RELIGION DES GRECS. 55
„ bourg. Si l’on compare la doctrine de ce Catéchisme avec celle de í’Eglise„ Grecque, 011 trouvera qu’il en différé presque par tout , pour s’accommo-„ der avec les sentimens des Protestans ; comme quand il dit > que l’Ecriture„ feule suffit sens le secours de la Tradition, pour prouver les Articles de 110-„ tre créance; que cette même Ecriture est claire dans ce qui regarde la„ foi, &; que l’Ecriture se doit interpréter par elle-même. En un mot,Ger~
„ gan est un Protestant qui n’a de Grec que les paroles, Sc encore sont elles,, d’un très-méchant Grec vulgaire. Il oie néanmoins se vanter , de n'être„ point du nombre de ces faux Freres, qui ont été empoisonnés à Rome. Mais„ il est de notoriété publique, que les Grecs mêmes qui n ont aucun com-„ merce avec Rome, n’appuyent dans leurs livres ni la Confeffion d’Augs-,, bourg, ni celle de Geneve. Les Protestans peuvent auffi mettre au nom-„ bre des Grecs de leur Communion {a) Nathanael de Crete, qui promit il„ y a quelque tems aux Hollandois , de traduire en Grec l’Institution de„ Calvin, Sc d’enseigner le Calvinisme à ceux de sa Nation , pourvu qu’on„ lui donnât une somme d’argent qu’il demandoit.
„ Mr. Claude ajoute â tous ces Grecs Calvinistes, le témoignage d’un cer-„ tain Meletius, Métropolitain d’Ephese, dans une réponse qu’il fit il y a,, environ 30. ans â quelques Théologiens de Leiden fur plusieurs questions„ qui lui avoient été faites. Le P. Simon avoir déja répondu par avance à„ Mr. Claude , qu’il ne doutoit point que cette piece ne fût de quelque„ Grec gagné par les Théologiens de Hollande , & qui répondoit à leurs„ demandes comme ils le souhaitoient ; Sc que pour juger de la réponse,
„ il étoit à propos de la donner entiere au Public, Sc dans la Langue de
„ l’Auteur. J’ai fait demander â Mr. Claude par un de ses amis, un ex-„ trait de cette réponse, qu’il n’a pû refuser ; Sc après l’avoir lûë , j’ai,, trouvé que ce que le P. Simon avoir avancé comme une conjecture ,„ étoit la vérité même. Car Melece , qui prend dans se lettre la qualité„ d’Archevêque d’Ephese, ne nie pas seulement la Tranfubstantiation, mais,, même l’honneur qu’on rend â îa Vierge ôc aux Saints, Sc plusieurs au-„ tres articles que les Grecs croyent du commun consentement de tout le,, monde. Et afin qu’on en puisse mieux juger, je produirai ici (b) l’ex-
,, trait que j’ai eu de Mr. Claude, Sc qui est écrit de la main d’un de ses
„ amis. Il suffit de renvoyer les Protestans à la Confeffion de Foi compo-„ see par Metrophanes Critopule qui étoit de leurs amis, Sc qui a même„ été écrite à leur sollicitation par ce Grec , qui vivoit dans ce tems-là„ parmi eux. Ils pourront juger par cette Confeffion de Metrophanes, fi3 , ce que Mr. Claude a publié sous le nom de Melece Archevêque d’E-„ pheíe, a la moindre apparence de vérité. Mais il est tems que nous re-,, tournions aux objections de Mr. Smith.
,, On objecte donc encore contre la créance de la Tranfubstantiation dans„ l’Eglife Grecque, que le mot /«tkowií ne se trouve ni dans les Peres, ni
„ dans
(<*) Nathanael Conopius Proto-Syncelle.
(£) Illis veto qui rogant me, utrum necefle sit Religionis cultu preces offerre Beat# Virgini, vel
n ^ ls ’. Joanni Baptistae casterisque Sanctis; sique oporteat credere in Eucharistia, hoc est in cce~ommi fieri transubstantiationem in pane , aut putare oleum , exorcisma & exsufflationes expel-Wìh 3em ° n f s ' aut a dorare imagines Sanctorum, tam pictas quàm sculptas , respondeo ac dico , ni-. orum 0 Ervandnm esse, quandoquidem non licet opiniones humanas profiteri, sed ea solum pla-cita, quae omino & ab illius Discipulis atque 'Apostolis Spiritu Sancto afHatis nobis tradita sunt,cum pietate inviolabilités observare debemus. TradttElion fidelle dft Gréa, rapporté dans l Ouvrage du P.Simon.
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