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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 107

son {a) corps, craignant qu’on ne le traitât après íà mort, comme il avoit traitéMarius son ennemi. Les Greqs ont auíïì varié dans cet usage. Themifìocìe &:Brajidas Généraux Greqs furent inhumés. Il y a mème beaucoup d’apparenceque la coutume d’inhumer a toujours été la premiere chez tous ces peuples,comme la plus raisonnable, la plus naturelle & la plus digne de l’humanité, maispar un rafinement particulier & mêlé de superstition, â quoi les hommes se lais-sent facilement aller, on crut qu’il fàlloit brûler les corps pour les purifier, ousi l’on veut pour les débaraflèr de ce qu’il y a de grossier & de terrestre dansl’homme. Car,disoit on, le feu porte au Ciel ce que l’hommeade divin, tandisqu’il laiíle â la terre ce que l’homme a d’impur & de corruptible. Ne diroit onpas qu’il s’agit icid’une distillation ou séparation des élemens, semblable â cellede nos Chimistes modernes ? Nous laissons les diverses maniérés de brûler lesmorts & de se brûler avec eux, dont on dira quelque chose dans lafuite.

Plusieurs Nations jettoient autrefois leurs morts dans l’eau, les uns dans leslacs ou dans les étangs, les autres dans le courant des fleuves, ôc les autres dansla mer. Tous ces-usages ridicules étoient sens doute fondés fur des raisons tel-les quelles , & qui nous dira que ces peuples ne fui voient pas l’opinion deThaïes , qui tenoit l’eau pour le principe de toutes choses ? Ou peut être pré-tendoient ils que les eaux auxquelles ils abandonnoient leurs morts les puri-fioient des ordures qu’ils avoient contractées en cette vie. Voici quelque cho-ie de plus bisarre & de plus honteux â la raison humaine. Les peuples de laColchide & les Tibareniens pendoient leurs morts aux branches des arbres deleurs forets, mais ils f les cousoient auparavant dans des peaux de bœuf, au lieuque les anciens Goths faisoient â leurs Princes l’honneur de les pendre sens cetapareil extérieur, qui peut être leur auroit paru tenir de la vanité, (h) Les Tro-glodytes mettoient leurs morts en pelotons , leur passant la tête entre les jam-bes, & les liant ensuite de cette façon avec une groflè corde, ils les portoientaux champs pour y rester exposés â la merci des bêtes íâuvages. Les Sabéensjettoient leurs morts parmi les ordures & dans le fumier , ne traitant pasmême leurs Rois avec plus de cérémonie. Qui fait si la plus grande partiede ces barbares ne disoit pas comme autrefois Mecenas , (c) que la Naturea soin de la sopulture de ceux que les hommes ont abandonné? Malheureuse-ment pour ce bel esprit de l’ancienne Rome la pensée est assés fausse. Les peu-ples des Iles Baléares, aujourd’hui Majorque & Minorque , un peu plus hu-mains , découpoient leurs morts par morceaux & les enfermoient ensuite dansdes pots de terre. Les Phrygiens posoient leurs Prêtres défunts sor des co-lonnes assés élevées, soit qu’ils prétendissent insinuer par là que les Prêtres fontau-dessus des autres hommes, ou leur aprendre,que même après la mort ils doi-vent servir d’exemple. Les Nasemonéens revêtoient de blanc leurs capitaines& guerriers défunts, &: au lieu de les enterrer ensuite, les portoient fur les ro-chers & dans les déserts. Les Macrobies , Peuples Africains , enduisoientleurs morts de plâtre , & les ensermoient dans des colonnes de Verre. Ilsgardoient ces morts chez eux dans cette eípece de monument &: leur of-fraient, dit on, les prémices de leurs fruits : Mais cet usage n’est pas auísi ri-dicule qu’il le paraît, quand on n’y fait pas réflexion. Non seulement quel-ques peuples voisins du Nil avoient adopté cette coutume, mais même ceux

Od 2. d’Alexan-

(4) Cœlius Rhodigin. L. XVII. Lectio.

{b) Cœlius Rhodigin , L. XVII. Cap. XIX.

(c) Sepelit mturn relittos.