ii8 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
marier malgré pere 8c meré. Pour lors elle s’adresse au Curé de íâ paroisse, 8ccelui-ci loté de la maison de ses parens, la met dans une maison religieuse, oumême chez une devote, ôc fi elle persiste dans fa résolution , oblige le pereôc la mere de lui donner une dot proportionnée à leurs facultés.
Ces coutumes sont bifàrres : nous en verrons dans la fuite de cet Ouvragequelques autres qui font bien plus extraordinaires. Nous y renvoions leLecteur
i
La BENEDICTION dune FEMME
ENCEINTE.
En cette occasion si périlleuse pour les femmes, & dont elles ne prévoientguéres le danger avant le mariage, quelques de votes ont recours à la Ceinturede Sainte Marguerite, au cordon de S. François, à certaines Reliques &c. Voicice que l’Egliíe veut quelles fassent. (a) Le Curé commencera par exhorter lafemme enceinte de fe soumettre entierement à la volonté de Dieu, de lui of-frir les peines 8c les travaux de son accouchement pour la satisfaction de ses pé-chés &c. Revêtu du surplis 8c de letole il récitera quelques prières, tellesqu’on peut les lire dans le Rituel. Ensuite il prendra l’aípersoir des mains deson Clerc, 8c en récitant alternativement avec les asostans le Pfeaume 66. iljettera de l'eau benite fur la femme enceinte. La Cérémonie finira par quel-ques prières.
Une autre Cérémonie pratiquée par les femmes nouvellement relevées deleurs couches , c’est de demander la bénédiction au Curé avant que d entrerdans l’Eglise. Plusieurs mêmes portent le scrupule juíqu’à s’abstenir d'y entrerpendant quelque, tems, 8c (h) l’Egliíè, dit le Rituel, aprouve cette coutume,quoique J. C. ni elle n’aient donné aucun precepte a ce sujet. Mais elles imitentpar cette pratique la Sainte Vierge, qui vint au Temple pour se purifier 8c poury présenter son fils; 8c la Sainte Vierge pratiquoit en cette occasion un desprincipaux Rites de la Religion Judaïque.
~ Celle qui après ses couches vient recevoir la bénédiction du Curé doit le fai-re avertir, 8c. cependant demeurer à genoux a la porte de l’Eglise, un cierge al-lumé a la main. Les accouchées s’arrêtent a la porte de l’Eglise, par un éfetd’humilité, pour y être introduites par le Prêtre comme purifiées de leurs pé-chés 8c réconciliées á l’Eglise. Leur Cierge allumé témoigne, dit on, quel-les élèveront leurs enfans dans la foi Chrétienne, 8c quelles leur en donnerontl’exemple. Le Curé revêtu de letole blanche sor le surplis, tenant l’aípersoir ÔCmuni de l’eau benite viendra trouver la femme accouchée à la porte de l’Eglise,dtera son bonnet, jettera de l’eau benite fur cette femme, féra le signe dela croix sor soi, dira une Antienne 8c un Pseaume j après quoi il mettra sebout de i’étole en la main de la femme nouvellement accouchée, la féra en-trer dans l’Eglise, & la conduira auprès du Chœur en lui disant, (c) entrés dansle Temple de Dieu , adorés le fils de la Sainte Vierge Marie , qui nous a fait lagrâce de devenir Mere. Etant la elle féra sâ priere à genoux , 8c le Prêtre, aptesavoir achevé de prier pour elle, l’afpersera d’eau benite.
(a) Rituel d’Alet.
(b) Rituel. Ibid.
(b) Ingredere in Templum Del, adorafilittm beau Maria Virginis , qui tibi facunditatem tribuit prolis.
L’EXOR-