DES CATHOLIQUES ROMAINS. 93Le t s CEREMONIES FUNEBRES.
Nous venons de decrire Papareil de la dévotion du mourant & ìes cérémo-nies avec lesquelles on le prepare au périlleux voiage de 1 éternité. La dévotiondes vivans c'est de prier pour le sidelle après ion décès, & de lui donner unepartie de leur souvenir soit par les honneurs funèbres ou par les témoignages deJeur charité qui se produit par les prières & par les Messes. Quand le malade aexpiré, le Prêtre debout & découvert dit un répons pour appeller les saints òcles anges au secours de Pâme du défunt : il dit ensoite une priere. On envoieen même tems sonner la cloche pour avertir de la mort du paroisse en afín quechacun peníè a prier Dieu pour Pâme du mort : mais on ne sonne point lanuit.
Le Curé íè retire: on (a) accommode le corps, (h) on le lave en quelquesendroits, on le met en un lieu decent: le mort doit tenir une petite Croix en-tre les mains sor íà poitrine. Quelquefois on lui met les mains en Croix. Ondoit mettre à íës pieds un vaíè plein d eau benite & Paípersoir, afín que ceuxqui viendront lui rendre les derniers deyoirs (c) lui jettent de Peau benite & s enaípersent eux-mêmes. Cependant {d) quelques Ecclésiastiques resteront auprèsdu corps & prieront pour le défunt, jusqu a ce qu’on le porte en terre. Si lemort est Prêtre ou autrement Ecclésiastique, il doit avoir la tonsure selon sonOrdre & le bonnet carré avec une petite croix fur sà poitrine.
Les Paiens prioient pour se repos de leurs morts , & (e) nous en avons ditquelque choie. Souvenons nous de ce formulaire, fit tïbi terra levis. Les Juifsont la même coutume. C’est une controverse asses difficile entre les Catholi-ques & les Protestans que de savoir en quoi consistoit cette priere pour les mortsen usage dés le second siécle & reconnue , mais avec plusieurs distinctions parles (f) Auteurs Calvinistes. L’Eglise prioit , dit Pun d eu x,pour l’accomplissement deleur gloire: elle netoit donc pas accomplie après leur mort, ils ne parvenoientdonc pas au lieu de leur félicité immédiatement après leur départ de ce mon-de. Le même Auteur que nous citons attribue â un zelle particulier & pour-tant non autorisé de l’Eglise la grâce que les Chrétiens d alors demandoient auxMartirs, de prier après leur mort pour les fidelles vivans ; ce qui donne aumoins lieu de présumer que Pintercession des Saints du Paradis étoit dé j a d'un
grand
sa) C’est-à-dire, on leur ferme les yeux & la bouche, comme cela fe pratiquoit aussi dans l’ancien tems :On les enveloppe dans un suaire, ou l’on les laisse dans les habits qu’ils portoient étant en vie, comme cela sepratique en Italie!
sb) Piscara Praxis Ceremon. La coutume de laver les morts est ancienne.
sc) On failoit quelque chose de pareil chez les anciens : en sortant de chez le mort on le lavoit d’eau 8 tl’on en prenoit à cet effet dans un vase préparé pour cette ablution. Cependant on ne voit pas que cetteCoutume ait beaucoup de rapport à celle de l’eau benite avec laquelle s’aspersent ceux qui s’aprochent d’ustmort. Voici ce qui est plus précis. Les anciens Romains purifioient leurs morts en les arrosant trois fois decette eau qu’ils appelloient Lustrale, & c’étoit un Prêtre qui en faisoit la Cérémonie.
sd) Un Auteur Protestant reconnoît que cette coutume étoit en usage environ cent anS après le premierConcile de Nicée. Voici comment il s’exprime dans le petit livre intitulé Histoire des Cérémonies & des Su*ferstitions Sec. année 400. „ Anciennement, auíïì-tôt que quelqu’un étoit mort on appelloit des Ecclésiasti-« ques, qui paffoient la nuit avec les parens du défunt, & les entretenoient de la parolle de Dieu, pour» leur instruction. Ils chantoient des Pseaumes par sîntiphones ou versets, se répondant les uns aux autres.» Ils recommandoient à Dieu l’ame du défunt, afin qu’il lui plût de la préserver de Penser &c. "
(c) Voiés ci-dessus I la page. A l’égard des Juifs; Voi. Tome premier prem. Part. page.
f f) Voiés Hist. des Cérémonies & des Superstitions &c. imprimée en 1717.
Tom. II.
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