Band 
[Volume I.]
Seite
73
JPEG-Download
 

DES CATHOLIQUES ROMAINS, 73

^ charité & d’amitié, soit que ces préíéns fussent bénis, ou qu’ils ne le fussent„ pas. . . . ÍC Le Cardinal Bona dit (a) que YEulogie étoit uile eípece de Com-munion : Ën effet autrefois le Prêtre distnbuoit après la Messe le pain quirestoit de la Consécration a ceux qui 11 avoient pû communier, ou qui avoientiiegligé de s y préparer. Cependant on n’accordoit ces Eulogies qu a ceux quiavoient droit de communier, mais on les refusait aux Catechumenes & aux im-

{ jénitens. Cès Eulogies ou restes de pain sacré dévoient même être mangées dans’Egliíé. Enfin le Cardinal Bona croit que la fréquente Communion des premiersSiécles de PEgliíe donna lieu à leur institution, cependant insensiblement la cou-tume s établit de les donner aussi a ceux qui avoient communié , & voilà l’ori-gine du pain béni , que l’on a appellé à causé de cela le {b) Vicaire de la Com-munion. Le Cardinal Bona croit encore que Ces Eulogies étoient inconnues auxPeres du fécond Siécle : L'Evêque d’Alet dans son Rituel dit > que i’Egliíèprimitive appelloit souvent 1’Eûcharistie Èulogie , & que c est ainsi que cemot doit se prendre dans un Canon du Concile de Laodicée tenu peu detems avant celui de Nicée. Ce Canon défend d’envoier les choses saintes ,c’est-à-dire, selon cet Evêque , l’Eucharistie, comme des Eulogies dans les au-tres Paroisses. '

Le pain béni mangé dans l’eíprit de PEgîiíè , c est-adiré dans l’eíprit d’union& de charité (c) ,, efface les péchés veniels par les bons mouvemens qu’il exci-„ te en ceux qui en mangent:il peut même,par la vertu des prières de PEgliíé,„ chasser le diable & guérir les maladies du corps. "

Le Curé fiit la Cérémonie de bénir Ce pain tous les dimanches de l’année &aux grandes Fêtes. Les Paroissiens de façon, & qui font Chefs de famille, oumême les Dames de la Paroisse le préíéntent tour à tour, & cela s’appelle rendrele pain béni. Ce pain est piqué de Cierges, & preíénté avec beaucoup de íb-lemnité, comme on le voit dans ( d) la figure qui est au dessous de la Cérémo-nie des Cendres. Après qsson a fait la Ceremònie d’ossrir le pain, le Curé préíèntelapatene à baiser à la personne qui vient de 1 offrir, & celle-ci donne ion offrande.Voilà ce q u'il y a de plus particulier á la maniéré d’offrir ce pain. A legard dela consécration, (e) après que le Prêtre a dit l’Offertoire , un Clerc prend lepain des mains de celui qui le preíénte & le donne au Soudiacre, s’il y en aUn, pour le faire bénir par lé Prêtre , lequel étant debout & découvert àl’Autel fait une priere en faisant le signe de la Croix fur le pain, qu’il arrosé en-suite d’eau benite. Après cela un Acolyte coupe ce pain en plusieurs morceauxégaux, & le distribue aux Paroissiens. Cette distribution íé fait après la Commu-nion. Il n’est pas permis de vendre le pain béni, c’est pourquoi il n’en fautbénir que ce qui est nécessaire à la distribution, & s’il en reste , on doit ledonner aux pauvres.

U) Rerum Liturg. L. 1 r. Cap. XIX. §. Vif.

(b) Rituel d’uilet.

(c) Rituel d'Alet.

(d) Voiés à la page 1 L. de ce Volume : cette figure represente la Ceremònie comme elle se fait à Paris.

(e) Rituel d'^ilet.

Tome IL

Le