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[Volume II.]
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54 DISSERTATION SUR LA

„ tôt que le Prêtre a prononcé ces paroles, Ceci ejl mon corps. Comme les„ Grecs ne font pas consister la consécration dans ces paroles, mais dans quel-„ ques prières qui íùivent, il ne faut pas s’étonner si Caucus, qui pour juger„ des erreurs des Grecs, avoir pris pour règle l’uíàge de ion Eglise, a dit qu’iìs„ n’adoroient point l’Eucharistie : outre que même après qu’ils ont consacré,„ ce qui íè fait, íèlon leur opinion, âpres l’invocation du St. Eíprit, ils n'ont„ point cette adoration cérémoniale de la maniéré quelle s’obíèrve dans l’Egli-,, íè Latine j mais ils íè contentent d’adorer Jésus Christ qu’on leur préíènte,„ en l’élevant à leur façon peu de tems avant la communion. On ne peut„ néanmoins excuíèr Caucus, de s’être réglé entierement fur les uíàges de son„ Eglise, si ce n’est qu’il avoir apparemment ordre de reformer toutes choies„ íur ce pied-là.

„ En quatrième lieu, il est de notoriété publique, que les Orientaux com-„ munient fous les deux eípèces, & qu’ils prétendent même être fondés en ce-„ la fur les paroles de Jeíîis Christ. C’est ainsi que le Patriarche Jeremie parle„ dans íà premiere réponíè aux Théologiens de Wittemberg. Vous dites qu il„ f aut communier fous les deux espèces , & en cela vous avez, raison : ce qú’ils„ étendent juíqu’aux enfàns, auíquels ils donnent la communion après leBap-,, terne, en leur donnant avec une cuiliiere le sang de Jeíus Christ, qu’on,, prend dans la coupe où est ce íàng avec les miettes de pain qui contiennent„ son corps, (c’est par le moyen de ces miettes qu’ils prétendent communier fous„ les deux eípèces.) En un mot, toute l’Eglise Orientale est dans cet uíàge, Sc„ même nos premiers Théologiens Scholastiques demeurent d’accord, que cette„ coutume de communier íbus les deux espèces a été gardée religieuíèment„ dans l’Egliíè Latine juíqua ces derniers siécles, qu’on a trouvé à propos de„ la changer pour de bonnes raisons.

„ En cinquième lieu, á l’égard de la Confession, l’on ne doit pas trouver„ étrange qu’iís ne la croyent que de droit positif & Ecclésiastique, puisqu’ils„ sont dans cette persuasion, qu’il n’y a {a) proprement que le Baptême ôc„ l’Eucharistie, qui ayent été institués par Nôtre Seigneur, &: que les autres Sacre-,, mens ont été institués par l’Eglise ; comme on peut voir dans la seconde réponíè„ du Patriarche Jeremie aux Théologiens de Wittemberg. Caucus n’a donc„ rien avancé fur çe sujet, qui ne soit conforme à la véritable créance des„ Grecs. On ne peut cependant nier, que l’uíàge de la Confession auricu-„ laite ne soit dans l’Eglise Latine, & que les Grecs ne eonfeíïènt en détail leurs,, péchés, pour recevoir une penitence conforme à la nature de ces mêmes„ péchés, dont il faut par conséquent découvrir la nature ôc l’eípèce au Con-„ fesleur. Il efl .nécessaire, dit le Patriarche Jeremie après St. Basile, di exposer„ tous ses péchés à son Confesseur. Et c’est ce qu’on peut voir plus au long dans„ le livre de Christophle Angélus (h) de la Discipline de son Eglise, ll y a„ cette différence néanmoins, si nous nous en rapportons à Metrophanes Cri-„ topule, que le Confesseur ne s’informe point du lieu où le péché a été com-„ mis, ni des personnes avec qui la chose s’est passée, ni même de lamanie-

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'fa) Hierem. PÀtriar.' Cyrille dans fa Confession Art. XV. ne reconnoît que deux Sacrcmeas insti-tues par Jésus Christ. Cet Article est entierement Calviniste.

- (Ay De Statu Hodierno Grœcorum cap. 22. Tout le verbiage mêlé d’injures & de chicanes de l’Aìle-man, qui a commenté Angélus, n’empêche pas que la Confession des Grecs ne soit à peu de choses prèssemblable à celle des Latins. A la vérité elle est beaucoup plus.rigoureuse^ & l'on prétend qu’à causede cela les Grecs évitent de se confesser, outre que leurs Papas leur vendent bien cher la Confession. Lamisere excuse le commerce de ces Prêtres & la négligence des Laïques.

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