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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 105

bailleurs plus le convoi étoit nombreux, & plus l’on se tenoic honoré. Ils por-toient même la vanité jufqu’â faire mettre fur leurs tombeaux qu’ils a voientété convoiés (a) par une grande affluence de peuple.

A tout ce que nous avons dit ci-devant, il faut ajouter les particularitéssuivantes touchant la Commémoration des morts. On leur donne ordinaire-ment le 3. le 7. & le 30. jours , fans parler de l'anniverseire. S’il en sentcroire quelques Docteurs de l’Eglise, cette institution est fort ancienne, & ilest bien vrai que quelques Ecrivains contemporains de Charlemagne en par-lent comme d’une choie qui n’étoit plus nouvelle. Quoiqu’il en soit les Doc-teurs de l’Eglife n’ont pas oublié de chercher 1 explication mystique de ces usa-ges. Ils nous disent que le service du troisième jour est pour les péchés quel’on a commis en ses pensées, en ses parolles & en fes actions, contre Dieu,contre son prochain & contre soi-même. Tout au moins ce service est il l’ima-ge de la Résurrection. O11 peut juger par cette raison de celles qu’on rend desautres services : mais sens y chercher tant de finesse , il vaut mieux dire franche-ment, que ( 5 ) l’usege de ces commémorations a été pieusement traníporté duPaganisme au Christianisme.

(c) On veut que dans le cimetiere de la Paroisse il se ménage un lieu sépa-ré pour la sépulture des enfans baptisés, morts avant l’age de discrétion : car,ajoute son, ,, il faut traiter les corps de ces petits enfans comme des temples„ dans lesquels le S. Esprit a toujours seit se demeure. Il faut donc les enter-„ rer séparément. Les Cérémonies qu’on pratique a leur sépulture sont differen-„ tes de celles qui s’observent à la sépulture des adultes. " On demande pardonà Dieu pour les péchés des adultes ; mais on le remercie de ce qu’il veut bienpréserver les petits enfans de la corruption du genre humain. L’Office quon ditpour eux confise en prières & P femmes de louange & d’a&ions de grâces à Dieu quiles a bien voulu retirer à lui. Cependant avec Toute leur pureté , (d ) les en-fans reçoivent le Paradis par une pure grâce de Dieu, Le par conséquent sensle mériter: au lieu que les adultes le reçoivent comme pour récompense d'avoir fi -dellement combatu dans la milice de J. C. & fous son étend art. C’est ce qu’onnous signifie par la Croix élevée fur un bâton â la sépulture des adultes, aulieu qu a celle des enfans on porte la Croix â la main. D’autre côté on peutdire la Messe fur leur corps, pour remercier Dieu de la grâce qu il a faite à ces pe-tits enfans en les retirant à lui dans l'état de leur innocence.

Voici l’ordre de la sépulture des petits enfans qui meurent après le Baptê-me. On sonne les cloches â leur enterrement , mais d’une autre maniéré qu’àl’enterremenc des adultes. On n’y emploie ni drap mortuaire , ni ornemensnoirs, ni cierges de cire jaune : le drap & les ornemens doivent être blancs, lesCierges, aussi. On doit les revêtir selon leur âge, mais modestement, & leurmettre une couronne de fleurs ou d’herbes odoriférantes fur la tête, pour mar-quer leur innocence èc leur pureté. On les expose dans des cercueils environ-nés de quatre ou de six Cierges de cire blanche allumés. Le Curé qui seitles Cérémonies de la Sépulture est revêtu d’une étole blanche fur le surplis. Lereste de la Cérémonie n’a rien de particulier, si ce n’est qu après la sépulture

00 Elatm hora IV. Frequentìà maxima. Dans une ancienne Ëpitaphe.ib) Bona Cap. XIII. §. II. Divi. Pfalmod. Cafaldc Yet. Sacr. Christ. Ritib.

(c) Rituel d’j4kt & autres.

(d) Rituel. Ibid.

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