous le íâvés, pour faire un peu rire les Auditeurs, qui peut-être son t3 , trop abbatus 8c trop affligés par les austérités 8c les mortifications qu’ils ont„ pratiquées pendant le Carême. Pour tâcher d’y réussir, je vous dirai qu’hier,, au matin. ... je rencontrai le gros Grégoire, qui ne me parut pas â jeun ;3 , &c. " Un tel discours excite plutôt la pitié que la belle humeur : mais ne íè-3 , roit il pas copié de celui du Curé de Colignac ? ou M. Dellon , chagrin d’a--3 voir été, long-tems maltraité dans les prisons de l’inquisition n’auroit il pas3ì outré les idées ?

A l’égard de la voix 8c de la gesticulation du Prédicateur , elles ne sont pasdu ressort d’un Ouvrage comme celui - ci. Il s’y trouve pourtant quelque cho-se qui dépend de la mode 8c de la coutume. On toussoit autrefois méthodi-quement en France en certains endroits du Sermon , 8c cette toux , qui cer-tainement netoit pas Ciceronienne, fe trouve marquée comme un agrément dansles Sermons d’Olivier Maillard Prédicateur du quinsiéme siécle. Nous ne di-sons rien (b) du François 8c du Latin, qui paroissoient tour â tour dans ces DiscoursOratoires. Rabelais, s’est mocqué agréablement 8c de la toux 8c du mélange duFrançois avec le Latin , par Impertinente harangue qu’il met dans la bouchede son Janotus de Bragmardo. On a vû regner les allusions, les pointes 8c lesantithèses. Les vagues déclamations ont eu leur tour. Un pathétique outré, ac-compagné de gestes bizarres, a été capable de plaire. Les saillies burlesques & Co-niques plutôt que Chrétiennes touchoient les cœurs de nos ancêtres : elles sontmaintenant abandonnées aux Capucins. Une Instruction familière 8c simple,°u la seule lecture de l’Euangile suivie de quelques réflexions d’un style populai-re, sens être ni bas ni rampant, feroient plus de fruit, fi l’oreille ne fe dégoutoitde ce qui est uniforme , 8c c’est ce dégoût qui donne lieu â la mode. il est^rai qu’elle se trouve aussi soutenue par l’ambition du Prédicateur, qui d’ordi-nûre ne fuit la route de l’éloquence 8c ne travaille â la conversion de ses Au-diteurs , que pour s’établir dans le monde.

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p ?- 459 - Ed. de 1709. imprimée à Paris, quoiqu'il y ait à Cologne.t W Cela étoit encore en usage à la fin du seizième siécle, comme on peut le voir dans les Sermons de Ma?-re Jean Boucher fameux Ligueur. On y trouve du Latin & même du Grec*