74 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
Le VIA T I QU E ou la COMMUNIONdes M O U R A N S.
On administre le Saint Sacrement par forme de Viatique aux malades quifont en quelque danger de mort. Le malade doit le recevoir a jeun, pourvûqu’il le puisse fans s’incommoder ; mais s’il est hors d’état de le prendre, on nedoit pas le lui porter. Si le malade ne peut avaler l’Hostie entiere , on peutlui en donner une partie &c lui faire ensuite prendre l’ablution , mais il ne fautpas tremper l’Hostie dans quelque liqueur, sous prétexte de la faire prendre aumalade avec plus de facilité.
Si le malade rejette l’Hostie, & que les eípeces paroiísent entieres, il faut lesseparer, les mettre dans un vaso honnête & les porter a l’Egliso, pour les ferreren quelque lieu saint & decent , (a) jusqu à ce quelles soient altérées & chan -gées , après quoi on les jettera dans le (h) Sacraire , & fi l’on ne disingue pas les es-peces , il faudra ejsuier ce que le malade a c vomì asvec des étoupes ou autres choses sem -blables , puis les brûler & mettre les cendres dans le Sacraire. La crainte dequelque accident contraire a la dignité du S. Sacrement doit empêcher le Curé dedonner le Viatique à ceux qui ont une toux continuelle, ou qui ne pourroiencpas avaler ôe consumer l’Hostie.
Lorsque le Viatique doit être porté en quelque endroit, il faut avoir soin debien nétoier la chambre du malade qui doit le recevoir ôc tous les endroits de lamaison par où le S. Sacrement doit passer. Il faudroit même parsemer cesendroits de fleurs & d’herbes odoriférantes. Le S. Sacrement doit être posé sorune table proprement couverte , où l’on mettra deux chandeliers avec deuxCierges allumés, un verre, un vase avec de l’eau ou du vin pour purifier sesdoits ; & un linge blanc pour mettre devant le malade. Si le Viatique est por-té publiquement, comme cela est ordinaire dans les pais où les Catholiques do-minent, le Curé fait sonner quelques coups de cloche, pour avertir ses parois-siens, afin qu’ils accompagnent le Saint Sacrement avec des Cierges & des Flam-beaux, qu’ils portent le daix, ou qu’ils donnent d’autres signes extérieurs de leurdévotion & de leur respect. Lorsque les Fidelles se sont assemblés, le Prêtrelave ses mains, ainsi que cela lui est ordinaire avant la Célébration des mystères,& dans les Cérémonies qu’il fait pour bénir, consacrer &c. Il prend le sor'plis, l’étole, le pluvial, va à l’Autel accompagné ou suivi d’autres Prêtres ou dequelques Clercs,se met a genoux, fait íà priere, & se relevant ensuite prend uneécharpe blanche qu’il se met au col, étend le corporal fur l’Autel, ouvre le Ta-bernacle, fait une seconde génuflexion pour prendre le Ciboire qu’il met sor secorporal, fait une troisième génuflexion pour le découvrir , & quand il a vtfletat des Hosties, il le couvre de son petit pavillon Lc le prend avec les deuxmains couvertes des bouts de l’écharpe blanche qu’il a au col. Ensuite il semettra sous le daix : un Clerc portantune lanterne allumée marchera devant,
deux
(a) Rituel d'Alet.
(b) Lt Sacraire , dont on a déja parlé plusieurs fois, est une espece depuis un peu profond, dont l’ouver-ture est étroite & qui doit etre fermee à clef, afin qu’il n’y entre rien de profane. On jette dans ce puiselpeces du Sacrement alterees par quelque accident, les cendres des étoupes qui ont servi aux onctions sacrées,les vieilles huiles, les vieilles eaux bemtes de Pâque & des Dimanches, l’eau dans laquelle l’Evêque ou le Prê-tre s est lavé les mains &c.\
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