DES CATHOLIQUES ROMAINS. 187
FÌagellans, qui marchoient deux à deux eii Procession par les Villes, & se Fouet-toient en public d’une maniéré beaucoup moins édifiante que digne de com-paííion. La dévotion du Fouet attaqua bientôt des femmes, biles se fouettèrentauíîì, mais pour ne pas scandaliser le public , elles se fouettèrent en chambre'.(a) Quatre vint neuf ans après que cette Secte de Flagellans íè fut formée, il s’enéleva une autre, qui prétendit avoir reçu de Dieu la commiífion de íè fouetterpour les péchés du Genre humain. Les enfàns méme firent entr’eux une So-ciété de Flagellans. Il paroît par l’Auteur cité, que ces bonnes gens cenfuroienfcailés vivement les vices ôc le relâchement des Chrétiens : mais cependant onne peut nier que cette dévotion surprenante n’ait été accompagnée de beaucoupde fanatisme.
Telle est á peu près 1 origine de la Flagellation, qíie (b) les Peuples dTtalie^d’Eípagne ôc de Portugal ont adoptée dans leurs pénitences publiques ôc parti-culières, & que plufieurs Ordres Religieux pratiquent dans leurs Convens.Nous aurons occasion de parler encore de la pénitence , lorsque nous ferons ar-rivés au Sacrement de la CmfeJJìm ; ôc nous décrirons la Procejìon des Discipli-nons d’Eípagne a l’article des Processions.
Rien ne paroît plus nécessaire que l’Oraison. Elle íè trouVe dans toutes lesReligions : mais si 1 extérieur de l’Oraison n’est accompagné d’un sentiment in-térieur de vertu, toute íà régularité íè doit regarder comme Une coutume, oucomme une cérémonie , & c’est en cette qualité quelle trouve place dans notreDissertation. Il faut donc regarder comme une cerçmonie, l’O raison de ceux qui,entoilés dans une Confrairie, obíèrvent religieusement tous ses statuts, & cependantne se font aucun serupule de s’abaridonner aúx vices; de ceux qui a l’heure déla mort s’enveloppent dans une Robbe Monachale, & donnent aux Convensle patrimoine qu’ils enlevent à leurs plus proches, de ceux qui se jettent dansla dévotion, dès qu’ils s’aperçoient que les sens ne peuvent plus leur servir. Cetéchantillon donne une idée assés juste de ce que nous appelions Priere de Cérémo-nie ôc que l’on pourroit traiter de Compliment fait a la DivinitésNous laissons le détail áux Confesseurs.
(c) Il faut mettre au rang des coutumes, l’uíàge de porter certaines Oraisonsfor foi; usage que l’on peut regarder comme un reste superstitieux des Amule-tes ; celui de prier exactement à la même heure ôc toujours dans une mêmeposture, ou dans la situation la plus difficile que l’on se puisse imaginer ; celuide s’assujettir a réciter une certaine priere (d) pendant un certain nombre défours, &c.
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(a) Chronique citée par l’Abbé BoiledU. Ibid.
(b) Les pénitens se distinguent en Italie par les couleurs. Us formeiit plusieurs Confraîríes fous le nomà pénitens bleus, verds , violets, gris, noirs & blancs. Pendant lá setnaine sainte les Confrères se flagellent encadence avec des fouets de cordelettes, qui, dit-on, font plus de bruit que de mal. Si cela est, leur pénitencefle fe fait pas avec autant de bonne foi, que celle des Bramines & des Faquirs * ni que celle des Paiefis de l’Antiquité.Nous ne pondérons pas la comparaison , de peur de la rendre odieuse: mais puisque nous sommes furl’Arti-cle de la pénitence, il faut faire remarquer au lecteur qu’elle est, si l’on peut le dire, plus bizarre & plus exte-rieure dans les Religions dont le Culte demande un grand appareil, beaucoup de Prêtres & de pratiques. ElleEst du même caractère encore dans ceux qui fe retirent du monde & pour devenir amis de Dieu estaient de de-venir ennemis des hommes. Elle est telle enfin dans les Païs où les cervaux échaufés par la chaleur du climatse chargent facilement d’idées extraordinaires. C ? est à ces principes qu’il faut amener les pénitences des Mexi-cains, & des Indiens Orientaux, celles des Greqs, & celles des anciens Romains, à qui Jteinutius Félix re-proche , qiien donnant aux Dieux leur propre sang (s les priant par la bouche de leurs plaies , ils n avoient pase sens bien rajjìs. A l’égard des Flagellations modernes Poljdore Dirgile a la hardiesse de les comparer aux Luper-
es , que l’on célébrait le fouet à la main & le visage masqué. 11 ajoute que les Egyptiens fe fouettoient aveces verges en célébrant certains sacrifices.
I e ) Voies Thiers de la plus nécessaire de toutes les Dévotions. Ch. 21 .
(d) Voi. ibid. ce que l'Auteur dit de XOraison de 30 . jours, & de celle de 3 1,. jours &c»