DES CATHOLIQUES ROMAINS. 109
le premier objet de l’inclination mutuelle que Dieu a donnée âux deux sexesc’est la génération des enfans , mais cette génération ne se fait pas fans plaisir,8c quelques chastes que soient les agens, leur esprit n’est nullement en oraisonlors qu’ils travaillent à se donner des successeurs. Il ne paroît pas même qu’ilíòit desendu de rechercher ce plaisir, quand on en peut jouir legitimement 8cqu’il n’est accompagné d’aucune fraude de galanterie. Tous les jours on mariedes enfans débauchés, pour leur faire oublier l’ufage des plaisirs illicites en les al-liant à des personnes avec lesquelles ils peuvent prendre des plaisirs permis. Onpourroit dire encore, qu’il n’est pas absolument défendu d’aspirer à Rétablisse-ment de fa fortune par le mariage , pourvu qu on pense en même tems augrand devoir matrimonial, qui est la multiplication : mais il feroit inutile defaire ici la discussion d’une matière qui concerne les Cafuistes. Nous ne di-sons rien non plus de ces prières Chrétiennes & de ces Conseils, qui, suivant lespréceptes des Directeurs , doivent préceder Rengagement d’un Chrétien dansles liens du Mariage : peu de gens portent la pieté jusqu a ce point. L’idéequ’on se fait de I’hymen, quand on ne le connoit que par théorie, est si peugrave 8c si peu sérieuse, qu a peine s’en trouveroit il un fur mille, qui ne crai-gnit d’être tourné en ridicule, s’il s’avifoit de prier Dieu , de méditer fur lesdevoirs conjugaux 8c de consulter les âmes fidelles avant que d’embrasser cetétat. Un homme qui se marie ne pense pas si spirituellement 8c ne peut gué-res se retondre à s’embarrasser alors de dévotion. Est il en apparence rien deplus contraire aux charmes que l’hymen présenté d’abord , aux agremens qu’ilossre les premiers jours, a ces plaisirs qu’il ne separe jamais des ordres divins:ces ordres donnés d l’homme pour la conservation de l’eípece ? Un Directeurpieux veut encore, (a) „ Qu’on demande d Dieu qu’il fasse rencontrer une„ personne avec laquelle on puisse faire son salut, qu’on examine si celle qu’on„ recherche ou fur laquelle on veutjetter les yeux a la crainte de Dieu, si elle est„ sage, si elle est en état de conduire son ménage ôcc. " Toutes ces .précau-tions sont belles 8c pieuses: mais ceux qui se marient n’ont pas des vues silongues.
Avant que de se marier, ou fait ordinairement des fiançailles, c’est-à-direqu’on se promet mutuellement en présence de ses parens 8c amis de se prendrepour mari 8c femme. Alors on signe un contract de mariage, & voilà unengagement pris, quisuffiroit pour se rendre Run à Rautre, sens risquer Rhonneur,ces devoirs qui doivent, se refuser hors du Mariage: mais la perfidie des hom-mes 8c la legereté des femmes ont fait exiger quelque chose de plus fort, mê-me dans le Christianisme: 8c c’est là l’origine des Cérémonies nuptiales assésétendues chez tous les Peuples du monde, 8c des engagemens qu’on fait prendresolemnellement & en présence du public à ceux qui doivent se marier: 8c com-me Rautorité Divine fait impression sor l’eíprit humain , on a cru devoir con-sacrer i’hymen par des formules religieuses, symboliques 8c mystérieuses, ainsiqu’on le verra dans la fuite de cet article. L’infidélité 8c la legereté dont nousvenons de parler, peut être aussi la découverte que le commerce de l’hymen fàicfaire de certains défauts que l’on ne íâuroit apercevoir quand on ne se voit qu aun certain point de vue, ont fait bannir les longues fiançailles du Christianiseme : elles ne íàuroient convenir avec la pureté de la Religion. Ce n’est pas
Le
(a) Rituel d'Aet.
Tom. II.