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[Volume I.]
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io4 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

Chrétiens, c’étoit d’avoir des cimetières particuliers (a) pour les pauvres 8cpour le commun du peuple.

Le Rituel d’Alet(^) dit, que l’on doit différer la sépulture vingt-quatre heuresaprès la mort : mais cette coutume n’est pas si gene râlement observée, quelle ne soitsujette â beaucoup d’exceptions, non feulement dans tous les Païs Catholiques,mais en France même où ce Rituel a été dressé. Platon dans íês Loix vouloir quel’on gardât les morts trois jours, en quoi il se conformoit â l’usage de son tems.Les Romains les gardoient íêpt jours, les bruloient au huitième 8c les eníéve-liísoient au neuvième. Pendant les íêpt premiers jours on les lavoir , on lesoignoit, on les baisoit ( peut-être par cérémonie, ) on les pleuroit , on (c) lesappelloit tout haut par leur nom.

Ce même Rituel défend aux Curés, aux Vicaires 8c aux autres Prêtres ap-pellés â des obsèques 8c à des services pour les morts daller dîner chez les Laï-ques qui ont fait faire ces obsèques : farce qu il se passe ordinairement à ces repasdes choses contraires à la modeflie que les Ecclesasiques doivent garder dans leur conversa-tion , & que cela donne occasion aux Laïques de se dispenser du respeB quils font obligésd'avoir pour la dignité du sacerdoce. C'efì-lâ la décision du Rituel que nous citons.

Les Nations .polies n’ont pas crû devoir íè dispenser des marques d’honêtetésqui sont dues â ceux qui voulent bien pleurer avec nous, participer â nospertes 8c nous consoler dans nos affrétions. Un repas donné dans ces vuesn’a rien qui choque la bienséance; mais 'il est surprenant que des peuplestrès civilisés aient fait autrefois 8c fassent encore aujourd’hui de ces repas desoccasions de débauches.. Les Greqs donnoient avec beaucoup de solemnité desrepas funèbres qui reíïèmbloient plûtôt â des Cérémonies de joie qu a des Cé-rémonies de deuil : les Romains ne faisoient ni moins solemnellement ni avecmoins de licence ce qu’ils appelloient Parentalia , 8c tout cela , selon (d)Lucien , pour aider â dissiper la tristesse de ceux qui survivoient au défunt, (e)Les Allemans régalent avec beaucoup de soin 8c de licence ceux qu’ils prientaux enterrement de leurs morts; les Hoílandois ont le. même usage avec lesmêmes abus, 8c les uns 8c les autres ne font pas difficulté d’y boire juíqu’á l’yvresiíè. Peut-être pourroit on donnes quelque couleur â ces ridicules cou-tumes.

A legard de la maniéré d’inviter aux enterremens; on fait qu’on a aujour-d’hui l’uíâge d’y inviter par des billets 8c qu’on y emploie des personnes vêtuesen noir pour marquer le deuil, 8c l’office pour lequel ils sont établis. Les an-ciens Romains avoient pour le même usage des personnes qu’ils appelloientDesgnatores. Ces gens avertissoient du jour de l’enterrement, 8c reiteroientl’avertissement lorfqu’on fortoit le corps du logis : car on regardoit comme undevoir indispensable, de convoier le corps au bûcher ou au íèpulchre ; 8C

(a) Hoc miseraplebistabat commune Sepulchrum. Horat. Satjr. 8-L.i. Les Romains nedonnoient aux pauvresque quatre porteurs, témoin,ce paíïàge de Martial, quatuor ìnfcriptì portabant vile cadaver. Cet usage se P ra "lique de même en plusieurs endroits de la Hollande: les pauvres y font portés par quatre porteurs.

(b) 1 6 . InfiruEl. des Sépultures.

(c) On les appelloit à haute voix : cela s’appelloit, conclamare.

{d) Dialog. deluttu. ,

(e) Les Chrétiens de l’ancienne Eglise se laissèrent aller à ces pratiques licentieuses, & cela par un exces depieté: preuve évidente que les usages ridicules ont souvent des commencement très raisonnables,surtout dansla Religion. Ces premiers Chrétiens alloient boire pieusement sur les tombeaux des martyrs. On y buvoità pleins calices & jusqu’au soir à la santé de l’Empereur , à la prospérité de ses armés* On s’abusoit jusqu acroire qu’on en seroit bien mieux exaucé, „ tant étoit grande la folie de ces Chrétiens qui regardoien,, comme un sacrifice l’yvrognerie avec laquelle ils honoroient ceux qui s’étoient exercés à combattre leur„ pallions par le jeune. " C’est ainsi que s’exprime S. sîmbroifè dans un Ouvrage où il déclame asses vive.ment contre la licence de cet usage.