DES CATHOLIQUES ROMAINS. 143
„ réputation par une íàinteté dissimulée & feincte, par un habit encapuchon-„ né & une belistrerie & mendicité saine & gaillarde. . . De là sortent tant de,, • marmots Stoïques, tant d’importuns atrappe-deniers, tant de belistres bien en-,, man télés, tant de monstres embeguinés, porte-barbes, porte cordes, porte-„ licols , porte-sacs, chaussés de cuir, ou porte-sabots, pieds nuds , vêtus de„ de noir, blancs, grivollés, fauves, portans rochers , rets, chapes , man-„ teaux, chapeaux , ceints, desceints , portans braier &c. . . . lesquels aiant„ perdu entierement leur crédit en ce qui concerne les affaires du monde, par-
„ lent avec grande autorité des choies celestes & divines.usurpent íeuls
„ le saint tiltre de Religion, sont de même chambrée avec les Apôtres. Néan-„ moins le plus souvent leur vie est pleine de .... vice, mais toujours ex-„ cusée sous le couvert de religion : car ils sont garnis de bons privilèges de la„ Cour Romaine , & par le moien deíquels ils déclinent de toutes jurisdic-„ rions . . - afin qu’ils puissent faire plus de mal fans crainte d etre punis ...„ Lc combien qu'ils fassent profession de grande humilité, cheminans en pauvre
„ &c simple habit.en somme portent toutes les marques de mespris
„ & mocquerie pour l’amour, disent ils , de Jésus-Christ & de la Religion,,, ils sont néanmoins pleins d’ambition ,& toute leur intention n’est raportée„ qu’à acquérir des filtres .... prenans plaisir d’être appellés Recteurs, Pre-„ vôts, Gardiens , Prieurs , Abbés, Vicaires , Provinciaux , Généraux &,, semblables , tellement qu’il n’y a gens plus désireux de préséances & prée-„ minences que ceux-ci. “ L’Auteur ajoute, que ce portrait ne concerne enrien les honnêtes Moines, à quoi nous souscrivons de bon coeur; bien qu’ilsoit vrai que les motifs qui engagent dans le Monachat & le caractère des Moi-nes en générai sont très Bien dévelopés dans ce passage.
Celui qui s’engage dans le Cloître doit non feulement renoncer aux vanitésdu siécle & à fa pompe, mais encore au {a) mariage & à la galanterie. Lachasteté est un des trois voeux du Moine ; l’obeïssance & la pauvreté sont lesdeux autres.
On attribue assés communément l’origine de la vie Monastique aux per-sécutions que les fidellesde l’Eglise primitive soufraient sou s le Paganisme, (b) S.Antoine commença ce genre de vie en Egypte : d’autres le continuèrent d’a-bord fur le même plan. Ensuite 011 y ajouta de nouvelles réglés, des péni-tences plus rudes ; on se distingua les uns des autres par des habits differens.L’ouvrage crût bien-tôt, au point d etre à charge à l’Eglifé ; mais comme ilavoit tout au moins de grandes aparences de pieté on le vit croitre fans oppo-sition. Cependant il est certain que long-rems avant S. Antoine il y. avoit des
N n z Moi-
(a) Voici un des Ecueils contre lesquels la vertu du Cloître échoue souvent, s‘il en faut croire un nom-bre infini d’Auteurs anciens & modernes qui attribuent aux Moines den’épargner aucune personne du sexe.Belle ou laide , riche ou pauvre , tout passe en revue devant le froc , depuis le sceptre jusqu’à la houlette.,, Ung bon ouvrier mect indifféremment toutes pieces en œuvre ... & seulement sombre du Clochier d’u-re Abaïe est féconde " ainsi s’exprime Rabelais, qui peut-être portoit les choses à l’excés, parce qu’il n’ai-moit pas les Moines. Mais que dirons nous du détail de galanteries des Cordeliers, Confesseurs & Directeursdes Religieuses de Provins, qui se trouve dans le factum qui porte leur nom ? On y voit l’éducation amou-reuse que les bons EnfansdeS. François donnoient aux Pensionnaires de la Maison de Sainte Claire. Les Con-fessons galantes, les propos joieux, les prefens mystérieux, les lectures libres (comme le Catechijme d'amour )fuivoient & accompagnoient cette éducation. La galanterie étoit quelquefois un peu tournée à la façon duCloitre, excepté pourtant les devises galantes, les nœuds d’amour, les rubans vers, gridelin, couleur de feu&c. les jeux galans & telles autres dévotions d’amour. Eh bien, dira t’on, ce font des scandales commis parune communauté, & au pis aller par un Ordre particulier que les Auteurs Satyriques n’ont que trop cité fur l’ar-ticle. Ne peut on pas montrer des Moines honnêtes gens? n’y a t’il pas íòus le froc des congrégations entieresde savàns & de vertueux Religieux ?
(b) Au commencement du quatrième siécle.