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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 97

mais les seints n’y reílerent pas Iong-tems seuls. (a) Beaucoup de fidelles, soitpar crainte de l’avenir , soit par précaution, souhaitèrent d''être ensevelis auprèsd’eux, espérant ■ d’être â l’abri des peines par les mérités de ceux qui, selon lestermes de S. Maxime , se sont rendus redoutables à TEnfèr. Dans la fuite noníèulement on accorda aux Ecclésiastiques d’une vie exemplaire Tinhumationdans l’Eglise, mais encore a ceux d’une vie assés commune, ôc qui n’avoientrien de remarquable que la dignité dont ils avoient été revêtus. Enfin les Laï-ques y surent reçus indifféremment , ainsi que cela íè pratique aujour-d’hui.

On prétend aussi que l’ancienne Eglise ne permettoit pas d’inhumer lcáGentils auprès des Chrétiens. C’est à cet ancien usage qu’on doit celui d ense-velir en terre prophane les hérétiques & les infidelles. L’Eglise primitive con-serva long tems Tordre établi par la Loi des douze Tables, ( h ) de faire les Ci-metières hors de la Ville, & il semble qu’on ne commença Texception a cetteréglé, si raisonnable & si digne d’une bonne police, que.sous le régné de l’Em-pereur Theodose. Quelques autres croient quelle commença sous le Pontifi-cat de S. Grégoire le grand. Quoiqu’il en soit, la Translation des Reliques dessaints Martyrs dans les Eglises étant alors fort à la mode, & la dévotion du siecleaiant déja obtenu de faire ensevelir auprès deux les fidelles d’une sainteté émi-nente, il. y a apparence que les Souverains permirent bientôt qu’il y eut desCimetières dans les Villes.

CEREMONIES qui concernent la SEPULTURE.

L’homme ne regarde pas toujours la mort comme un état d’humiliatióiipour son orgueil , quoique rien ne soit plus humiliant pour luj que d’être dé-pouillé d’un corps destiné, par la dissolution de ses parties, à devenir la pâture desvers ôc â être foulé aux pieds comme la poussière de la terre, après avoir été l’organêdes plaisirs ,des passions Le des Voluptés ; après avoir servi de mobile â toutes leSrévolutions imaginables Lc â tout ce qui peut se concevoir de plus difficile Lc de plusingénieux. Toutes ces idées n’accablent pas Torgueil humain: Thomme a trop defierté pour se refondre â rentrer sens bruit dans une efpece de néant : aussi n'enest il point qui, pour ainsi dire , n’essaie de résister â Toùbli, & le moinsqu’il cherche c’est de vivre quelque tems après se mort dans la mémoire de sesconcitoiens par Tapareil de fa sépulture. Ce sont la de foibles dédommagemensde la vie: mais puisque la loi qui nous condamne â la mort est inévitable, ilfaut chercher dans la mort des objets qui flattent notre vanité â proportion durolle que nous avons joué dans le monde. Si, pour nous servir des expressionsd’un grand poëte, (c) les noms de Maîtres de la terre , d’Arbitres de la paix &c. ,pé-rissent avec ceux qui pendant leur vie faisoient trembler Tunivers ; ils estaient de con-server encore toute leur hauteur dans les tombeaux, & leurs peuples les imitent

au-

(a) Da tems à'Optât la coutume ne s’étoit pas encore introduite d’enterrer les morts dans rEglilê. V«Lib. 3. de Schijin, Donatijl. pag. 5 y. Edit. de iycro.

(b) Hominem mortuum in ttrbe ne fepelito. On observoif le même usage à Athènes, à Smyrne, à Marseille!& ailleurs; mais les fondateurs des Villes avoient le privilège d’être ensevelis en place publique.

(c) La fe perdent ces noms de jMaitres de la terre,

J)'Arbitres de la paix , de foudres de la guerre &c. Malherbe.

Tom. II.